Mayada Hannaoui : L’art et la manière





Une grande interprète, Mayaa Hannaoui, un grand maestro à la baguette lumineuse, Hani Mehanna, un public de vrais mélomanes. Il n’en faut pas plus pour que Carthage retrouve son lustre d’antan. Comme chaque année, à l’occasion de la Fête nationale de la Femme, l’Union nationale de la Femme tunisienne (UNFT) organise un gala au Théâtre romain de Carthage animé par une grande chanteuse arabe. Cette année, le choix s’est porté sur la diva syro-égyptienne Mayada Hannaoui, qui a donné samedi 13 août un concert de bonne facture suivi par un public assez nombreux, plutôt féminin — comme on devait s’y attendre —, et moins chahuteur que d’habitude. Les spectateurs, qui connaissaient par cœur certains tubes de la chanteuse ont su participer à la fête en reprenant en chœur certains refrains, mais sans excès ni excitation, facilitant ainsi la tâche à Mayada Hannaoui qui a mené son concert comme elle l’avait prévu. Elle a pu ainsi présenter quelques nouvelles chansons comme «Ini ya îni» de Omar Baticha et Mohamed Soltane, à côté bien-sûr de ses vieux tubes : «Ana mokhlisalek», «Kan ya makan», «Mech hia sortak», «Kebry’ay» et l’incontournable «Sidi ana âch’ak» qu’elle a dû reprendre sur l’insistance du public. Ce fut donc une très belle soirée, digne de cette grande interprète qui a su résister aux sirènes du succès facile et se présenter comme une héritière des grandes interprètes arabes des cinquante dernières années comme Oum Kalthoum, Faïza Ahmed et Najette Essaghira. Ce souci de rigueur artistique s’est traduit aussi par le recours à un orchestre formé de grands professionnels égyptiens, conduit par leur maestro et compositeur Hani Mehanna. Tout était donc réuni pour assurer le succès de la soirée : une chanteuse au faîte de sa carrière et de son art, des musiciens appliqués qui ont visiblement bien étudié leurs partitions, un public assez nombreux, mais pas trop, en tout cas assez connaisseur pour assurer à la chanteuse l’écoute et l’attention dont elle avait besoin pour donner le meilleur d’elle-même. Sans forcer son talent, d’ailleurs immense, ni chercher à séduire par des petits ficelles éculées. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com