Les Jeunes et le paraître : Apparence réussie, respect garanti





«L’habit ne fait pas le moine», dit-on. Or, nombreux sont ceux qui misent sur tout ce qui brille. Et pourtant, l’apparence est parfois l’opposé à la chose en soi. Du coup, ceux qui y croient se retrouvent leurrés. Comment les jeunes perçoivent-ils justement les apparences ? Tunis-Le Quotidien Le premier contact est toujours important dans la mesure où l’image que dégage l’autre reste malgré nous gravée dans notre mémoire. Cela dit, par ces temps où l’artifice, la matière et la forme prennent le dessus, il est compréhensible que la majorité des personnes soit influencée par les «façades». Mohamed Amine, 23 ans, étudiant, pense que le premier contact compte beaucoup. «Il est tout à fait normal qu’un être très présentable et ayant l’air sûr de lui épate beaucoup plus qu’un autre dont le paraître laisse à désirer. Certes, les apparences sont parfois trompeuses. Mais a priori, une personne ayant une tenue irréprochable imposera le respect. D’ailleurs lors des entretiens professionnels, on est aussi bien évalué sur le plan physique que selon notre curriculum vitae et cela est tout à fait normal», dit-il. Sami, 22 ans, étudiant, pense que les apparences ne peuvent jamais être trompeuses à 100%. «On ne peut pas considérer un être qui porte des habits négligés, qui laisse ses ongles écaillés, et qui n’a aucun problème à laisser pousser sa barbe et ses cheveux crépus, comme un être normal et propre ! Il sera maltraité partout où il passe puisque son paraître laisse croire qu’il s’agit d’un homme «sale», négligeant et qui ne suit pas les normes de la société. Du coup les apparences ont de l’impact. Chaque être humain doit faire un effort pour paraître sous son meilleur aspect pour qu’il soit respecté par autrui», dit-il. Sami sait pourtant que les apparences peuvent être carrément mystificatrices. «Je sais qu’il ne faut pas croire absolument tout ce qu’on voit et que les apparences peuvent nous mettre à côté de la plaque», ajoute-t-il. Aymen, 25 ans, pense qu’il ne faut jamais se fier aux apparences. Ayant été dupé à maintes reprises. Le jeune homme se fie à présent à ce qu’il ressent. «Les apparences comptent sûrement mais elles ne peuvent jamais révéler la réalité des choses. On peut croire à la beauté d’une fille, tellement elle sait camoufler ses défauts et mettre en avant ses qualités, mais il suffit de la voir en tenue ordinaire et avec un visage et des cheveux naturels, pour qu’on ait l’impression qu’il ne s’agit pas de la même personne. Idem pour le côté profond. Nombreuses sont celles qui se font passer pour des saines en adoptant une allure sage et docile alors qu’il s’agit presque de vipères déguisées. Toutefois, chaque être humain doit plutôt se fier à son sixième sens, ce don que Dieu nous a donné pour différencier entre le vrai et le faux», dit-il. Anis, 18 ans, pense que personne ne peut être à l’abri des tromperies. Le jeune homme croit qu’il est tout à fait normal qu’on se fie au début aux apparences du moment que cela est la seule donne qu’il a entre les mains. «Quand on voit un être bien habillé, habitant dans un lieu huppé et conduisant une voiture de rêve, on le classera automatiquement dans une catégorie assez élevée. On croit ce qu’on voit ! On peut avoir raison et on peut avoir tort. Mais a priori, nous devons bien croire à quelque chose. Cela dit même si les apparences sont trompeuses, nous n’avons pas vraiment le choix. Imed, 27 ans, pense que tout le monde mise sur les apparences dans la mesure où nous vivons dans une ère où tout est joué selon l’apparence. «Je peux avoir une villa au bord de la mer, une X5 et un énorme compte bancaire. Or si je ne donne pas l’air de posséder tous ces biens et que mon allure reste très modeste et ordinaire, je serai traité aussi de manière modeste. Par ailleurs, si je suis surendetté et que j’arrive tant bien que mal à me vêtir convenablement et monter à bord d’une voiture achetée par crédit et que mon compte bancaire est toujours débiteur, je serai considéré comme quelqu’un d’aisé et tout le monde essayera de me jeter des fleurs s’ils ne connaissent pas cette vérité. Le comportement des uns pousse les autres à miser sur les apparences. Or tout cela n’est que du cinéma. Et nul ne peut être sûr de l’être s’il ne se fie au paraître», dit-il. Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com