Emploi des diplômés du supérieur : A la recherche de la première embauche…





Chaque année plusieurs dizaines de milliers de diplômés de l’enseignement supérieur arrivent sur le marché du travail. Très vite, ils se lancent dans un parcours du combattant pour décrocher un emploi plus ou moins sécurisant. Tunis - Le Quotidien Depuis qu’il a quitté l’université de Tunis, en juin 2003, avec en poche une maîtrise en psychologie, Mohamed B., 27 ans, est à la recherche d’un emploi stable. «Je viens, ici chaque jeudi pour consulter les nouvelles offres d’emploi. Mon rêve est de réussir à l’un des concours d’entrée dans l’Administration auxquels je participe régulièrement», confie-t-il. Mohamed pour qui le célibat est une obligation et non pas un choix vit avec ses parents et ses trois sœurs dans un appartement à Hammam-Lif. Tout en restant en permanence à l’affût des concours de la Fonction publique, il multiplie les petits boulots: aide-guide touristique, représentant commercial, réceptionniste d’un hôtel. «Trouver un emploi dans l’administration relève désormais de la loterie. Mais je ne jetterais pas l’éponge jusqu’à ce que la chance me sourit d’autant plus que l’âge maximum de participation aux concours d’entrée dans l’administration a été porté à 40 ans», dit-il optimiste. Titulaire d’un diplôme de technicien supérieur, option génie civil, Asma S. se rend comme l’écrasante majorité des jeunes fraîchement débarqués de l’université au Bureau National de l’Emploi des Cadres (BNEC) au moins une fois par semaine. Malgré ses 23 ans, elle semble bien consciente des efforts que déploient les pouvoirs publics pour gagner la bataille de l’emploi. «La Tunisie a fait le choix de produire des têtes bien faites en ouvrant grandement le robinet de l’éducation. Mais la baisse spectaculaire de la croissance démographique a fait que les universités fassent le plein au moment où on ne trouve pas assez de petites culottes pour meubler les classes des écoles primaires. Les autorités n’ont rien à se reprocher la-dessus. C’est le secteur privé qui est appelé à placer l’intérêt national au-dessus de toute autre considération», précise-t-elle. Et d’ajouter: «Désormais, je vais m’associer avec une de mes amies, ingénieur de formation elle aussi, pour créer un bureau d’étude et de conseil. Rien ne sert d’attendre un emploi très hypothétique dans l’administration», dit-elle. Depuis la libéralisation de l’économie, l’administration n’est plus le premier fournisseur d’emplois. Au cours des cinq dernières années, elle n’a recruté qu’entre 8000 et 11 000 personnes par an. * Tant qu’il y a l’espoir Cloué devant les tableaux du BNEC figurent des offres d’emploi, Malek R. titulaire d’une maîtrise en arabe, espère depuis trois ans, devenir enseignant. En attendant de réussir au concours d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire (CAPES), il se trouve dans l’obligation de faire des concessions. «J’ai fait un stage d’insertion dans la vie professionnelle (SIVP) dans une compagnie d’assurances à Tunis. J’étais payé 280 dinars, somme dont la moitié provient des caisses de l’Etat. Mais là où le bât blesse, c’est qu’au moment où je m’attendais à être recruté j’ai été remercié sans explication malgré les heures supplémentaires non-payées et tous mes sacrifices», raconte ce jeune au teint brun des gens du Sud non sans amertume. Moëz T. 28 ans, regrette toujours son entêtement à refuser de participer aux concours de réorientation après avoir tiré le mauvais numéro dans la loterie de l’orientation universitaire. Après avoir obtenu dans la douleur une maîtrise en histoire, ce titulaire d’un baccalauréat technique participe depuis quatre ans à tous les concours de recrutement de professeur sans succès. Moëz est aujourd’hui revenu à ses premières amours. Ce «technicien» suit en effet une formation accélérée en maintenance PC et réseaux dans un centre privé de formation aux métiers des nouvelles technologies pour aller par la suite travailler dans une boîte informatique lancée récemment par l’un de ses anciens camarades de classe. De plus en plus de diplômés des filières «classiques» comme les lettres et les sciences humaines se trouvent aujourd’hui acculés à exercer des métiers ne correspondant pas à leur formation. Cette «conversion professionnelle» leur permet quand même d’éviter les fins de mois difficiles. Walid KHEFIFI _____________________________ Vers une baisse du chômage des diplômés Le nombre des diplômés qui arrivent chaque année sur le marché de l’emploi est passé de 24.543 en 2001 à environ 49 mille jeunes en 2005. Ce chiffre continuera à augmenter pour atteindre 73 mille en 2009 et 101 mille en 2014. Une augmentation que le plan de développement pour la décennie 2007-2016 a pris en considération. Ce plan fixe un objectif de 6,3% de taux de croissance du PIB en moyenne par an. Ce taux permettra de ramener le taux de chômage des diplômés à 14,1% seulement pour le quinquennat 2007-2011 et à 11,3% pour le quinquennat 2012 - 2016 au lieu de 16% actuellement. W.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com