Téhéran tient tête aux grandes puissances : Nous poursuivrons notre programme nucléaire “avec force”





L'Iran a pris sa décision et va poursuivre son programme nucléaire "avec force", a indiqué hier Téhéran confirmant les attentes des grandes puissances qui ont indiqué hier s'attendre à une réponse négative de l'Iran à leur offre de coopération exigeant une suspension de l'enrichissement d'uranium sous peine de sanctions. Le Quotidien-Agences L'Iran a pris sa décision sur l'offre de coopération de six grandes puissances sur son programme controversé d'enrichissement d'uranium, a annoncé hier à Pretoria le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki, sans autres précisions. "Nous avons achevé notre réflexion et nous espérons parvenir (...) à une solution globale, fondée sur la base de la coopération, la négociation et le respect des droits de l'Iran à se doter de la technologie nucléaire", a déclaré Mottaki devant la presse avant un entretien avec son homologue sud-africain. L'Iran va poursuivre son programme nucléaire "avec force", a déclaré auparavant le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a rapporté la télévision d'Etat. "Dans le dossier nucléaire et d'autres dossiers, avec l'aide de Dieu, de la patience et de l'effort, l'Iran poursuivra son chemin avec force et en recueillera les fruits", a dit la plus haute autorité de l'Etat. Cette déclaration équivaut à un rejet de l'offre des grandes puissances visant à ce que l'Iran suspende son enrichissement d'uranium, et à laquelle il devait répondre formellement hier. Ce rejet lui fait courir par ailleurs le risque de sanctions de l'Onu, mais le porte-parole de la diplomatie iranienne a exclu dimanche que Téhéran se plie à cette demande. "Les puissances oppressives et à leur tête les Etats-Unis craignent le développement des pays musulmans", a ajouté le numéro un iranien devant les participants iraniens étrangers à une conférence sur l'unité islamique, qui se déroule actuellement à Téhéran. Après une conversation téléphonique avec Ali Larijani, responsable du dossier nucléaire iranien, le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, a déclaré dans un communiqué lundi que les deux parties étaient "ouvertes" à la poursuite des contacts sur le nucléaire iranien. "Cela a été une conversation constructive au cours de laquelle nous avons passé en revue différents aspects du programme nucléaire iranien", affirme le communiqué de Solana. "Nous nous sommes entendus sur notre ouverture, dans les circonstances appropriées, pour des contacts supplémentaires dans le but de rétablir la confiance dans la nature purement civile du programme nucléaire iranien", a ajouté Solana. * Impossible Abondant dans le même sens le responsable de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Saidi, cité par l'agence semi-officielle Fars a indiqué hier que la suspension de l'enrichissement d'uranium par l'Iran est "désormais impossible", "La question de la suspension est un retour au passé et n'est pas au programme de la République islamique", avait affirmé dimanche le porte-parole de la diplomatie iranienne Hamid Reza Assefi. "Avec les progrès techniques des scientifiques iraniens et dans les conditions actuelles, la suspension est désormais impossible", a dit Saidi. La date butoir donnée par le Conseil de sécurité des Nations unies reste la fin du mois, mais Téhéran avait indiqué qu'il ferait connaître sa réponse le 22 août. "Nous leur donnons jusqu'au 31 août pour suspendre l'enrichissement et ensuite le temps va venir d'envisager d'autre mesures", à savoir des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, a rappelé un diplomate européen à l'AFP à Vienne. L'offre à Téhéran a été présentée le 6 juin par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne. Elle propose à l'Iran des mesures de coopération dans les domaines nucléaire et économique, avec par exemple l'aide à la construction de centrales nucléaires à eau légère, ou encore un soutien à la candidature de la République islamique à l'Organisation mondiale du commerce. Le directeur de l'AIEA à Vienne, Mohamed ElBaradei fera vers la fin du mois un rapport sur le programme nucléaire iranien. Un diplomate asiatique auprès de l'AIEA estime que les Iraniens, qui veulent garder leur droit à maîtriser complètement le cycle nucléaire, vont cependant de nouveau tenter de gagner du temps: "ils vont donner une réponse ambiguë, pour obtenir quelques appuis. L'Iran ne veut pas de confrontation avec la communauté internationale maintenant", selon cette source. Le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a appelé dimanche l'Iran à donner une réponse positive à l'offre des grandes puissances pour suspendre son programme controversé d'enrichissement d'uranium. "Je suis content que la République islamique d'Iran ait annoncé qu'elle répondrait mardi à la proposition (de la Chine, la Russie, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne) pour une solution globale à la crise nucléaire", a déclaré Annan dans un communiqué. ____________________________ l'Iran va prochainement démarrer l'usine à eau lourde d'Arak L'Iran va "très prochainement" démarrer son usine d'eau lourde à Arak (centre), destinée à alimenter le futur réacteur nucléaire à eau lourde qui est en construction sur le site, a déclaré mardi un haut responsable nucléaire iranien, cité par l'agence semi-officielle Fars. Mohammad Saidi, vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, a promis que "dans un avenir très proche le grand projet de production d'eau lourde entrera en exploitation", a rapporté l'agence Fars. Cette production devrait "démarrer dans environ deux semaines", a indiqué une source proche du dossier.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com