Les jeunes et la violence verbale : Les mauvaises fréquentations et la contagion à l’index





A l’âge de l’adolescence, les troubles sont considérés comme inévitables. Mais, a priori, les jeunes qui sont élevés dans une atmosphère saine franchissent cette étape à l’abri de l’instabilité. En revanche, certains éléments peuvent fragiliser l’équilibre de l’adolescent en le rendant instable et agressif. Dans ce cadre l’absence de l’auto-discipline font de lui un sujet à la violence verbale, à la brutalité… Un phénomène qui semble prendre de l’ampleur. Pourquoi? Qu’en pensent les jeunes? Et comment peut-on éradiquer ce problème selon eux? Tunis-Le Quotidien Chez un adolescent le passage entre la vie infantile et la vie adulte se développe si vite que les impulsions fondamentales peuvent échapper au contrôle. Ce manque de contrôle peut-être imputable à plusieurs facteurs. Parfois, il s’agit d’un enfant gâté qui n’a jamais été soumis à des règles sévères. D’où l’absence de maîtrise de soi. Parfois, il s’agit au contraire d’un enfant qui a été soumis à une discipline trop sévère. Quand il acquiert une liberté plus grande, il se révolte et peut sentir le besoin de s’affirmer à travers un comportement violent. Un autre facteur peut aussi donner naissance aux troubles, celui où l’adolescent a dû vivre des complexes formés durant la petite enfance et latents et qui ont tendance à resurgir de manière violente durant l’adolescence. Les vieilles terreurs et les menaces qui les réprimaient perdent de leur efficacité. Il se transforme dès lors en un adolescent difficile, incontrôlable, qui échappe à l’influence de ses parents. Au moindre accrochage,il fait preuve de violence verbale et gestuelle pour montrer sa force. De passage dans une rue, il est fréquent de rencontrer l’un de ces jeunes qui profèrent des mots obscènes, prononcent des grossièretés et se montrent indécents. Leïth Brahem, étudiant, 20 ans, pense que la violence verbale ne mérite pas que l’on se penche sur la question dans la mesure où, selon le jeune homme, le phénomène devient monnaie courante. «Je pense qu’il ne faut pas trop chercher à savoir pourquoi le lexique juvénile devient grossier. La majorité des jeunes d’aujourd’hui n’ont pas reçu l’encadrement qu’il faut. Le travail de la mère et la démission des parents font que les enfants s’éduquent dans la… rue. Les jeunes passent beaucoup plus de temps à l’école et dans la rue qu’avec leurs parents et la famille. Du coup, on est enclin à apprendre les mauvaises manières. Toutefois, puisque la majorité des jeunes disent des mots grossiers, cela fait paradoxalement de plus en plus partie de la… norme. Et je pense franchement que personne ne pourra rien contre cela», dit-il. Nizar, élève, 17 ans, pense que l’on ne peut pas parler de violence verbale dans la mesure où ces mots grossiers et indécents font partie d’ores et déjà du vocabulaire juvénile! «Aussi bizarre que cela puisse paraître, les mots violents se sont intégrés dans le vocabulaire des jeunes et des moins jeunes. Hélas, nombre de personnes considèrent ceux qui s’abstiennent de prononcer des mots indécents comme… des… «poules mouillées». Résultat: on se sent obligé d’opter pour la même façon de parler pour ne pas être considéré comme des trouillards. Cela dit, ce qui me révolte, c’est que l’on se permette d’agir de la sorte devant les femmes ou les personnes âgées. Mais entre garçons, je pense que cela reste tolérable, sauf que ceux qui se sont habitués à dire de telles obscénités ne savent plus se contrôler et cela ne peut qu’être considéré comme de l’impolitesse pure et simple,» dit-il. Mohamed, 21 ans étudiant, pense que le phénomène est le résultat des mauvaises fréquentations et de l’effet de contagion. «D’abord, il faut préciser qu’on a beau recevoir une éducation saine et équilibrée, ce n’est pas la famille seule qui est responsable de ce qu’on est. Depuis l’enfance, l’on est obligé de fréquenter d’autres. A l’école ou dans la rue on risque aussi bien de rencontrer des brutes que des gens bien élevés. Si l’on ne parle pas aux autres dans leur langage, on est considéré comme un être inférieur. En outre, à force d’écouter les grossièretés, l’on finit par s’y habituer et cela devient contagieux. A mon sens, le phénomène n’est pas aussi grave dans la mesure où il s’agit juste de…paroles! Ce phénomène existe un peu partout dans le monde et chaque pays a son propre lexique dont les mots grossiers, il ne faut pas en faire un drame», dit-il. Ahmed, étudiant, 22 ans, trouve aussi que le phénomène n’est pas aussi grave! Selon le jeune homme, c’est juste un moyen d’exprimer sa colère ou sa joie! «La façon de parler de chacun entre à mon sens dans le cadre de la liberté individuelle. Celui qui veut s’exprimer via des paroles grossières est libre! Il doit juste s’abstenir de le faire lorsqu’il y a d’autres qui refusent d’écouter un tel lexique. Il ne s’agit pas réellement d’une violence verbale, mais plutôt d’un vocabulaire… osé. Je ne pense pas d’ailleurs que le phénomène puisse être éradiqué ou stoppé. On l’apprend dès la petite enfance, à l’école ou dans la rue et on imite, voilà pourquoi le phénomène se propage», dit-il. Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com