Nucléaire Téhéran défie les grandes puissances





L'Iran a remis hier aux ambassadeurs des grandes puissances sa réponse à leur offre visant à ce qu'il suspende son enrichissement d'uranium, mais Téhéran a déjà exclu une telle éventualité, ce qui lui fait courir le risque de sanctions de l'Onu. Le Quotidien-Agences La réponse a été remise en main propre peu après 16H00 locales (12H30 GMT) par le négociateur en chef du nucléaire iranien Ali Larijani aux représentants diplomatiques du groupe 5+1, composé des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et de l'Allemagne. Rien n'a filtré sur son contenu, mais le vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique Mohammad Saidi avait annoncé dès lundi que "la suspension est désormais impossible". Le Guide suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, avait été tout aussi inflexible en annonçant que son pays poursuivrait son programme nucléaire "avec force". Avant-hier soir Saidi a expliqué que l'Iran donnera "une réponse qui fournira à l'Europe une occasion exceptionnelle pour l'entente et pour revenir à la table des négociations et prendre le chemin de l'interaction". Dans le même temps, il a réaffirmé que "la question de la suspension comme pré-condition n'a pas lieu d'être". Téhéran semble jouer une fois de plus la politique du fait accompli, à en juger par les propos de Saidi: "la question de la suspension pour négocier pouvait être évoquée dans le passé, mais elle n'a plus lieu d'être aujourd'hui parce que la République islamique maîtrise cette technologie". L'Iran souhaite en fait discuter des moyens de garantir aux grandes puissances que son enrichissement ne sera pas détourné à des fins militaires. Mais ces dernières font de la suspension de l'enrichissement une condition préalable à toute négociation, en arguant de leur manque de confiance dans les intentions ultimes de l'Iran sur son programme nucléaire. Saidi a évoqué la possibilité que l'Iran soit prêt à négocier sur la suspension de l'enrichissement, si les grandes puissances n'en faisaient pas une condition préalable aux négociations: "nous avons toujours dit que si la suspension n'était pas une condition préalable nous étions prêts à négocier". Seulement, l'Iran est maintenant confronté à l'échéance du 31 août pour décider ou pas de suspendre ce procédé. * Défis Le président américain George W. Bush réclamait des sanctions rapides contre l'Iran s'il ne se pliait pas à la demande du Conseil de sécurité de suspendre son enrichissement avant le 31 août. "Si les gens se moquent du Conseil de sécurité des Nations unies, il faut que cela ait des conséquences", a averti le président Bush. Les Etats-Unis n'ont jamais exclu que si des sanctions économiques et diplomatiques se révélaient insuffisantes pour faire plier Téhéran, ils puissent avoir recours à une intervention militaire, unilatérale au besoin. Mais Saidi n'a donné aucun signe que son pays soit impressionné par de tels avertissements. Il a affirmé hier qu'en matière d'enrichissement l'Iran n'entend pas se limiter à des recherches sur des centrifugeuses de "première, deuxième ou troisième génération". En annonçant en avril avoir procédé à de l'enrichissement avec des centrifugeuses de première génération (P1), Téhéran avait admis faire de la recherche sur des centrifugeuses P2, plus efficaces. C'est la première fois qu'un responsable iranien mentionne des recherches sur le modèle P3, le plus moderne. ___________________________ La Chine continue à s'opposer à des sanctions La Chine s'oppose toujours à des sanctions contre l'Iran, qui ne "résoudraient pas entièrement le problème", a indiqué hier un haut responsable chinois. "La position chinoise sur la question nucléaire iranienne est très claire", a déclaré Sun Bigan, l'envoyé spécial de la Chine au Moyen Orient, de retour d'une tournée dans la région. "Nous avons toujours été partisans d'une solution pacifique grâce à la négociation, et non de la force ou de menaces de sanctions", a ajouté Sun. "La force et les sanctions ne résoudraient pas entièrement le problème", a ajouté le ministre assistant des Affaires étrangères.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com