Amnesty accuse Israël de crimes de guerre





Le Quotidien-Agences L'organisation Amnesty International accuse dans un rapport l’armée israélienne d'avoir délibérément pris les civils pour cible lors de sa campagne de bombardements du Liban et affirme qu'Israël pourrait être coupable de crimes de guerre. Non seulement des magasins ont été délibérément détruits par les bombardements et les frappes aériennes, note Amnesty, mais des convois d'aide ont été volontairement bloqués et des hôpitaux et des bâtiment publics - comme les installations de stockage d'eau et de carburant - ont été détruits pour obliger les civils à fuir. "Les éléments suggèrent fortement que la destruction massive de centrales d'eau et d'électricité et d'infrastructures indispensables au transport de la nourriture et de l'aide humanitaire était délibérée et s'inscrivait dans une stratégie militaire, et ne constituaient pas des dommages collatéraux", a estimé Kate Gilmore, secrétaire générale adjointe d'Amnesty. Amnesty demande aux Nations unies de mener une enquête indépendante sur les violations du droit humanitaire international qui auraient été commises au Liban par les deux parties. "Les victimes civiles des deux parties au conflit ont droit à la justice. La gravité des violations commises rend d'autant plus urgente la tenue d'une enquête sur la conduite des deux parties. Il faut que les auteurs de crimes de guerre rendent des comptes et que les victimes obtiennent réparation". Dans son rapport intitulé "Israël/Liban: destruction délibérée ou dommages collatéraux?", Amnesty affirme que l’armée israélienne a mené plus de 7.000 frappes aériennes contre 7.000 cibles au Liban entre le 12 juillet et le 14 août. Dans le même temps, la marine israélienne a effectué 2.500 bombardements et tirs d'artillerie contre le Liban. Plus de 1.100 Libanais ont péri, dont un tiers étaient des enfants. On a dénombré 4.000 blessés et 970.000 personnes déplacées, soit un quart de la population du Sud-Liban. "Beaucoup des violations examinées dans ce rapport sont des crimes de guerre qui relèvent de responsabilités criminelles individuelles", peut-on lire dans le rapport. Amnesty affirme que le gouvernement libanais a relevé 31 installations clés - des aéroports aux usines de retraitement des eaux usées - partiellement ou totalement détruites, de même que 80 ponts et 94 routes. Plus de 25 stations services ont été touchées, de même que 30.000 maisons, bureaux et magasins. "Le gouvernement israélien a affirmé qu'il prenait pour cibles les positions et les installations auxiliaires du Hezbollah et que les autres dommages occasionnés aux infrastructures civiles étaient dus au fait que le Hezbollah avait utilisé la population civile comme 'bouclier humain'", peut-on lire dans le rapport. "Le mode, l'étendue et l'intensité des attaques ôtent toute crédibilité à l'affirmation d'Israël selon laquelle il s'agirait de dommages collatéraux". "L'affirmation par Israël que les attaques des infrastructures étaient légales est de toute évidence erronée", a déclaré Kate Gilmore. "Nombre de violations décrites dans notre rapport, telles que des attaques disproportionnées et menées sans discrimination constituent des crimes de guerre. Les éléments suggèrent fortement que la destruction massive de centrales d'eau et d'électricité et d'infrastructures indispensables au transport de la nourriture et de l'aide humanitaire était délibérée et s'inscrivait dans une stratégie militaire".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com