Hébergement universitaire : Les foyers privés de tous les excès…





• Les prix proposés varient entre 40 et 200 dinars A deux semaines de la rentrée universitaire, les tarifs des foyers privés dessinent des pics jamais atteints. Tunis — Le Quotidien Le front dégoulinant de sueur, les nerfs crispés Samia D. n’a d’yeux que pour la liste des foyers privés accrochée à l’entrée de l’Office des œuvres universitaires du nord. Visiblement à bout de souffle après une longue marche sous un soleil de plomb, la jeune étudiante tire d’un dossier plein de paperasses une petite feuille volante sur laquelle elle ne tarda pas à noter les adresses et les numéros de téléphone de trois foyers privés sis aux alentours de la faculté de lettres de la Manouba. Etudiante non-boursière en deuxième année français, elle n’a plus le droit à un lit dans la cité universitaire. Confrontés à la montée en flèche du nombre des étudiants, les offices des œuvres universitaires n’accordent depuis quelques années le droit de l’hébergement dans les foyers publics qu’aux étudiants de la première année et à titre exceptionnel aux étudiantes boursières de la deuxième année. De fait, plusieurs dizaines de milliers d’étudiants se trouvent acculés à jeter leur dévolu sur les foyers universitaires privés et les appartements destinés à la location. «Cela fait un peu plus d’une semaine que je consulte le site www.ooun.tnu.tn conçu par l’Office des œuvres universitaires du nord pour contacter les différents foyers privés proches du Campus universitaire de la Manouba, en vain. Les gérants des foyers exigent une présence physique de l’étudiante pour annoncer les prix. C’est aberrant», maugrée Samia qui a été sommée à faire le déplacement. Grande fut sa surprise quand le gérant d’un foyer ne comportant que le stricte nécessaire de commodités lui avait expliqué que le prix de location d’une chambre pour deux personnes est de l’ordre de 140 dinars par mois. Un prix qui l’a poussée à continuer son parcours de combattant pour dénicher un «dortoir» dont le prix s’accommode avec le pouvoir d’achat de son père, retraité de la société régionale de transport du gouvernorat de Nabeul. * Galère Amira L., étudiante en 3ème année à l’Institut national d’éducation physique et du sport (INEPS), à Ksar Saïd, a préféré retrouver la même chambre d’un foyer privé sis au Bardo qu’elle a occupée l’année dernière malgré tous les inconvénients qu’elle a constatés. «J’ai voulu éviter de revivre le même cauchemar que l’année écoulée quand j’ai dû attendre le mois d’octobre pour décrocher une chambre dans un foyer privé à un prix raisonnable. Cette année je préfère habiter dans le même foyer en dépit de l’exiguïté des chambres, les coupures fréquentes de l’électricité et les pannes du chauffe-eau que de me trouver encore une fois sans domicile fixe», dit-elle, un brin amer. L’écrasante majorité des étudiantes préfèrent les foyers privés aux appartements loués pour des raisons de sécurité. C’est pourquoi 11 foyers privés seulement sont ouverts aux garçons sur un total de 90 foyers. On note également l’ouverture cette année de quelques foyers mixtes. Les prix proposés, il est vrai, ne sont pas de nature à mettre l’eau à la bouche des garçons qui trouvent mieux leur compte dans la location des appartements par groupes de trois ou de quatre généralement. Ces prix varient en effet entre 40 et 220 dinars selon le degré de confort mais aussi en raison des sources de financement de la construction de foyers privés. «Les offices des œuvres universitaires ne contrôlent que les prix des foyers qui ont bénéficié de primes d’investissement de la part des pouvoirs publics et d’autorisation d’exploitation. Les autres sont libres de fixer leurs prix», souligne M. Saïd B’hira, Directeur Général de l’Office des œuvres universitaires du nord (OOUN). Qu’en est-il des normes de sécurité ? «Les services compétents de l’office veillent toujours au respect de toutes les clauses fixées dans le cahier des charges. A preuve, l’année dernière deux foyers ont été fermés pour avoir accepté d’héberger des filles qui n’étaient pas des étudiantes», ajoute M. B’hira. Généralement, les gérants des foyers privés expliquent la révision à la hausse des prix par l’augmentation des prix du pétrole qui se répercutent sur les factures d’eau et d’électricité ainsi que par la réparation des dégâts que subissent les foyers chaque année. Des arguments, somme toute peu convaincants... Walid KHEFIFI _______________________ 7320 lits dans les foyers privés La capacité d’accueil des foyers universitaires relevant des offices des œuvres universitaires du nord, du centre et du sud avoisine les 60.000 lits. Celle des 90 foyers privés ne dépasse pas les 7320 lits. Ces foyers contribuent quand même à résoudre le problème de l’hébergement universitaire. Reste que les foyers privés ne couvrent pas tout le territoire national. Ils sont répartis en effet sur dix gouvernorats seulement : Tunis, l’Ariana, Ben Arous, La Manouba, Nabeul, Bizerte, Zaghouan, Le Kef, Siliana et Jendouba. On note par ailleurs trois catégories de foyers privés. La première se compose de foyers dont les prix varient entre 40 et 50 dinars. La deuxième catégorie comprend des foyers dont les prix vont de 50 à 70 dinars. Quant à la dernière catégorie, elle se compose de foyers de luxe dont les prix varient entre 70 et 200 dinars.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com