Ahmed Mejri : Elan du cœur… au cœur du Liban





«Au nom de ma Tunisie natale, j’offre cette chansons de «Arabi nîch, Arabi enmout fi Baghdad, fi Beyrout» qui a pris vingt jours de mon temps, à toutes les consciences du monde et les recettes seront versées au profit du Liban frère», nous a confié Ahmed Mejri, lors de sa visite au 25 Avenue Jean-Jaurès, Tunis au siège de notre journal “Le Quotidien”. Comme tous les citoyens du monde, impossible d’être insensible à ce qui s’est passé au Liban. Notre Ahmed Mejri national n’a pas pu résister à toutes les images d’horreur ayant défilé sur le petit écran. Allongé sur une peau de mouton et collé à la télévision, il était mal dans sa peau d’Arabe, de Musulman, d’Africain, de Tiers-mondiste, de citoyen de tout bout de terre. Une seule idée lui trottait l’esprit. Que peut-il faire de son côté pour dire à son frère le Libanais qu’il est dans son cœur, bien incrusté? Sur le texte de Tahar Sassi, arrangement de Mohamed Gritli et les voix de Dorra Fourti, Amani Souissi, Aïmen Lassiq et Asma Ben Ahmed sans oublier Hela Hermassi, qui se marie lundi 28 août -nos félicitations les plus distinguées madame la mariée- Arabi nîch… Arabi enmout est née sous la houlette de Ahmed Mejri. Cette chanson qui a coûté dans les six millions de millimes est dédiée au nom de tous les Tunisiens au Liban, aujourd’hui meurtri. «Là-dedans, il y a aussi un autre message outre notre soutien, c’est une lettre ouverte à tout le monde et rédigée en dialecte tunisien, avec des mots propres à nous et tirés de notre quotidien», nous a dit Ahmed Mejri, qui n’a généralement rien à cacher et qui aime promener sa silhouette un peu partout et surtout dans les spectacles de rues et avec pas mal de complices. Surtout les associations caritatives et autres sponsors dans les festivals comme Orangina ou Boga. Cette dernière société vient de soutenir la manifestation d’été qu’organise la mairie depuis l’an dernier: «Dimanche sans voiture». Ahmed Mejri qu’on surnomme avec joie le Bob Marley de Tunis a autour de lui beaucoup d’amis et de fans. Mais, d’un autre côté, il s’est aussi créé des jaloux. C’est pour cette raison là aussi qu’on lui colle cette étiquette de fougueux. Incompris peut-être. Mais pour son talent conjugué à un rare professionnalisme, on lui pardonne tout et on le prend tel qu’il est. Dans son répertoire, il y a de quoi afficher satisfaction. On le voit côtoyer des grands artistes de chez nous. Il a notamment composé (et dérouté l’écoute habituelle tunisienne) «Idha ghebtou anka» de Karim Chouaïb. Il a donné au texte écrit en arabe littéraire un brin soutenu, beaucoup de couleurs à la flamenco. La Nawal Ghacham, elle aussi a été choyée quand Mejri est intervenu dans «Attrajjak» et a donné de la teneur avec du funk… bien épicé. Avec les Houcine Ifrit, Rochdi Alouane et la star montante Haïthem Hellal, Mejri a eu plus d’une collaboration musicale. Avec ses propres moyens (et comme toujours), notre artiste s’est démené pour nous donner un genre bien à lui, où toutes les musiques du monde se baladent avec joie dans ses refrains. On lui compte cinq CD sur le marché. Le sixième (rythme africain et âme tunisienne) avec neuf chansons destinées à l’élite des intellectuels, a vu le jour en mai 2005 dans les ateliers de musique qu’a abrités le festival international du Sénégal, Banlieues-Rythmes. Ahmed Mejri, qui a présenté nos couleurs nationales a plu aux Sénégalais avec son label à lui. On lui a promis une invitation officielle pour l’année prochaine. L’enfant d’El Ouardia (Banlieue Sud de la capitale) est né en 1963. En 1982, il a décroché son bac au lycée de Montfleury. Son départ enchantant s'est déclenché à partir du Club Méditerranée. C’est-à-dire de l’animation. Deux années après, Ahmed Mejri ouvre bien les yeux dans les quartiers des Halles, Latin, Saint-Michel et autres de Paris. Parti pour un contrat de trois ans, il a dû l’interrompre et revenir au bercail avec la triste nouvelle du décès de sa chère mère. Armé de beaucoup de volonté, il a n’a pas baissé les bras. Au contraire, il a trouvé son bonheur au Conservatoire de musique de la Rue Zarkoun. C’était avec la dernière promotion des années 1990. Avec ses copains de classe, dont Zied Gharsa, Alia Belaïd, il continue à travailler. En 1994, Ahmed Mejri avec son allure de sportif participe au spectacle «Noujoum»de Fadhel Jaziri. Il était la colonne vertébrale avec son reggae et autres mélodies métissées. Dès lors, il s’est fait un nom et Ahmed Mejri de se frayer son petit bonhomme de chemin en apportant d’autres connotations à la chanson tunisienne d’aujourd'hui. Et il a son mot à dire. Il nous suffit d’écouter «Arabi nîch» pour juger l’homme. Ca donne la chair de poule et beaucoup d’émotions. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com