Les jeunes et le talent : Les dons inexploités laissent un goût d’inachevé





La nature dote certaines personnes d’avantages et de dons. Elle les comble de qualités pour qu’ils aient une prédisposition innée pour quelque chose. Disposant de capacités extraordinaires et de qualités supérieures à la norme, ces personnes douées ont toutefois besoin de cultiver leurs dons pour être gratifiées à juste titre. Les uns trouvent l’encadrement qu’il faut pour accroître leurs potentialités et exprimer leur talent. D’autres, hélas, ne trouvent aucun encouragement et sont contraints de vivre avec l’amer sentiment de frustration. Est-ce que les dons des jeunes sont justement exploités à bon escient. Témoignages. Tunis-Le Quotidien Dès la première enfance, on peut détecter des qualités chez un enfant. Certaines facultés se développent chez lui plus tôt et plus vite que chez d’autres. Ces petits doués ont les sens en éveil de manière précoce. Les uns possèdent un penchant spécial pour tout ce qui a trait à l’art. D’autres sont doués pour le savoir, la science et arrivent à capter et à apprendre très vite. Et entre les uns et les autres, il y a ceux qui n’ont pas de facultés mentales spécifiques, mais qui possèdent des qualités physiques extraordinaires. Si ce genre de petits surdoués naissent dans un entourage éclairé et trouvent une ouïe attentive, ils auront de fortes chances d’atteindre la gloire et de réaliser de vrais miracles. Si en revanche, leurs dons passent sous silence, les talents restent inexploités et ils sont contraints de vivre avec cette frustration de ne pas laisser ces dons naturels s’épanouir normalement… Ils risquent de basculer dans la médiocrité et peuvent même devenir des cancres à l’école… Sami, 18 ans, possède des qualités physiques «au-dessus de la norme». Doué pour le football, le basket et le tennis il est étudiant en France. Sami pense avoir trouvé l’encadrement qu’il faut pour laisser ses talents sportifs s’épanouir. «Nombre de jeunes possèdent des qualités. Malheureusement, elles ne sont pas exploitées à bon escient et au bon moment. Les personnes douées, le sont de manière innée. Pour que cela donne le maximum de fruits, il faut qu’il y ait encadrement depuis l’enfance. Je pense avoir eu la chance de vivre dans un endroit où l’on prête une grande attention à ce genre de choses. Ce sont mes professeurs d’éducation physique qui ont détecté mes capacités sportives. Ils en ont parlé avec mes parents et je pense avoir reçu l’encadrement qu’il faut. Cela m’a permis de me sentir épanoui. Un don a besoin de vivre, de voir le jour puisqu’il permet à la personne d’avoir un équilibre psychique qui, par ailleurs, lui donne l’occasion de réussir toute sa vie», dit-il. Tarek, 19 ans, a aussi des dons physiques qui auraient pu faire de lui un grand footballeur mais qui ont été malheureusement étouffés et oppressés. «Lorsque j’étais enfant, je jouais au foot dans la rue avec les voisins du quartier. Un entraîneur m’a capté et il a proposé à mes parents de m’inclure dans son équipe juniors. Il a jugé que je pouvais devenir un très bon footballeur… Sauf que mes parents ont jugé que cela allait me déconcentrer dans les études et c’est pour cette raison qu’ils ont catégoriquement refusé cette idée. C’est une vision erronée. Je pense que le fait de faire partie d’une équipe sportive ne va aucunement me déconcentrer, au contraire, cela me permettra de souffler, de m’épanouir et de me débarrasser de l’énergie négative. Plus tard, mes parents ont compris, mas c’était trop tard et puis, je ne pouvais plus avoir l’encadrement qu’il faut. Plusieurs jeunes comme moi ont des talents cachés, inexploités voire étouffés. Ils vivent avec une certain amertume, tout comme moi parce qu’ils auraient pu réussir s’ils avaient trouvé quelqu’un qui comprenne qu’il s’agit d’un besoin presque existentiel», dit-il. Radhouane, 23 ans, étudiant en ingéniorat, semble être talentueux dans plus d’un domaine. A la fois, fin dessinateur et amoureux des touches du piano, Radhouane a eu la chance de se retrouver au sein d’un entourage avisé qui a compris qu’il s’agit de talents positifs qu’il faut laisser vivre et qu’il faut exploiter. «Depuis ma petite enfance, je jongle avec le crayon et les couleurs. J’adore dessiner et laisser libre cours à mon imagination. Mes parents m’ont observé de loin et ils ont décidé de cultiver ce don chez moi. Participer à un cours de dessin est pour moi l’un des plus grands plaisirs de la vie. Contrairement à d’autres parents, les miens sont instruits, éclairés et ont les moyens de me laisser vivre mes rêves jusqu'au bout. Je les entends toujours dire que c’est une chance d’avoir un enfant qui a des talents de quelque nature que ce soit, dans la mesure où ils sont convaincus que je vais passer mon temps libre à cultiver un don et donc cela amoindrit les risques que j’ai des tendances dangereuses. D’ailleurs, le dessin m’a beaucoup servi dans mes études d’ingénieur et cela ne m’a jamais occupé pour que je néglige mes études, au contraire. J’ai aussi des talents musicaux, je joue au piano et j’adore cela… J’ai suivi des cours privés de piano et cela m’a permis aussi de m’épanouir et lorsque j’ai du temps libre, je l’écoule à dessiner ou encore à combiner des morceaux à jouer… Je peux dire que je suis quelqu’un d’épanoui, d’équilibré et surtout de chanceux…», dit-il. Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com