Les jeunes bacheliers et l’université : Craintes, espoirs, ambitions et appréhensions





Pour les nouveaux bacheliers, fini le statut d’élève, les bulletins de notes, les billets d’entrée... Il s’agit d’ores et déjà d’une toute nouvelle étape à vivre. Quelles sont justement les attentes des nouveaux étudiants et peut être aussi leurs craintes et leurs appréhensions ? Tunis-Le Quotidien Entre le lycée et l’université, il n’y a, a priori, qu’un seul pas à franchir : le baccalauréat. Or, nombre de nouveaux bacheliers trouvent que c’est après avoir obtenu leur bac qu’ils auront moult choses à faire et quelques problèmes à régler... Scores, orientation, inscriptions, paperasses, abonnements... Toutes ces étapes sont absolument à franchir avant d’atteindre le statut d’étudiants. Chose qui nécessite aussi bien du temps et des déplacements que beaucoup de patience. Une fois que tout rentre dans l’ordre, nombre d’étudiants se sentent surexcités à l’idée de changer de statut et de faire partie du rang des... «grands». Pour eux, il s’agit d’un changement presque radical et d’un tournant important dans leur vie. D’autres, en revanche, ont la frousse. Ils pensent que le plus dur reste à faire... Achraf, 19 ans, prochainement étudiant à l’Ecole préparatoire, semble être déjà confronté à quelques soucis. En parallèle, le futur étudiant a plusieurs attentes concernant sa nouvelle vie estudiantine. «Je croyais qu’il suffit d’avoir son bac avec mention pour passer à l’université. J’avais tort car beaucoup de détails sont à régler avant de franchir le seuil de la faculté. Toutefois, je dois m’estimer heureux d’avoir été affecté à l’école préparatoire dès le premier tour de l’orientation. Mon score m’a permis d’avoir mon premier choix. Cela dit, je viens de passer toute une matinée entière à essayer de collecter les informations qu’il faut pour avoir un abonnement de bus. Non seulement je n’ai pas réussi à trouver réponse à mes questions, mais en plus, un agent s’est contenté de me dire qu’il fallait d’abord que j’aie un certificat de présence qui prouve que je suis étudiant. Or pour avoir ce certificat, il faut attendre la rentrée... Je n’aurai donc pas mon abonnement à temps. Mais il faut dire que ce genre de soucis m’importe peu. Ce qui prime pour moi, c’est que mon nouveau statut d’étudiant me permet enfin d’avoir un «passeport» dans le monde de ceux qui se font respecter. J’espère que les enseignants nous traitent enfin comme des personnes mûres et adultes. Jusque-là, il suffit d’un rien pour que l’on soit exclu de la classe. Il suffit d’un retard ou d’une absence pour qu’on nous demande une justification ou encore qu’on convoque nos parents. Nous serons finalement maîtres de nos propres sorts. Si l’on refuse d’être présent à un cours, c’est qu’on doit avoir des raisons. Avant, c’était toujours l’enseignant qui avait raison, j’espère que cette mentalité n’existe pas à la faculté et qu’on sera beaucoup plus à l’écoute de l’étudiant, de ses problèmes et de ses attentes», dit-il. Ragheb, 19 ans, futur étudiant à l’ISG, n’a pour l’instant qu’un seul souci : le transport. Une fois ce problème réglé, Ragheb pense qu’il va vivre une nouvelle vie passionnante. «Je pense que je vais vivre une toute nouvelle étape de ma vie. Je serai finalement étudiant. Tout ce que je souhaite, c’est que ce nouveau statut m’accorde plus de liberté. A priori, la famille, les enseignants et tout l’entourage regardent l’étudiant avec plus de respect. Cela me permettra d’acquérir une plus grande liberté et je vais me faire entendre dans la mesure où on ne me considérera plus en tant que petit qui n’a rien à dire et rien à ajouter. J’ai aussi entendu dire que les professeurs de l’université gardent une relation trop plate avec les étudiants puisque la classe complète un très grand nombre d’étudiants, ce qui rend la relation enseignant-étudiant très superficielle. J’espère que ce constat n’est pas juste. J’aspire à une relation profonde et amicale avec les enseignants», dit-il. Oussama, 19 ans, futur étudiant à l’ISI, affronte actuellement un problème d’affectation. «J’attends le résultat de ma réorientation. J’ai été affecté très loin et j’ai demandé qu’on m'affecte à l’ISI de l’Ariana. Or, la rentrée aura lieu le 6 septembre. Le temps presse et je me sens totalement désappointé puisque je ne sais pas encore où est ce que je vais étudier. Il existe 5 tours d’orientation et l’attente en elle-même est un vrai calvaire. Il est vrai par ailleurs que la foire de l’étudiant qui a eu lieu récemment au Kram nous a permis d’avoir toutes les informations qu’il faut concernant l’orientation et nous avons eu l’occasion de parler avec les enseignants. N’empêche que je stresse un peu à l’idée de débarquer dans un nouveau monde où je ne connais personne», dit-il. Amène, 19 ans, futur étudiant à l’ISI, espère à son tour qu’il sera considéré autrement par les autres. Il aspire aussi à une autre atmosphère d’étude beaucoup moins sévère. «Je ne suis pas du tout contre la discipline, mais au lycée, on a l’impression qu’on en fait un peu trop. J’espère que cela va changer et que la discipline soit instaurée dans la souplesse et l’entente. Je souhaite que l’on sera amis avec nos enseignants et que les anciens étudiants ne nous regardent pas en tant qu’élèves à la maternelle. Il parait que dans certaines universités l’on s’adonne à des pratiques que je juge dégradantes vis-à-vis des nouveaux étudiants. Je pense que l’on est déjà assez stressés pour passer à ce genre de comportement où l’on va nous couvrir de farine et de peinture ! Par ailleurs, plus de souplesse dans le système éducatif encouragea peut être quelques étudiants à sécher les cours et quelques étudiantes à avoir un comportement encore plus ostentatoire. J’espère que cela ne se produira pas ainsi. Parce que si l’on va à l’université, c’est essentiellement pour étudier», dit-il. Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com