Appelé à démissionner : Olmert accusé d’occulter les ratés de la guerre au Liban





• "La destruction du Hezbollah n'était pas un objectif" La création d'une commission d'enquête publique dénuée de pouvoirs juridiques sur les ratés de la guerre au Liban suscite un vent de critiques tous azimuts contre Olmert qui a indiqué hier que la destruction du Hezbollah n'était pas un objectif Le Quotidien-Agences Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a affirmé hier à Tibériade, dans le nord d'Israël, que l'offensive contre le Liban ne visait pas à détruire le Hezbollah. "Lorsque le gouvernement a décidé le 12 juillet de lancer cette offensive, il n'a pas dit qu'il voulait détruire le Hezbollah. Son intention était de faire appliquer la résolution 1559 de l'ONU, afin que l'armée libanaise puisse se déployer dans le sud du Liban", a-t-il déclaré aux journalistes. Olmert a tenu ces propos après avoir reconnu la veille pour la première fois des "manquements" durant la guerre entre Israël et le Hezbollah qui a duré 34 jours. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a annoncé lundi la création d'une commission d'enquête publique, se refusant à constituer une commission d'Etat aux pouvoirs plus larges. Des parlementaires, de droite comme de gauche, l'accusent de chercher à minimiser ses erreurs en créant une commission impuissante à les dévoiler. "Une telle commission n'a aucune chance d'aboutir à la vérité vu qu'elle ne dispose d'aucun pouvoir", a déclaré aux journalistes le député et ancien ministre Danny Naveh du parti Likoud (droite). "La création d'une telle commission est une erreur politique car elle ne dispose d'aucun moyen légal pour enquêter: elle ne peut obliger personne à témoigner ni obliger les autorités à lui remettre des documents", a renchéri le député travailliste Ami Ayalon, ancien chef du service de sécurité intérieure. Le ton de la presse est aussi critique. "C'est un moyen par excellence de tromper son monde", écrit le commentateur militaire du Yediot Aharonot. Un autre journaliste s'interroge sur la capacité de Olmert à diriger le pays tout en jugeant que la création de la commission est "un moindre mal". De leur côté, des réservistes de retour du Liban ont continué à réclamer hier la démission de Olmert, du ministre de la Défense Amir Peretz et du chef d'état-major, le général Dan Haloutz, à qui ils reprochent le "fiasco" de la guerre. Mais leur mouvement ne parvient pas à réunir des foules. Olmert a chargé Nahoum Admoni, l'ancien chef du Mossad (service de renseignements) entre 1982 et 1989, de diriger la commission qui devra examiner "la conduite du gouvernement pendant la guerre". Il a par ailleurs annoncé que le contrôleur de l'Etat serait chargé d'examiner le comportement de la défense civile pendant le conflit. Mais ce dernier, le juge Micha Lindenstrauss a d'ores et déjà fait savoir qu'il enquêtait indépendamment sur ce sujet. En outre, Olmert a confirmé que l'armée mènerait sa propre enquête sur le déroulement de l'offensive de 34 jours contre le Hezbollah. "Une commission d'Etat n'est pas ce qu'il nous faut car la direction politique et militaire serait paralysée durant longtemps" si elle devait rendre des comptes devant une telle instance, a-t-il affirmé. Une commission d'Etat dépend du président de la Cour suprême, ce qui garantit son indépendance. Habilitée à convoquer des témoins et à ordonner des perquisitions, elle opère à la manière d'un tribunal et ses recommandations sont de facto contraignantes. C'est dans ce contexte tendu que Annan doit rencontrer Peretz et le lendemain la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni et Olmert.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com