Débâcle israélienne au Liban : Les généraux contre le chef d’état-major





Le chef d'état-major israélien Dan Haloutz fait face à des critiques croissantes pour sa campagne au Liban alors qu'une manifestation à Tel-Aviv a appelé hier le gouvernement à agir pour obtenir la libération de trois soldats enlevés. Le Quotidien-Agences Les accusations visant le général Haloutz, 58 ans, visent autant des généraux de réserve, que des officiers et des soldats réservistes qui ont participé aux combats sur le terrain. Le chef d'état-major cherche, lui, à s'expliquer: il a convoqué au début de la semaine prochaine une centaine de généraux de réserve afin de discuter des manquements constatés durant le déroulement du conflit qui a éclaté le 12 juillet. Le Premier ministre, Ehud Olmert, a chargé trois commissions d'enquêter séparément sur les ratés au niveau politique et militaire ainsi que sur l'impréparation des arrières, frappés par plus de 4.000 roquettes du Hezbollah chiîte libanais. Loin de s'apaiser, la vague de mécontentement lancée il y a deux semaines par un groupe de réservistes démobilisés, continue d'enfler. De nombreux généraux de réserve expriment à présent leur "profonde inquiétude" et critiquent ouvertement le général Haloutz. "Je pense que l'écart entre les objectifs qu'il avait fixés et ceux qui ont été atteints, est énorme. En tant que chef d'état-major il en est clairement responsable", a ainsi affirmé à la radio publique le général de réserve Uri Saguy, un ex-chef des Renseignements militaires. Dans la même veine, le général Yoram Yaïr a déclaré au journal Haaretz: "La base gronde (...) L'armée doit être gérée en vertu de normes totalement différentes". "Je ne vois pas comment un commandant de division assumerait ses responsabilités, si le chef d'état-major fuit les siennes", a ajouté cet officier de parachutistes qui s'est distingué pendant la première guerre du Liban. * Appel à la démission Selon le quotidien Maariv, un groupe de généraux de réserve s'est réuni ces derniers jours et s'organise pour pousser le général Haloutz à démissionner. Tous l'accusent de n'avoir pas tenu compte des opinions du commandement de la région militaire nord, des officiers sur le terrain et des responsables du renseignement militaire. Le ministre travailliste de la Défense, Amir Peretz, laisse de son côté entendre que la responsabilité des ratés au Liban incombe à son prédécesseur, Shaoul Mofaz, un ancien chef d'état-major. "Malgré mon inexpérience (militaire), j'ai fait face avec détermination à la situation difficile que m'ont léguée des hommes expérimentés", a-t-il ironisé mercredi. Dans ce contexte délétère, le gouvernement risque fort d'être à nouveau la cible des critiques lors d'une importante manifestation qui a eu hier à Tel-Aviv en solidarité avec trois soldats israéliens enlevés. Sa popularité s'en ressent déjà. Un sondage donné hier par la radio publique israélienne révèle qu'en cas d'élections primaires au sein du Kadima, Olmert n'obtiendrait que 15% des suffrages, contre 39% à la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, environ la moitié des personnes interrogées étant sans opinion. Olmert a déclenché plus d'un mois de guerre au Liban en réaction à la capture par le Hezbollah de deux réservistes, Ehud Goldwasser et Eldad Regev, et du bombardement du nord d'Israël par des tirs de roquettes. Le Premier ministre a aussi ordonné des opérations intensifiées et meurtrières toujours en cours contre la Bande de Gaza, trois jours après l'enlèvement du caporal Gilad Shalit, 20 ans, lors d'une attaque menée le 25 juin, notamment par le Hamas.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com