Faouzi Madhi (Entr. S.N.) : «Une saison sous le signe du travail et de la qualité»





Faouzi Madhi, de retour à la tête du champion de Tunisie, sait parfaitement que le défi est tout aussi colossal qu’excitant et que nul n’est prophète en son pays. Pourtant, avec le SN, le club de ses premières amours, il y a au bout de la saison le championnat arabe à Dubaï qui n’est pas sans éveiller en lui le souvenir, le seul titre arabe du basket tunisien qu’il remporta il y a dix ans avec les Potiers. * Enième retour de Faouzi Madhi au Stade Nabeulien. Vous vous habituez un peu à ces incessants allers et retours ? Oui, à Nabeul, je me plais et je me sens l’esprit dégagé. C’est le club de mes premières amours et où l’on joue tout le temps pour les titres. Les gros enjeux me motivent énormément. En un mot, j’aime relever les défis. * Deux ans après votre départ, avez-vous l’impression que quelque chose a changé ? Ce qui a peut-être changé, c’est la manière de former une équipe. Il faut savoir gérer de nouvelles situations et confirmer les acquis. Chaque joueur doit ainsi s’employer à se libérer, découvrir ses potentialités. Mais, grosso-modo, l’effectif est le même, un mélange entre anciens et jeunes, un ensemble exceptionnel que j’avais entraîné par le passé. Il y a certes une cohésion à créer ou à développer et un jeu intérieur qu’il faut chercher à améliorer. Mais l’effectif est compétitif et l’apport des enfants de l’équipe fédérale Trabelsi et Mouine et celui de l’étranger (un pivot) que nous allons recruter rendra l’ensemble encore meilleur. * Vous héritez d’une équipe championne de Tunisie et finaliste malheureux en Coupe contre la surprenante Dalia. Il faudra confirmer ce titre... Le SN est condamné à toujours jouer pour les sacres. Le pari est le même : se retrouver en haut du tableau. Nous devons placer notre saison sous le signe du travail et de la recherche constante du progrès. * Justement, comment voyez-vous la prochaine saison au niveau des compétitions nationales ? Il y aura indiscutablement un plus grand nombre de favoris : JSK, CA, USM et même Dalia Grombalia. Il y a en effet des effectifs renforcés et la qualité du «plus» que vont apporter les étrangers à prendre en considération. * Voilà les étrangers réintégrer le championnat de Tunisie. Est-ce là un signal positif? Il faut d’abord analyser pourquoi ils se trouvent là et pourquoi on a interdit de les recruter ces dernières années. Il faut se convaincre de l’important rôle qu’ils assument d’abord en tant qu’un des ingrédients du spectacle, ensuite comme élément stabilisant de effectifs face aux problèmes rencontrés et, enfin, en tant que garant de l’efficacité du jeu intérieur que le basket tunisien n’arrive pas à maîtriser totalement, le fameux casse-tête chinois des pivots et du jeu sous le panier. Je crois qu’en répondant à ces trois fonctions, le joueur étranger aura déjà largement justifié le sacrifice et l’investissement faits pour son recrutement. * Après un quart de siècle d’exercice et d'analyse au sein du basket tunisien, quel état d’esprit vous habite aujourd’hui? J’essaie toujours de faire valoir l’importance du travail et de la préparation de l’équipe. Au bout de toutes ces années au contact de la balle orange, on gagne sans doute en expérience et on comprend mieux comment fonctionnent les équipes. Un bon entraîneur est celui qui trouve des explications à ce qu’il voit et qui intervient efficacement pour changer le cours des choses. * Un jour, peut-être vous verra-t-on à la tête de l’équipe nationale? Je veux mériter tout ce que j’obtiens et je n’aime pas trop les cadeaux. Je suis un homme de terrain et mon environnement naturel est le parquet. La sélection est l’honneur suprême et j’espère mériter un jour cette marque de confiance. * Enfin, comment jugez-vous la situation du basket tunisien? Il continue de vivre et de cohabiter avec ses contradictions et ses incohérences. Il cherche par exemple à composer avec les difficultés de créer l’osmose entre jeunes et vieux ou avec des joueurs de petite taille. Soit toutes choses qui ne permettent pas de voir plus loin. Il faut d’abord identifier ces lacunes pour pouvoir s’en débarrasser, en développant nos moyens d’intervention, par le travail avant tout. Recueillis par S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com