Un rapport du Pentagone : L’Irak au bord de la guerre civile





• Bush écarte cette hypothèse Le Pentagone décrit une sombre réalité en Irak dans un rapport trimestriel, où il affirme que les conditions sont réunies pour une guerre civile dans ce pays où plus de 32 personnes, principalement des forces de l'ordre ont été tuées en 24 heures. Le Quotidien-Agences "Les conditions qui pourraient mener à une guerre civile existent en Irak", affirme un document d'environ 60 pages remis au Congrès américain sur la situation dans ce pays, où sont déployés environ 138.000 soldats américains. "Néanmoins, la violence actuelle n'est pas une guerre civile et le glissement vers une guerre civile peut être empêché", ajoute-t-il. Le rapport relève que "l'inquiétude concernant une guerre civile au sein de la population irakienne et chez certains experts en sécurité a augmenté au cours des derniers mois". Le document fait écho aux propos tenus début août par de hauts responsables militaires américains lors d'une audition au Congrès. Le chef du commandement central (Centcom), qui supervise les opérations en Irak, le général John Abizaid, et le chef d'état-major interarmées, le général Peter Pace, avaient alors tous les deux estimé que l'Irak pouvait sombrer dans la guerre civile. Selon le rapport, au cours de la période des trois derniers mois se terminant début août, "le nombre d'attaques hebdomadaires a augmenté de 15%" comparé à la précédente période et "le nombre de victimes irakiennes a augmenté de 51%". "L'essentiel de cette violence a eu lieu à Bagdad", ajoute-t-il. "Depuis le dernier rapport, le cœur du conflit en Irak est devenu une bataille entre extrémistes sunnites et chiîtes pour prendre le contrôle de zones clés à Bagdad, créer ou protéger des enclaves confessionnelles, détourner les ressources économiques et imposer leurs propres programmes politiques et religieux", ajoute le Pentagone. "Les Irakiens sont enfermés dans un cycle de violences confessionnelles, les sunnites et chiîtes se décrivant eux-mêmes comme les défenseurs de leurs groupes respectifs", souligne-t-il. Le rapport estime toutefois que "l'insurrection sunnite reste forte, même si sa visibilité a été éclipsée par l'augmentation des violences confessionnelles". Le Pentagone relève également que malgré la mort du chef d'Al-Qaïda, Abou Moussab al-Zarqaoui, le réseau terroriste "reste capable de mener des opérations grâce à sa structure de commandement souple et semi-autonome". * Déconnection La publication de ce rapport, intitulé "Mesurer la sécurité et la stabilité en Irak", intervient alors que l'administration Bush a lancé une nouvelle campagne de défense de la mission américaine en Irak, devenue impopulaire chez de nombreux Américains. Le chef de file démocrate au Congrès, Harry Reid, a estimé que le document du Pentagone montrait que l'administration Bush était "de plus en plus déconnectée de la situation sur le terrain en Irak". La chef de file démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a jugé de son côté "alarmant" le rapport. "La guerre en Irak est la mauvaise guerre, une réalité qu'aucune rhétorique de la Maison Blanche ne peut déformer", a-t-elle estimé dans un communiqué. * Bush rassure Réagissant au rapport du Pentagone Bush a écarté cette hypothèse, affirmant que les violences interconfessionnelles étaient le fait d'une minorité d'Irakiens. "Les terroristes ont conscience de la menace que pose un Irak démocratique à leur cause, alors ils ont lancé une campagne meurtrière de violences interconfessionnelles, dans l'espoir qu'elle plonge le pays dans une guerre civile", a-t-il déclaré. "Nos chefs militaires et nos diplomates sur le terrain estiment que l'Irak n'est pas en proie à une guerre civile. Ils signalent que seul un petit nombre d'Irakiens se livrent à des violences interconfessionnelles, alors qu'une majorité écrasante désire la paix et une vie normale dans un pays unifié", a-t-il ajouté. Contredisant ces propos rassurants,, la mise en place d'un Etat-major irakien unifié, qui devait avoir lieu hier, a été reportée, sans explication. L'armée irakienne devait mettre en place un Etat-major interarmées, qui aura autorité sur les différentes composantes de l'armée de Terre, de la Marine et de l'armée de l'Air irakiennes, qui représentent un total de 115.000 soldats. Les forces irakiennes dépendent jusqu'à présent de l'Etat-major américain. * 32 morts Ce contre-temps survient alors que l'Irak a été frappé par une vague d'attaques meurtrières, qui ont notamment fait au moins 32 morts rien que pour la journée d'hier. Onze pèlerins pakistanais et trois indiens ont été assassinés près de la ville sainte chiîte de Kerbala. "Les assaillants ont laissé partir les femmes et les enfants, mais ils ont abattu les hommes d'une balle dans la tête", a indiqué un porte-parole du gouvernement irakien. Six policiers, ont été assassinés par des hommes armés aux environs de Samarra, à 110 km au nord de Bagdad, selon la police de la ville. Six personnes, dont trois policiers, ont été assassinées au cours de plusieurs attaques dans Baaqouba, à 60 km au nord de Bagdad, l'une des régions les plus dangereuses d'Irak. Quatre civils ont été tués et 8 blessés dans l'explosion d'une voiture piégée dans un marché à al-Mashroua, à 60 kilomètres au sud de Bagdad, selon une source de sécurité. Deux civils ont été tués et 23 blessés lors d'un double attentat dans le quartier de Waziriyah, dans le nord de Bagdad, a indiqué une autre source de sécurité. Par ailleurs, la morgue de la ville de Kout a reçu hier les corps de deux personnes tuées par balles, dont un policier, découverts dans le Tigre. __________________________________ Recrutement de mercenaires sud-américains en Irak Le Quotidien-Agences Un groupe d'experts de l'ONU s'est déclaré à Quito «préoccupé» par le recrutement en progression par les Etats-Unis de mercenaires sud-américains pour l'Irak. «Le recrutement de personnes pour l'Irak n'est pas uniquement un problème équatorien mais latino-américain», a déclaré à la presse la colombienne Amada Benavides, qui dirige le groupe d'experts de l'ONU. «Notre groupe a constaté avec préoccupation l'accroissement du recrutement de citoyens sud-américains comme gardes de sécurité pour des salaires très bas», a-t-elle ajouté.Benavides a indiqué que les recrues qui «finissent par effectuer des tâches militaires», sont envoyées en Irak «dans des conditions inhumaines» précisant que leurs passeports sont confisqués par les employeurs. «Dans le cadre latino-américain nous avons des plaintes et définitivement ces cas sont en augmentation», a-t-elle affirmé. «En Equateur, nous avons réuni des preuves, comme au Honduras où il y a des plaintes précises», a-t-elle indiqué. En août 2005, un scandale avait éclaté à Quito où un ancien pompier américain recrutait illégalement des mercenaires colombiens pour la guerre en Irak.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com