Bravant à nouveau la communauté internationale : Le Soudan demande à l’UA de retirer sa force du Darfour





Le Soudan a demandé à l'Union Africaine (UA) de retirer ses troupes du Darfour d'ici la fin du mois, bravant à nouveau la communauté internationale alors que des combats se poursuivent dans cette région en proie à la guerre civile. Le Quotidien-Agences "L'Union Africaine a déjà déclaré qu'elle ne pouvait pas continuer au Darfour, et puisqu'elle ne peut poursuivre sa mission au-delà du 30 septembre, ses forces doivent partir avant cette date", a affirmé hier le porte-parole du ministre soudanais des affaires étrangères, Jamal Ibrahim. "Par ailleurs, elle n'a pas le droit de transférer sa mission aux Nations-Unies ou à toute autre partie. Seul le gouvernement soudanais détient ce droit" a-t-il poursuivi. Le gouvernement soudanais avait rejeté la résolution du Conseil de sécurité adoptée jeudi et appelant au déploiement d'une force onusienne de plus de 20.000 hommes au Darfour, pour relayer la mission de l'UA. Le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, en visite à Doha, a appelé hier le gouvernement soudanais à revoir sa position et à accepter le déploiement de Casques bleus au Darfour. "Jusqu'à présent, nous n'avons pas reçu de notification officielle du gouvernement soudanais. Par conséquent, nous ne pouvons pas pour l'heure faire de commentaires", a pour sa part affirmé à l'AFP le porte-parole de la mission de l'UA, Noureddine Mezni. Khartoum a présenté un plan à l'Onu incluant le déploiement de ses propres troupes pour remplacer la force de l'UA au Darfour. Mais les Etats-Unis se sont opposés à une telle idée. Les forces du gouvernement soudanais "ne sont pas considérées comme étant neutres", avait affirmé le mois dernier la secrétaire d'Etat adjointe américaine aux Affaires africaines, Jendayi Frazer. * Mobilisation Le gouvernement soudanais a déjà commencé à masser des troupes dans certaines zones du Darfour, tandis que des responsables de l'UA ont fait état de nouveaux affrontements qui risquent de plonger à nouveau cette région dans le chaos, quatre mois seulement près la signature d'un fragile accord de paix. "Le Soudan va procéder à l'application de l'accord de paix du Darfour, selon son propre plan visant à restaurer la paix et la stabilité dans la région", a souligné Ibrahim ajoutant que "ce plan a déjà été soumis au secrétaire général des Nations Unies (Kofi Annan), mais (qu')il n'a pas été bien accueilli". Le Soudan propose de déployer 10.500 soldats soudanais pour rétablir la sécurité dans la province et des renforts ont déjà été envoyés dans le nord du Darfour, où de nouveaux affrontements ont éclaté depuis la semaine dernière. Le président soudanais Omar al-Béchir s'est constamment opposé au déploiement d'une force de l'Onu au Darfour, accusant les gouvernements occidentaux de chercher à occuper son pays. Au lendemain de son rejet de la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu, le vice-président soudanais Ali Osman Taha, avait donné le ton, avertissant que le gouvernement résisterait à toute tentative de déployer des forces internationales sans son accord préalable. "Nous avons des options et des plans pour faire face à l'intervention étrangère", a-t-il affirmé, faisant l'éloge du Hezbollah libanais face à Israël lors du conflit au Liban. Selon des analystes, Khartoum craint qu'une présence de l'Onu au Darfour ouvre la voie à l'arrestation de responsables du gouvernement soudanais pour crimes de guerre.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com