Ile Maurice – Tunisie (0-0) : Amère impression de stagnation





C’est décidément devenu un indéracinable et atterrant leït-motiv : depuis la CAN égyptienne, ralayée par le Mondial allemand, chaque fois qu’elle se produit, l’équipe de Tunisie suscite les sentiments les plus exacerbés de frustration, de désappointement et de révolte. Où allons-nous de ce pas désinvolte, laxiste et clopinant ? En règle absolue, un échec n’a de sens que lorsque la leçon est retenue et que les imperfections sont corrigées. Or, après la CAN 2006, il y eut une totale décompression et l’EN a été pratiquement mise en veilleuse et ce n’est que quelque trois à quatre semaines avant la grande aventure mondialiste qu’on a commencé à se décarcasser. Et ce fut un véritable simulacre de football auquel nous assistâmes à Munich, Stuttgart et Berlin. Entre-temps, une monumentale aberration faisant entorse à la déontologie, à «l’esprit des lois» a été commise, à savoir la reconduction du sélectionneur avant le début du Mondial et, surtout, à quelques semaines de la tenue des assises de l’AG élective de la FTF, avec, en sus, à la clé, le départ de son généreux bienfaiteur. Tension, mésintelligence avec certains joueurs (Jaziri, Ayari), frisant le règlement de compte et puis, de nouveau, un relâchement coupable. Vint enfin le premier rendez-vous officiel, précédé par un match de reprise à l’emporte-pièce, perdu face au Mali (0-1). Et de retomber de très haut face à une équipe mauricienne classé mondialement à plus de... 100 places des Tunisiens. Tout un chacun connaît la grande interrogation philosophique, existentialiste : qui de la poule ou de l’œuf a précédé l’autre ? Ainsi en est-il de la lancinante cogitation footballistique : qui des joueurs ou du système à préconiser doit-il être préalablement pris en compte ? Le sélectionneur, devrait-il prôner une option tactique quelconque en fonction du profil de ses joueurs, de celui de l’adversaire, des circonstances ambiantes... ou devrait-il imposer son canevas dans tous les cas de figure, au prix d’un entêtement qui finit réellement par lasser et rebuter ? Et c’est bien cette deuxième option qui se donne chaque fois à voir. Que l’on joue face au Brésil ou à un illustre inconnu c’est toujours ce sempiternel et ronronnant 4-3-2-1. C’est ainsi que face aux Mauriciens, devant le quatuor Haj Messaoud, Jaïdi, Jabeur et Bekri, trois pivots trahissaient une gêne mutuelle. Aussi bien Regued que Nafti, que M’ari remplissaient pratiquement des tâches similaires. Le premier, encore néophyte, et le second, comme vidé de son suc, erraient piteusement, alors que seul Mnari s’échinait à cimenter un quelconque lien avec le compartiment offensif en cherchant la profondeur. Quant à Namouchi et Ben Saâda, appelés à animer les couloirs internes droit et gauche, avec à l’évidence une demande d’implication prononcée du premier dans l’orchestration offensive et de soutien tangible à l’avant de pointe pour le second, ils ont manqué de créativité et de percussion. Kasdaoui, pour sa part, habitué à faire d’incessants appels et à jouer un rôle de remiseur, il était pratiquement isolé. Pour tout dire, autant les joueurs opérant dans le championnat local ont semblé dépaysés, autant les «résidents à l’étranger» ont paru saturés et blasés. C’est tout un carcan à ébranler et à redynamiser. Wahid SMAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com