Bush attaque : «L’Iran est aussi dangereux qu’Al Qaïda»





Ahmadinejad réagit : «Vous n’êtes rien au regard de la volonté de Dieu» __________ Le président américain George W. Bush a élevé avant-hier l'Iran au niveau de menace aussi dangereuse qu'Al-Qaïda pour les Etats-Unis et affirmé la nécessité d'empêcher la République islamique de disposer à la fois des armes terroristes et nucléaires. Le Quotidien-Agences La Maison-Blanche a musclé une nouvelle offensive censée défendre son action contre le terrorisme et destinée surtout à justifier l'engagement américain en Irak, thème majeur des élections parlementaires du 7 novembre. Dans une nouvelle modulation du discours légitimant l'action américaine, Bush a mis sur le même plan l'extrémisme sunnite d'Al-Qaïda et l'extrémisme chiîte dont il accuse le régime iranien, et invoqué le danger d'une conjugaison des menaces terroriste et nucléaire. La différence entre extrémistes sunnites et chiîtes, "aussi dangereux" pour l'Amérique, c'est que les seconds ont pris le pouvoir en Iran, a dit Bush. Il a attaqué le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avec une virulence rarement atteinte: "L'Amérique ne s'inclinera pas devant les tyrans". "Comme Al-Qaïda et les extrémistes sunnites, le régime iranien a des objectifs clairs: il veut chasser l'Amérique de la région, détruire Israël et dominer le grand Proche-Orient", a ajouté Bush devant une association d'officiers. La Maison-Blanche a publié une actualisation de sa "Stratégie nationale pour combattre le terrorisme". "L'Iran reste l'Etat soutenant le plus activement le terrorisme international", dit le texte - l'un des outils de la campagne de communication de l'administration - qui accuse aussi la Syrie. Le document fait état d'une "corrélation potentielle très troublante" en Iran entre prolifération et terrorisme. Pourvus d'armes nucléaires, les terroristes pourraient "faire chanter le monde libre" et représenteraient "la plus grande menace à laquelle ce monde soit confronté", a dit Bush. "Les nations du monde libre ne permettront pas à l'Iran de produire l'arme nucléaire". * Solution diplomatique Il a cependant insisté sur la recherche d'une solution diplomatique. A Vienne, l'ambassadeur américain auprès de l'agence onusienne de non-prolifération, Gregory Schulte, a déclaré que le moment était venu d'imposer des sanctions à l'Iran après son refus de suspendre l'enrichissement d'uranium. Bush a de nouveau inscrit la mission irakienne dans la guerre globale contre le terrorisme. Face aux démocrates qui réclament un calendrier, il a refusé un retrait dans les conditions actuelles. Il a repris à son compte, en l'édulcorant, l'argumentaire qu'a récemment testé le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et qui a scandalisé les démocrates. Le monde n'a pas pris au sérieux les paroles de Lénine et de Hitler et "a payé un prix terrible (...) Ben Laden et ses alliés terroristes ont signifié leurs intentions aussi clairement que Lénine et Hitler avant eux. La question, c'est: prêterons-nous l'oreille?", a demandé Bush. "Même si l'Amérique est plus en sécurité, nous ne sommes pas encore en sécurité", souligne le document stratégique de la Maison-Blanche en affirmant la nécessité de s'adapter à un ennemi qui n'est plus le même qu'avant le 11 Septembre. Les démocrates ont rétorqué que l'administration livrait en Irak "la bataille primordiale au mauvais endroit et de la mauvaise manière". "L'Afghanistan glisse à nouveau vers le chaos, le Pakistan est à un coup d'Etat d'un Etat islamique doté d'armes nucléaires, l'Iran est plus proche d'un arsenal nucléaire et l'Irak est devenu un centre de recrutement pour le terrorisme", a dénoncé John Kerry. ____________________________________ Ahmadinejad réagit : «Vous n’êtes rien au regard de la volonté de Dieu» Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a réagi hier à la violente attaque verbale du président américain George W. Bush en affirmant que le président des Etats-Unis n'était "rien" au regard de la volonté de Dieu. Le Quotidien-Agences "Le président d'un des pays à qui j'ai envoyé une lettre a affirmé que je l'avais menacé en affirmant qu'il était dans son intérêt de répondre", a dit le président Ahmadinejad lors d'une conférence religieuse à Téhéran. "Le président Ahmadinejad a voulu répondre directement aux propos d'hier soir de Bush", a déclaré l'un de ses proches. "Je lui dis (à Bush): le monde entier vous menace car il prend le chemin de la religiosité et la divinité", a ajouté Ahmadinejad. "Ce flot va de l'avant et vous n'êtes rien au regard de la volonté de Dieu", a-t-il ajouté à l'adresse du président américain. Bush a attaqué la veille le président iranien avec une virulence rarement atteinte en déclarant que "l'Amérique ne s'inclinera pas devant les tyrans". Il a élevé l'Iran au niveau de menace aussi dangereuse qu'Al-Qaïda et affirmé la nécessité d'empêcher ce pays de disposer d'armes prohibées. "Si vous (Bush) croyez gouverner le monde depuis vos palais de verre, vous vous trompez", a répliqué Ahmadinejad lors d'une conférence tenue avant la célébration de l'anniversaire du 12e imam Mahdi de l'islam chiîte, samedi. "Si l'on vous dit quelque chose c'est pour le bien de votre propre prestige. Nous faisons cela pour que vous n'atteignez pas le point de non-retour", a-t-il poursuivi. "Le développement du monde se dirige vite vers (l'instauration) du gouvernement de l'islam pur". "Votre problème est que vous croyez pouvoir maintenir votre pouvoir en utilisant vos armes nucléaires et chimiques. Mais ce temps est révolu. Nous sommes à l'époque du dialogue et de la logique.", a ajouté le président iranien. "Nous n'acceptons plus l'injustice, le pillage et la domination des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne sur le monde", a dit encore Ahmadinejad. Répétant qu'il maintenait son offre de dialogue "non censuré" avec le président Bush, Ahmadinejad a déclaré que "ceux qui rejettent notre offre logique et raisonnable n'auront pas un sort heureux". Bras de fer Cette querelle verbale entre les deux présidents survient alors qu'un bras de fer oppose l'Iran à l'Occident, dont les Etats-Unis, au sujet de ses activités nucléaires sensibles. Téhéran refuse de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium, comme l'exige l'ONU. Une réunion entre le chef des négociateurs iraniens Ali Larijani, et le chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, prévue pour hier à Vienne pour tenter de trouver une solution, a été reportée. L'ambassadeur américain auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne, Gregory Schulte, a affirmé mardi que le temps était "venu" d'imposer des sanctions à l'Iran. ____________________________________________ Paris se démarque Le Quotidien-Agences La France a mis en garde hier contre une dérive vers une "guerre de civilisations" entre Occidentaux et monde musulman, se démarquant ainsi des déclarations du président américain George W. Bush qui a comparé le régime iranien à l'organisation terroriste Al-Qaïda. "On ne peut pas accepter une guerre de civilisations" entre un "bloc occidental" et un "bloc musulman", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy. "Le mal et le bien ne sont pas décrétés par des Occidentaux dans un pays donné ou dans un continent donné", a-t-il poursuivi. Douste-Blazy n'a pas cité directement le président américain, mais il a récusé une évolution "où l'on verrait d'un côté Ahmadinejad, le président iranien, expliquer qu'il faut mettre une croix sur Israël" et "de l'autre un certain nombre de personnes, éventuellement aux Etats-Unis, qui expliqueraient qu'il faut en découdre". Changement de cap : La Russie prête à examiner des sanctions économiques Le Quotidien-Agences La Russie va examiner la possibilité de sanctions économiques contre l'Iran, mais reste opposée à toute option militaire, a déclaré hier le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, cité par les agences russes depuis Le Cap, en Afrique du sud. "Nous devons déterminer si nous allons faire usage de cela car toute mesure de sanctions économiques doit correspondre à une réelle menace pour la sécurité internationale", a déclaré Lavrov cité par Itar-Tass et Ria Novosti. Lavrov semble ainsi avoir évolué après s'être implicitement opposé vendredi à des sanctions contre l'Iran. "Il faut chercher une issue dans un dialogue et non par la voie d'isolement et de sanctions", avait-il alors déclaré.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com