La France se prononce sur le dossier libanais : La médaille et son revers





Le Premier ministre français Dominique de Villepin a réaffirmé hier l'engagement de la France à agir pour éviter que le Liban ne redevienne un "champ de bataille pour les guerres des autres", lançant un appel à la Syrie et à l'Iran pour éviter une escalade dans la région. Le Quotidien-Agences S'exprimant devant les députés français à l'occasion d'une déclaration sur la situation au Proche-Orient, de Villepin a estimé que "le conflit pouvait reprendre à tout moment et compromettre le processus politique". "Or, nous ne pouvons accepter que ce pays serve une nouvelle fois de champ de bataille aux guerres des autres", a-t-il dit. Le chef du gouvernement a lancé un appel à l'Iran et à la Syrie, en assurant qu'il fallait "désormais placer les différents acteurs régionaux devant leurs responsabilités". "C'est bien la stabilité de l'ensemble de la région qui est en jeu", a-t-il estimé, y voyant "un risque véritable de contagion et de radicalisation". Selon lui, "agir au Liban, c'est se donner les moyens de prévenir un nouveau conflit régional et défendre les intérêts de la France". Sur le dossier du nucléaire iranien, le Premier ministre français a déclaré qu'il revenait "maintenant à l'Iran de prendre toutes ses responsabilités" et a rappelé que la communauté internationale privilégiait toujours "la voie du dialogue". Après son refus de suspendre toutes ses activités d'enrichissement d'uranium au 31 août comme l'avait exigé le Conseil de sécurité de l'Onu, l'Iran est théoriquement passible de sanctions. En ce qui concerne la Syrie, de Villepin a jugé "important qu'elle contribue à une application pleine et entière des résolutions 1559 (désarmement des milices au Liban), 1595 (enquête sur l'assasinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri) et 1701" (cessation des hostilités entre le Hezbollah et Israël) de l'Onu. * Différend A quatre jours de l'anniversaire des attentats du 11 septembre, de Villepin s'est démarqué du leitmotiv du président George W. Bush en réaffirmant que "contre le terrorisme, ce n'est pas une guerre qu'il faut engager". "Nous ne viendrons à bout de ce fléau qu'en luttant aussi contre l'injustice", a-t-il assuré. De Villepin a par ailleurs "salué" la levée du blocus israélien au Liban. Israël devait lever jeudi soir le blocus qu'il impose à ce pays depuis le 13 juillet après avoir reçu l'assurance qu'une force multinationale contrôlerait les accès maritimes et aériens libanais afin d'empêcher des livraisons d'armes au Hezbollah. Il a constaté que la relation entre la France et Israël demeurait "solide et confiante" et que le dialogue avec l'Etat hébreu était "constructif". Les députés de gauche et les centristes de l'UDF se sont félicités de l'action du gouvernement et du président Jacques Chirac pour la cessation des hostilités mais ont émis des réserves sur l'action de la diplomatie française. Ce débat ne faisait pas l'objet d'un vote. Le président du groupe socialiste (premier parti d'opposition), Jean-Marc Ayrault a notamment qualifié la proposition française de conférence internationale sur le Proche-Orient de "prématurée et irréaliste" et regretté "le refus de parler avec la Syrie". De Villepin a rappelé que la France avait annoncé une contribution de plus de 40 millions d'euros pour aider à la reconstruction du pays. La France est l'un des pays les plus impliqués sur les dossiers syrien et du nucléaire iranien. Au Liban sud, elle doit déployer au total 2.000 hommes au sein de la Finul élargie.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com