Les jeunes et le concept de la liberté : A consommer avec modération et responsabilité





L’homme primitif vivait sans aucune limite. Sa vie était anarchique et c’est la loi du plus fort qui régnait. La société, la culture, la religion, la politique et les convenances sont venues peaufiner la liberté de l’homme pour qu’il puisse avoir une cohabitation facile avec autrui. La définition de la liberté varie d’une personne à une autre. Il y a ceux qui la conçoivent en tant que liberté totale et sans limites. Il y a d’autres qui trouvent que la liberté de l’un prend fin là où commence celle de l’autre. Qu’en pensent les jeunes? Tunis - Le Quotidien Dès la petite enfance, on a besoin d’exprimer librement nos émotions et nos impulsions naturelles. La nature a donné à l’enfant le moyen de coordonner toutes ses potentialités et les orienter vers un but. Les parents sont redevables de veiller à ce que l’enfant ait la liberté de s’exprimer et d’agir. Au lieu de tout faire à sa place, il faut le laisser essayer de réaliser seul certaines choses. Au lieu de décider à sa place, il faut l’encourager à prendre seul ses décisions et à penser par lui-même. Cela va lui procurer un équilibre psychique. ?l incombe donc aux parents de faire en sorte que l’enfant s’exprime et s’épanouisse. Il faut tout simplement l’encourager à être spontané car la spontanéité chez un enfant, passe avant la discipline. Les petits se conduisent tout naturellement comme de petits sauvages, car ils sont à l’état brut. Ils ne peuvent pas passer du jour au lendemain de l’état de «nature» à celui d’un membre social. Pour ce faire, il faut commencer par implanter dans son esprit, un idéal stable à qui il s’identifiera et qu’il prendra pour guide et comme un moyen de contrôle. L’enfant se discipline et apprend à être poli en l’imitant. La discipline est une loi nécessaire dans la vie en société. Ceux qui préconisent la libre expression de tous les instincts et sans aucune maîtrise n’agissent pas en accord avec la nature, mais au contraire à l’opposé de ce qu’elle souhaite. La discipline ne met aucun obstacle à la liberté de la personne; elle lui est indispensable car la véritable liberté ne peut se concevoir sans discipline. Cela implique une maîtrise de soi et cela n’a rien à voir avec la répression. A bien observer le comportement des jeunes, l’on remarque qu’une partie d’entre-eux vivent presque en marge de la société. D’autres s’affranchissent des règles. Ils disent être libres... Bassem Saïd, étudiant, 21 ans, pense que la liberté est indispensable pour l’équilibre et le bien-être de la personne. Mais elle ne doit pas avoir lieu en dehors des lois et de la discipline d’une société. «La meilleure définition de la liberté à mon sens est celle qui dit que la liberté de l’un prend fin là où commence celle de l’autre. Ce n’est pas à la société toute entière de s’adapter aux exigences d’une personne. C’est plutôt à la personne d’adapter ses besoins selon la convenance sociale. Hélas un grand nombre de personnes dont essentiellement les jeunes, comprennent de travers le sens de la liberté. Ils violent les règles et s’affranchissent des règlements soi-disant parce qu’ils croient à la liberté individuelle. Si chacun de nous comprend la liberté de cette manière là, il peut donc se permettre à titre d’exemple de circuler totalement nu en pleine rue ! On ressemblera alors à des êtres barbares. La liberté est un comportement civilisé. Elle exige une reconnaissance des lois et des devoirs sinon on va vivre en marge de la société», dit-il. Sami Ben Abdessalem, 25 ans, étudiant, troisième cycle, pense que la liberté totale ne peut s’effectuer qu’au niveau des idées et de l’opinion. «Chacun est libre de penser ce qu’il veut et la différence des opinions ne doit jamais poser de problème dans la mesure où nul ne doit imposer son avis à son interlocuteur. Mis à part ce volet, je pense que la liberté ne peut pas être arbitraire. C’est d’ailleurs, une forme de barbarie que d’avoir un comportement qui va à l'encontre des convenances sociales. En outre, bon nombre de personnes se font un piercing, un tatouage ou adoptent des comportements qui ne sont pas reconnus par notre culture et nos traditions... Ils disent être libres. Or je pense que ce sont les personnes les moins libres dans la mesure où ils sont prisonniers d’une culture étrangère et influencés jusqu’à la moelle d’un mode de vie occidentalisé. Ils ont des comportements qui veulent traduire qu’ils rejettent la société. Or c’est la société qui les rejette», dit-il. Lamia, étudiante, 20 ans, dit que la liberté ne peut pas avoir une définition précise. La jeune fille croit que chacun est libre de nature tant qu’il se respecte et respecte les autres. «Nous vivons dans une société arabo-musulmane qui a ses lois, sa culture, sa religion et ses traditions. Nul ne peut prétendre rejeter tout cela parce qu’il croit à sa liberté. A mon sens ce sont ceux qui savent respecter les règles d’une société et qui arrivent à réussir qui sont les personnes les plus libres. Parce que le fait de marcher à contre-courant est plus facile que d’avoir une ligne de conduite irréprochable. Si l’on veut être libre, on doit être libre de choisir nos études, notre partenaire, notre manière de nous conduire. Cette liberté est une responsabilité parce que si on se trompe, on n’a personne d’autre à blâmer à part nous-mêmes», dit-elle. Emna Trabelsi, 19 ans, étudiante, dit que la signification de la liberté varie d’une personne à une autre. Pour elle, la liberté peut se résumer en un seul mot: la responsabilité. «On veut être libre? On doit d’abord être responsable et capable d’assumer cette liberté ! Certains disent avoir choisi d’être libres, ils ont un comportement qui sort du lot, ils s’habillent de manière ostentatoire ou bizarre, ils agissent contre les règles de la société et en contrepartie ils rechignent à être critiqués et refusent le regard suspicieux de la société. S’ils ont choisi d’être hors norme, ils doivent en assumer toutes les conséquences. Ils provoquent les autres et trouvent que nul n’a le droit de les juger... La liberté ne s’offre pas, elle se mérite . Elle doit être positive et limitée. Si l’on veut être libre, on doit d’abord être responsable», dit-elle. Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com