Après les menaces d’Al Qaïda : La peur règne sur l’Irak





Les chiîtes irakiens se rassemblaient en masse dans la ville sainte de Kerbala pour une cérémonie religieuse hier, jour de prière hebdomadaire pour les musulmans, au milieu de craintes d'attentats après les menaces proférées par le chef d'Al-Qaïda en Irak. Le Quotidien-Agences L’appel adressé par le chef d'Al-Qaïda en Irak, Abou Hamza al-Mouhajer, aux sunnites pour qu'ils se vengent des chiites, risque d'accroître les tensions communautaires à un moment où les violences confessionnelles font de plus en plus de victimes. Abou Hamza, qui a succédé à Abou Moussab Zarqaoui tué le 7 juin dans un raid américain en Irak, a appelé tout sunnite "à tuer au moins un Américain dans un délai ne dépassant pas 15 jours (...) et un rafidha", terme péjoratif désignant les chiites, dans un enregistrement audio mis en ligne avant-hier sur un site internet islamiste. "Tout sunnite libre dont le père, le frère ou un membre de la famille a été tué ou enlevé (...) par les rafidha (doit) en tuer un", a-t-il dit avant d'affirmer à l'adresse des chiites: "l'heure de votre châtiment est arrivée (...) Attendez-vous au pire". La dernière cérémonie religieuse chiite qui s'est déroulée le 20 août à Bagdad a été endeuillée par la mort de 20 pèlerins tandis que 300 autres ont été blessés dans des attaques séparées, dont la responsabilité a été attribuée aux takfiris (extrémistes sunnites). Les responsables irakiens et américains accusent Al-Qaïda de fomenter une guerre intercommunautaire en Irak entre sunnites et chiites. Chaque jour, des dizaines de corps, généralement de personnes tuées par balles, parfois étranglées ou décapitées, sont aussi découverts en Irak. Les enlèvements suivis d'exécutions sommaires, à caractère confessionnel, se sont multipliés en Irak, en particulier depuis la destruction d'un mausolée chiîte dans la ville sunnite de Samarra, le 22 février. Selon le ministère de la Santé, au moins 1.584 Irakiens ont été tués à Bagdad le mois dernier, soit 14% de moins qu'en juillet, contredisant les affirmations américaines selon lesquelles le plan de sécurité pour Bagdad, mis en place à la mi-juin, avait permis de réduire de moitié le nombre de morts. "La morgue de Bagdad a reçu les corps de 1.584 personnes au mois d'août, tuées dans des actes de violence" dans Bagdad et ses environs, a déclaré à l'AFP Hakim al-Zamily, directeur général du ministère de la Santé. Le nombre de tués en août a baissé de 14% par rapport à juillet, qui avait été le mois plus meurtrier à Bagdad depuis l'invasion américaine de 2003, avec 1.850 morts. En juin, 1.350 corps avaient été comptabilisés à la morgue. Un porte-parole de la coalition a précisé hier que les chiffres de l'armée américaine n'incluaient pas les personnes tuées dans des attentats suicide ou des tirs au mortier sur des zones civiles. Le bilan concerne "les meurtres essentiellement communautaires, quand quelqu'un est visé pour des motivations confessionnelles, comme dans les exécutions, et ne porte pas sur des incidents tels que les attaques à la voiture piégée ou au mortier", a dit à l'AFP le lieutenant-colonel Barry Johnson. Hier, cinq Irakiens ont été tués dans des attaques au nord et dans le centre de Bagdad, au lendemain d'une journée meurtrière qui a fait 44 victimes. Dans la capitale, trois passants ont été tués par l'explosion d'une bombe placée au bord de la route visant le convoi d'un officier de police, qui est sorti indemne. A Samarra (125 km plus au nord), un soldat a été tué et deux autres blessés lorsque leur patrouille a été attaquée par des hommes armés. A l'ouest de Kirkouk (250 km au nord de Bagdad), un chef tribal sunnite a été tué par quatre hommes armés à bord d'une voiture. D’autre part, un soldat américain a été tué hier dans l'explosion d'une bombe artisanale placée au bord de la route au sud de Bagdad, a indiqué l'armée américaine dans un communiqué, portant les pertes de la coalition à 20 morts depuis dimanche. Un soldat britannique a succombé à ses blessures reçues mardi lors d'un incident armé survenu dans la ville irakienne d'al-Qurna (sud de l'Irak), a annoncé hier le ministère britannique de la Défense.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com