Les événements du 11 septembre, 5 ans après





Chronique d’un quinquennat de braise 5 ans après les tragiques événements du 11 septembre 2001, l’Amérique donne toujours l’image d’un pays imbu de sa puissance et de plus en plus agressif. Une obstination à engager le processus du chaos partout qui fait craindre le pire dans un monde plus que jamais aux abois. Meurtrie dans sa chair, l’Amérique déclenchait, il y a cinq ans, l’une des plus grandes guerres de son histoire contre un ennemi atypique, furtif et imprévisible: le terrorisme. Une guerre d’un genre nouveau qui a provoqué un terrible séisme dont l’onde de choc s’est répercutée aux quatre coins de la planète et qui a généré des dégâts incommensurables. C’est l’Afghanistan, fief du réseau d’Al Qaïda considéré comme l’auteur présumé des terribles attentats du 11 septembre, qui a goutté le premier à l’offensive américaine tous azimuts contre les «forces du mal». Peu de temps après et à la faveur de l’émergence du concept nouveau et dangereux de la «guerre préventive», un pur produit de l’imagination débridée des illuminés néoconservateurs de l’Administration US, ce fut au tour de l’Irak de faire les frais de la vindicte américaine. La guerre menée contre le pays de l’Euphrate sous des prétextes fallacieux et des mobiles créés de toutes pièces a en fait sonné le glas de légalité internationale, en même temps qu’elle amorce un tournant décisif dans l’histoire mouvementée de l’humanité. Un tournant annonciateur d’un nouveau monde où règnent la loi de la jungle et le langage de la force. Les Etats-Unis ont-ils gagné leur guerre contre le terrorisme, cinq années après les événements du 11 septembre 2001? Telle est la question d’une brûlante actualité qui s’impose d’elle-même aujourd’hui avec insistance. La réalité sur le terrain tranche, à cet effet, avec les discours optimistes des responsables américains et montre de manière éclatante l’échec cuisant essuyé par Washington dans sa tentative désespérée de décapiter la nébuleuse terroriste. Les attentats perpétrés à Madrid, Londres, en Asie et dans d’autres contrées confirment d’ailleurs ce constat. Les derniers enregistrements vidéo diffusés par Al Qaïda -comble d’ironie- quelques jours avant le 5ème anniversaire des événements du 11 septembre livrent un message on ne peut plus clair à ce sujet et dont la teneur et la portée se passent de tout commentaire. Retour brutal à la case départ, donc, et un couac prévisible de la guerre US contre le terrorisme. Prévisible, car l’Administration américaine, s’accordent à dire à très juste titre les observateurs avertis, a multiplié dans ce registre les erreurs d’appréciation en faisant preuve d’une insoutenable légèreté dans le traitement de ce dossier. Première bourde monumentale commise par les responsables US: l’amalgame fait entre Islam et terrorisme et la diabolisation de la religion musulmane au point que tout musulman est devenu, aux yeux des Américains, un terroriste potentiel. Les dernières frasques verbales du président Bush qui a comparé l’islamisme au fascisme sont venues corser davantage la situation et creuser encore plus l’abîme qui sépare désormais l’Occident du monde arabo-musulman. Dans le même registre, Washington, qui a occulté les causes profondes du terrorisme et de l’extrémisme réactionnaire, aura été finalement victime de sa politique étrangère inique et injustifiable particulièrement à l’égard du monde arabo-musulman. Les vices cachés de cette politique se vérifient notamment au Liban et en Palestine où les mouvements de résistance à l’occupation sont rattachés, sans vergogne aucune, au phénomène du terrorisme. La position outrancière des Etats-Unis dans la tragique guerre contre le Liban a fini d’ailleurs par persuader même les plus sceptiques que les Etats-Unis s’obstinent à engager le processus du chaos partout dans le monde, non point au prétendu motif de lutter contre le terrorisme, mais bel et bien pour servir des intérêts bassement hégémoniques. De là à déduire que Washington a instrumentalisé sa guerre contre le terrorisme pour concrétiser des objectifs stratégiques, il n’y a qu’un pas que de nombreux observateurs avertis n’ont pas hésité à franchir. Ne nous étonnons d’ailleurs pas outre mesure dans ces conditions si, cinq années après les événements du 11 septembre, le monde se porte encore plus mal et les perspectives ne s’annoncent pas de tout repos et pour cause… Au terrorisme qui n’a rien perdu de sa sinistre superbe pour ne pas dire qu’il gagne du poil de la bête, vient s’ajouter l’obstination morbide de Washington de régler la marche du monde à coup de tatane et à la pointe de la baillonnette. Une fuite en avant qui fait craindre le pire et qui se vérifie à travers la menace étasunienne pesant sur les réfractaires au nouvel ordre mondial version US et particulièrement, dans l’immédiat l'Iran et la Syrie. Pour tout dire, le 11 septembre 2001 a ouvert pour l’ensemble de l’humanité une boîte de Pandore qui n’a pas encore révélé toutes ses horreurs, ses aberrations et ses sinistres secrets… Chokri BACCOUCHE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com