Nucléaire et Proche-Orient : Le double défi de Rice en Asie du Sud-Est





Le Quotidien-Agences La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, arrivée hier en Asie du Sud-Est, a pour double défi de défendre sa politique au Proche-Orient, face à des partenaires peu convaincus, tout en tentant de trouver une improbable issue à la crise nord-coréenne. Rice s'est entretenue, dans l'après-midi avec les dix de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) qui ont fermement condamné l'offensive israélienne au Proche-Orient. Ces rencontres interviennent au lendemain de l'échec de la conférence internationale de Rome qui n'est pas parvenue à réclamer un cessez-le-feu immédiat dans le conflit du Liban, les Etats-Unis résistant fermement aux pressions de la plupart de leurs partenaires. Adoptant un ton inhabituellement ferme, l'Asean a fermement condamné mardi l'offensive de l'Etat hébreu en réclamant un cessez-le-feu immédiat. Le club des Dix avait fustigé le "châtiment collectif" infligé au Liban et "l'excès des représailles militaires" israéliennes. Mercredi, au lendemain de la mort au Liban des quatre observateurs de l'Onu tués dans un bombardement israélien, les chefs de la diplomatie d'Asie du Sud-Est ont dénoncé un raid "apparemment délibéré". Rice prendra part aujourd'hui au Forum régional de l'Asean (ARF), une plateforme de dialogue sur la sécurité en Asie qui rassemble les dix de l'Asean et quinze puissances amies dont la Russie, l'Union européenne et les Etats-Unis. Les ambitions nucléaires de la Corée du Nord focaliseront également l'attention des participants de l'ARF qui réunira exceptionnellement les six pays (Etats-Unis, deux Corée, Chine, Japon et Russie) impliqués dans les pourparlers qui tentent en vain depuis près de trois ans de convaincre le régime communiste d'abandonner ses programmes nucléaires. Les discussions sont au point mort depuis novembre et, quelques heures après l'arrivée de Mme Rice, un porte-parole de la délégation nord-coréenne a douché les maigres espoirs de pourparlers en marge de l'ARF. "Il ne peut y avoir de pourparlers à six", a déclaré Chung Sung-il peu après l'arrivée du ministre nord-coréen des Affaires étrangères Paek Nam-Sun. "Comme nous l'avons déjà dit, les Etats-Unis doivent d'abord lever leurs sanctions financières contre nous... s'ils veulent voir les pourparlers à six reprendre rapidement", a-t-il dit. Rice n'avait pas caché son scepticisme sur la possibilité de nouvelles discussions à six. "(...) je n'anticipe aucune tenue de pourparlers à six", a-t-elle déclaré à des journalistes, tandis que se déroulaient un intense ballet diplomatique et les efforts conjugués de la Chine, de la Corée du Sud et du Japon. Pyongyang s'est tout récemment lancé dans une nouvelle surenchère verbale en qualifiant récemment Rice "d'imbécile politique". Autre motif de craintes pour la secrétaire américaine: la présence inattendue et informelle du ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, qui ne fait pas pourtant pas officiellement partie des invités. "Il est venu pour discuter du Proche-Orient", a indiqué une source diplomatique familière de ses déplacements.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com