Nour M’hanna à Carthage : 1 minute de silence pour le Liban et 2 heures de pur plaisir …





La première soirée qu’a organisée Rotana cet été de 2006 à l’amphithéâtre de Carthage porte l’empreinte d’un Nour M’hanna en pleine forme. Estampillée surtout avec une pensée au Liban. Le concert du 28 juillet a été tout au début ventilé sur deux parties qu’allaient assurer Amal Hijazi et Nour M’hanna. Mais avec l’actualité brûlante et accablante au Liban, les choses ont vite changé. “Amal Hijazi ne viendra pas. Je viens de l’avoir au téléphone et elle s’est excusée. Car elle est pour le moment isolée dans son village au Liban. Il lui est impossible donc de pouvoir bouger puisque routes et ponts ont été bombardés et les gens de son patelin sont totalement coupés du monde”, nous a dit il y a quatre jours le directeur du Festival international de Carthage 2006. Et de nous confirmer que : “la soirée sera seulement signée par Nour M’hanna”. Entre-temps, des rumeurs ont grandement circulé dans la cité : “Olfa Ben Romdhane (l’enfant de Rotana) va remplacer la star libanaise”. D’autres murmures nous sont arrivés : “Notre Olfa nationale ne sera pas de la partie, malgré les spots et les négociations. Il paraît que le cachet de Rotana pour Olfa frise l’humiliation. Une chose qu’elle n’a, bien sûr, pas accepté”. Et la vérité n’est pas sur le bout de toutes ces langues. Mais elle a été défrichée et dans tous les détails avant-hier soir sur la scène punique. Il est 22 heures passées. Sur scène, l’orchestre a déjà pris place. Les gens de Rotana (toute une ruée d’hommes et de femmes en noir) s’affairaient dans tous les sens et il y a de quoi. Car la chaîne privée de télévision libanaise-privée cette année de pas mal d’enregistrements sur sa terre du pays du Cèdre (Baâlbak) et en Jordanie où tous les concerts prévus à Jarach ont été annulés -, va passer et en direct le concert de Nour M’hanna. Du côté du public, on commence à s’ennuyer. Soudain, une coquette présentatrice fait son entrée. Royale. Farah s’adresse au public avec son accent d’origine, bien de chez nous et nous met dans le bain. Et la soirée promet avec la voix d’or et toutes les pépites de charqui. Un crépitement d’applaudissements a enveloppé les airs dès que Nour M’hanna a mis les pieds sur le tapis rouge qu’a déroulé Rotana pour sa majesté. L’artiste, qui a accaparé l’an dernier toute la soirée rien que pour lui, en bousculant Pascale Mechaâlani dans sa partie, était magnifique. Et pour cause : il a appelé ses fans à se lever pour une minute de silence. C’était une pensée pour le Liban. La Palestine était aussi au cœur de ses perles qu’il a égrénées avec enthousiasme, l’une après l’autre Et comme mise en bouche, Nour M’hanna a tiré de notre patrimoine musical “Yamma Ya Ghalia”. Le public qui a savouré la première chanson Allelha Enthadrini, a répété en chœur les refrains locaux. Avec Zaman, un succès de M’hanna, la soirée a démarré en connotation de joie. Ont suivi les mawawils et les qoudoud al halabia. Belmaârouf, ya malak, wahachteni, waddaâni ya lil ... se sont succédé suaves et fluides à mettre le public en transe sur les gradins. De temps à autre, des “youyous” résonnent et les femmes d’exprimer leur joie. Pour cette interprétation divine, cette voix sublime et les paroles qui ont mis leurs rimes aux pieds de Nour M’hanna. La nouveauté de Carthage : c’est laqitek fin ... konna ethnin. Puis d’enchaîner avec Thamratoul Houbbi Esquiniha ... Rabbatou Alwajhi Assabouhi et tout le tarab avec. Sans oublier la fameuse Da Moustahil d’Essett (Oum Khalthoum). Avec Nour M’hanna, qui était ce soir-là à Carthage aux anges avec un public déjà acquis et il l’a dans la poche, nous avons passé des moments inoubliables. Il nous a charmés avec son talent et son don de voix. Il nous a chanté les amours et les chagrins, l’embrasement et l’éloignement. Merci l’artiste! Zohra Abid _______________________ Ici Carthage sous les ondes de Rotana Alors qu’on était encore dehors vers le coup de 21 heures et quelques devant une série de barrages de sécurité, une grosse bagnole de type Mercedes et d’un gris argenté a débarqué. Dedans, un Nour M’hannaa tiré à quatre épingles. Dès l’ouverture des portières, son parfum a rempli l’air de Carthage. Il était très bien escorté avec des hommes en uniforme noire et une femme blonde, tout en vert militaire vêtue. La star du 28 juillet s’est vite éclipsée derrière les portes en fer forgé, laissant chahuter plusieurs gens en parler tunisien et en accent libanais. La petite dame, avec sa tenue de presque combat, et ses potes se sont chargés de quelques retouches. Et le cortège du BCBG de Rotana de défiler heureux ne laissant personne de marbre. Le marbre, on le connaît, c’est Nabil Basti. En temps normal, on entendait à peine sa douce voix. Face à l’entêtement de quelques fillettes engagées corps et âme pour Rotana et ne portant ni badge ni identification aucune, le public a eu droit à un autre spectacle haut en paroles et autres échanges indignes de Carthage et ses locataires. Ce n’était pas joli ni à voir ni à écouter. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com