Les jeunes et la conduite : La mort aux trousses… en toute conscience





Les accidents de la route ne cessent d’augmenter. Plusieurs victimes trouvent la mort suite aux violations du code de la route. D’autres se retrouvent avec un handicap. Plusieurs vies humaines sont sacrifiées pour un infirme et éphémère moment de... sensation forte... Les jeunes sont les premiers concernés par la mauvaise conduite au volant. Ils sont aussi les premières victimes de cette fureur...Les jeunes au volant, sont-ils raisonnables ou sont-ils au contraire prêts à tous les dépassements ? Pourquoi ? Que cherchent-ils à prouver ? Tunis-Le Quotidien Les jeunes et essentiellement les adolescents se caractérisent par l’esprit de l’aventure et l’amour du risque. Pour se démarquer par rapport à l’âge de l’enfance défini à travers la dépendance et par rapport à l’âge adulte strict et rigide, les jeunes gens recherchent quasiment toujours de nouvelles sensations, et les plus rudes qu’elles soient. Ils choisissent le coin le plus malaisé à atteindre. Ils cherchent délibérément les situations les moins commodes et les difficultés les plus dures pour les surmonter. Comme un oisillon qui bat des ailes pour se lancer et voler de ses propres ailes, les jeunes rêvent de voler même à bord d’une machine conçue pour rouler sur terre. Durant la saison estivale, nombre de jeunes gens font des escapades nocturnes pour pouvoir se divertir et se sentir responsables de leur propre sort. Certains autres piquent les clés de voiture de leurs parents et proches et se lancent dans l’aventure. Démarrage américain, ronronnement des moteurs, dérapage volontaire et excès de vitesse... Ces jeunes gens se mettent dans la peau du légendaire James Dean dans sa fureur de vivre... Un personnage qui avait comme caractéristique essentielle, la révolte et la rébellion. Il appuyait à fond sur le champignon pour relever le défi et le challenge... Toutefois, si c’est «Jimmy» qu’ils prennent en exemple il faudrait rappeler que à peine 23 ans, James trouva la mort au volant même de sa Porche par la cause de sa fureur de vivre... Est-ce ce même sort que cherchent les jeunes gens ? Imed Smad, 18 ans, n’a pas encore son permis de conduire. A priori, cela devrait lui interdire de toucher le volant. Ce n'est pas le cas ! «Conduire une voiture, ne nécessite pas obligatoirement, à mon sens, l’obtention d’un permis. Ce n’est qu’une formalité. Il suffit juste de savoir conduire et c’est le cas pour moi. Dès que mes parents ont le dos tourné, je pique les clés et je me lance dans l’aventure. Je ramasse mes amis de chez eux et j’appuie à fond la caisse. La sensation que me procure la conduite à grande vitesse est indéfinissable... J’ai l’impression que je vole, que je maîtrise le jeu et que je me débarrasse de toute l’anxiété et les craintes qui sont en moi. Lorsque mes parents se rendent compte, j’ai droit à un réel sermon. Ils me font une leçon de morale sur la vie, la mort, les dangers du risque que j’encours... Le problème, c’est que je suis bien conscient du risque que je suis en train de courir et qu’il suffit d’un coup de volant pour que je mette ma vie en péril... Je le sais, mais la tentation est trop forte et bon sang j’adore prendre des risques !», dit-il. Conscient ? Imed prétend l’être, mais ses actes démontrent le contraire tout comme Wissem Hleli, 18 ans, qui collectionne les cascades aussi à la recherche de fortes sensations... «Je n’ai pas un permis de conduire. Ce n’est pas ça qui va m’empêcher de prendre le volant ! Je suis un vrai cascadeur. Toutefois, je ne roule vite que lorsque je conduis une moto et je ne le fais qu’après avoir porté un casque. Par contre, lorsque je pique la voiture de mes parents, je fais en sorte de ne pas appuyer à fond sur le champignon. Je ne suis pas prêt à mettre ma vie en danger. Certes, je cours un risque en conduisant sans permis, mais je ne vois pas jusqu’à m’offrir à la mort ! Cependant, la conduite me permet de me sentir libre... J’ai l’impression que je contrôle la situation, que je suis le maître et que je relève un défi»? dit-il. Amine, 18 ans, a une nature très curieuse. Le jeune homme veut tout essayer et plus le risque s’avère être grand, plus il se sent excité à l’idée de «challenger». «Je n’ai pas un permis de conduire et je conduis pourtant. Pourquoi ? Je ne saurai pas répondre, mais tout ce que je peux dire, c'est que j’adore conduire, j’aime rouler à grande vitesse, faire des cascades et dépasser tous les autres véhicules. Cela me procure un énorme plaisir et mes amis m’encouragent à appuyer à fond sur l’accélérateur. C’est peut être une folie de ma part, mais dès que je me mets à courir, je ne pense plus à rien, je me sens comme dans une autre dimension. Conduire à haute vitesse est... sensationnel !», dit-il. Aymen Nasri, 21 ans, n’a pas encore son permis de conduire non plus. Et comme tous les autres, il conduit ! «Conduire une voiture à grande vitesse et faire des cascades riment avec sensations. C’est mon plus grand hobby. Cela me permet de destresser, de me divertir et de me sentir le seul maître de la situation. C’est comme si j’étais en train de jouer avec l’ange de la mort et c’est comme si je défiais tous les obstacles. En outre, tu vois les regards épatés de tous les conducteurs que tu arrives à dépasser sans trop de peine... C’est une grande satisfaction que me procure la conduite surtout lorsque je fais de la vitesse», dit-il. Les jeunes gens semblent unanimes quant au plaisir que leur procure la conduite et les excès de vitesse. Pour eux, le fait de s’exposer à un danger mortel, n’est qu’un jeu ! N’est-il pas désolant de mettre fin à sa vie et d’exposer la vie des autres à un sort aussi tragique juste pour un petit instant de plaisir... Ils ont certes l’impression de jouer mais la vie humaine est loin d’être un jeu ! Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com