Selon le soldat accusé de viol En Irak «tuer c’est comme écraser une fourmi»





Le Quotidien-Agences Le jeune soldat américain, Steven Green, principal suspect dans le viol et le meurtre d'une Irakienne de 15 ans dans le sud de Bagdad, déclarait avant ces actes qu'en Irak «tuer des gens revient à écraser une fourmi», selon le témoignage d'un correspondant de guerre publié dans le Washington Post dimanche. «Tuer des gens par ici, c'est comme écraser une fourmi. Je veux dire, tu tues quelqu'un et voilà tu dis "bon, allons chercher une pizza" », aurait déclaré Green, à ce correspondant de guerre, un mois avant les faits survenus en mars, pour lui décrire la situation à Mahmoudiyah. «J'ai tiré sur un type qui ne s'arrêtait pas à un poste de contrôle et c'était comme si de rien n'était», aurait-il expliqué. «Je pensais que tuer quelqu'un serait une expérience qui change la vie. Alors je l'ai fait et c'était comme "bon, et alors"», a-t-il ajouté haussant les épaules, selon ce témoignage. Steven Green, 21 ans, est accusé d'avoir violé une jeune irakienne puis de l'avoir tuée ainsi que trois membres de sa famille dont une fillette d'environ cinq ans en mars à Mahmoudiyah, à une trentaine de kilomètres au sud de Bagdad. Il est inculpé de viol et de meurtres. Un mois avant ces faits, un correspondant de guerre pour un journal militaire, Andrew Tilghman, l'a rencontré au sein au sein du bataillon du 502e régiment d'infanterie de la 101e division aéroportée. En février, il a eu plusieurs conversations avec lui, qui aujourd'hui à la lumière des faits, lui apparaissent «effrayantes», raconte-t-il dans le Washington Post. A l'époque, Green, en Irak depuis quatre mois, lui avait donné l'impression d'être juste un «gosse au franc parler», ‘‘habitué à la violence et aux tueries» et particulièrement traumatisé par la mort en décembre de son sergent, tué d'une balle dans la gorge. Son bataillon perdait à l'époque un soldat par semaine. «Je suis là pour un an et j'y peux rien. Je veux juste rentrer en vie. J'en ai rien à faire de l'Irak. Je m'en fous», disait Green ajoutant: «cette guerre est différente de celles qu'ont faites nos pères et nos grand-pères». C'étaient des guerres menées pour quelque chose. Celle-ci est menée pour rien. _______________________________ 27 employés de la Chambre de commerce irako-américaine enlevés, 5 tués Douze employés de la Chambre de commerce irako-américaine ont été enlevés hier à Bagdad alors que cinq personnes sont mortes dans des attaques dans le pays. Le Quotidien-Agences "J'ai vu des voitures de la police sans plaque d'immatriculation s'arrêter devant l'immeuble. Ils ont séparé les hommes et les femmes et sont partis avec tous les hommes: des employés, des gardes de sécurité ainsi que le manager de la Chambre", a affirmé un témoin du rapt survenu vers midi dans le quartier Al-Arasat du centre de Bagdad. Selon le ministère de l'Intérieur, les hommes qui portaient des uniformes de la police nationale sont arrivés à bord d'une quinzaine de voitures militaires et ont enlevé 12 personnes sans tirer de coup de feu. La Chambre de commerce Irako-américaine a été créée en mai 2003 par des hommes d'affaires irakiens en exil désireux de voir les relations commerciales entre leur pays et les Etats-Unis reprendre à la fin de l'embargo, selon son site internet. La Chambre, qui emploie 60 personnes à Bagdad, a également des bureaux à Los Angeles, Amman (Jordanie) et Erbil (350 km au nord de Bagdad dans la région kurde). A ce titre, même si toutes les personnes enlevées sont irakiennes, selon les premiers éléments de la police, la chambre de commerce pourrait être considérée comme une cible américaine ou pro-américaine par des groupes armés anti-américains. Les enlèvements par des hommes portant des uniformes officiels sont devenus monnaie courante en Irak. Le ministre de l'Intérieur a affirmé à plusieurs reprises depuis le mois de juin qu'il voulait résoudre ce problème en créant de nouvelles cartes de police et de nouveaux uniformes. Si certains enlèvements sont crapuleux, beaucoup sont l'œuvre d'escadrons de la mort qui exécutent ensuite leurs victimes et abandonnent ensuite leurs corps. * Attaques Les attaques à travers le pays ont, par ailleurs, fait cinq morts hier. A Bagdad, trois personnes ont été assassinées par des hommes armés. Deux ouvriers qui travaillaient dans le centre de Bagdad ont été tués par des hommes armés alors que deux autres ouvriers ont été blessés, a-t-on appris de source hospitalière. Le général de brigade, Fakhri Jamil, du service de renseignement du gouvernement a été abattu alors qu'il circulait dans sa voiture à Yarmuk, un quartier à l'ouest de Bagdad, selon la police. Un policier et un civil ont été blessés lors de l'explosion d'une voiture piégée à Waziriyah dans l'ouest de Baghdad. Quatre corps, dont ceux d'un fonctionnaire du ministère du pétrole et d'un garde d'une école, ont été retrouvés par la police dans Bagdad et sa région. A Hillah, un policier a été tué et deux autres blessés lors de l'explosion d'une bombe artisanale au passage d'une patrouille alors qu'une patrouille américaine a également été visée par un engin dans la même région, blessant deux GI's. Des hommes armés ont abattu un employé de l'administration des biens sunnites, Bassim Abdulhamid, alors qu'il sortait de son domicile à Amara (365 km du Bagdad), une ville à majorité chiîte.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com