TennisMoncef Hadidane (Pdt les Trières de Nabeul) : «On exige trop des clubs»





L’organisation d’un tournoi international comme celui des Trières de Nabeul dont on a baissé le rideau lundi dernier n’est assurément pas une opération financièrement juteuse comme l’imaginent certains. Au contraire, elle amène un petit déficit heureusement compensé par la réussite sportive et populaire. Moncef Hadidane, président du club les Trières de Nabeul, dresse le bilan de ce tournoi et fait un tour d’horizon de la vie d’une parmi ces nombreuses associations condamnées à jongler sans arrêt afin de survivre. * Que représente le XVIIème tournoi international dans la vie de votre club ? - Depuis mon accession à la présidence des Trières de Nabeul, c’est incontestablement le plus important événement que je vis là. La finalité est claire : faire profiter les tennismen de Nabeul au contact des meilleurs joueurs du pays. La présence assidue des parents peut, elle aussi, aider à mieux faire connaître cette discipline et à l’ancrer dans les mœurs sportives de la ville. Je dois rappeler que notre club a adopté le centre de promotion et que nous consentons de gros efforts pour améliorer l’infrastructure et la consolider en entretenant les quatre courts du club et en les protégeant contre la menace permanente de la mer puisque notre club se trouve sur le bord de la mer. * Quatre courts pour un club de l’envergure des Trières de Nabeul, n’est-ce pas dérisoire ? - Oui, cela nous pose beaucoup de difficultés pour gérer une activité sportive impliquant près de 150 pratiquants sur la longueur d’une année. Nous avons présenté une demande aux autorités locales et régionales afin de nous permettre d’exploiter le vaste espace se trouvant juste en face du club. Ce lot de terrain peut nous permettre de construire quatre nouveaux courts. Une réunion a eu lieu avec M. le premier délégué qui accorde, lui et M. le gouverneur, un grand intérêt à la question. Une telle acquisition doit permettre au club les Trières de Nabeul de réaliser un grand saut qualitatif et d’organiser dans l’avenir des tournois internationaux. * En attendant, avec un petit budget, vous continuez de jongler afin d’assurer une existence paisible au TN... - Nous avons œuvré à protéger les courts contre l’érosion maritime. Nous avons également assuré l’éclairage de trois courts et au dernier tournoi, conclu lundi dernier, on a pu jouer normalement en nocturne. Nous devons aussi refaire les terrains tous les trois ou quatre ans, la surface en terre battue exigeant ce genre de travaux. * Pourtant, sur le plan technique, le TN a eu rarement l’occasion de s’illustrer ? - Nous sommes conscients de l’exiguïté des moyens dont nous disposons. Nous appliquons dès lors la politique de nos moyens. Nous avons mis cette année à la disposition de nos adhérents quatre entraîneurs dont deux de deuxième degré. Un président de club veut toujours faire davantage pour son association et n’est jamais satisfait. Malgré tous, nos résultats ne sont guère ridicules. Loin s’en faut. Olfa Dhaoui, la jeune championne arabe et d’Afrique, reste une de nos fiertés même si elle n’a pas pu défendre ses chances au dernier tournoi du TN puisqu’elle était blessée. Nous avons remporté deux titres au dernier tournoi organisé par le TMC Kélibia. A notre tournoi, j’ai senti une certaine crispation car nos joueurs ont voulu trop bien faire. De plus, le tirage au sort leur a été défavorable. Mais il faut regarder loin devant et se dire que le tennis est très exigeant en ce sens que la naissance d’un champion exige des efforts soutenus sur presque quinze ans. Beaucoup de temps, de la patience et un long souffle sont nécessaires pour atteindre la haute performance. * Comment parvenez-vous à joindre les deux bouts, surtout que les subventions qui vous reviennent sont presque symboliques ? - Nous comptons essentiellement sur les cotisations annuelles des adhérents dont nous avons revu, cette année, le montant à la baisse pour les nouveaux adhérents. Nos sponsors que nous remercions nous apportent mille dinars par an. Nous recevons un millier de dinars de la municipalité et un millier de la société promosport. Le tennis, en tant que sport ciblé, a besoin d’être encouragé et soutenu. J’invite les autorités locales et régionales à réfléchir sur le meilleur moyen de venir en aide à ce sport. De son côté, la fédération doit servir de locomotive. On demande trop aux clubs et on prétend un peu trop de leur part sans qu’ils aient réellement les moyens de tirer régulièrement vers le haut. Propos recueillis par S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com