Siniora éclate en sanglots devant les ministres arabes : «Aidez-nous»





Le Premier ministre libanais Fouad Siniora a éclaté en sanglots hier à Beyrouth en demandant l'aide des pays arabes pour obtenir du Conseil de sécurité de l'Onu un règlement respectant la souveraineté et la stabilité du Liban. Le Quotidien-Agences "Nous demandons que soit adoptée aujourd'hui une position arabe, nette et unifiée, en vue d'obtenir une modification du (projet de résolution franco-américain) présenté au Conseil de sécurité afin de permettre un règlement durable respectant la souveraineté et la stabilité du Liban", a dit le chef du gouvernement libanais, bouleversé. En costume bleu, la voix posée, lisant son texte, devant les ministres arabes des Affaires étrangères regroupés autour du secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, il n'a pu contenir son émotion en demandant leur aide pour obtenir un "cessez-le-feu immédiat et inconditionnel suivi d'un retrait rapide de l'armée israélienne et le déploiement jusqu'à la frontière des soldats libanais, épaulés par un contingent renforcé des Casques bleus de l'Onu au Liban sud. Fouad Siniora a réitéré les sept points de son plan global de règlement du conflit frontalier avec l'Etat hébreu, soulignant qu'une partie de "ce programme ne plait pas naturellement à Israël". "L'arabité du Liban n'est pas à mettre en doute", a-t-il dit, la voix étouffée par les sanglots et sous les applaudissements des chefs de la diplomatie arabes. Il s'était une première fois mis à sangloter en disant: "Nous devons faire notre possible pour que le Liban ne soit plus un exutoire pour Israël et d'autres". Peu après, Siniora a affirmé avoir obtenu un soutien arabe total à son plan. * Bilan lourd La voix brisée, il a fait état d'un millier de morts, dont un tiers d'enfants de moins de 12 ans, de milliers de blessés, et d'un million de déplacés. Son discours a été accueilli par une ovation des ministres, qui se sont tous levés. "Nous ne sommes pas satisfaits du projet de résolution en cours de discussion à l'Onu (...) et votre appui est un droit et un devoir. La sécurité arabe est une et indivisible et l'avenir arabe est un et indissociable", a-t-il averti. Cet homme de 63 ans, qui a surtout fréquenté le monde des finances et a passé une grande partie de sa vie professionnelle à l'ombre de l'ex-Premier ministre assassiné Rafic Hariri, a prévenu les "grandes puissances" que les résolutions internationales doivent "respecter l'indépendance et la souveraineté" du Liban. _________________________________ Selon Moussa : Consultations pour la tenue d'un sommet arabe extraordinaire Beyrouth-Agences Les ministres arabes des Affaires étrangères, réunis hier à Beyrouth, vont tenir des consultations en vue de la tenue d'un sommet arabe extraordinaire, a indiqué à la presse le secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa. "L'idée de la tenue d'un sommet arabe est dans l'air. Nous allons en parler au cours de la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères", a-t-il dit. Selon le quotidien libanais As-Safir, ce sommet extraordinaire se tiendrait à La Mecque en Arabie saoudite, dans les prochains jours. A ce sujet, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a déclaré qu'il souhaitait qu'un tel sommet prenne des mesures concrètes pour soutenir la "résistance libanaise”. "Nous sommes pour toute réunion arabe visant à soutenir la résistance libanaise. Les Arabes devraient prendre des mesures concrètes et user de leur influence pour assurer ce soutien et la réunion ministérielle arabe devrait décider de telles mesures afin de les proposer aux chefs d'Etat arabes", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. En cas d'introduction d'un sujet urgent au calendrier arabe, les ministres arabes des Affaires étrangères sont habilités à soumettre leurs propositions au président en exercice de la Ligue arabe, en l'occurrence le chef de l'Etat soudanais, Omar al-Béchir. _________________________________ Assad : Pour une décision qui fasse l’unanimité au Liban Le Quotidien-Agences Le président syrien Bachar al-Assad a affirmé qu'il soutenait "toute décision" faisant "l'unanimité" au Liban pour mettre fin aux combats entre Israël et le Hezbollah, lors d'un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, rapporte lundi la presse locale. Les deux hommes ont examiné "les derniers contacts en cours visant à arrêter l'agression israélienne contre le Liban", selon les journaux gouvernementaux. Assad a affirmé que son pays "soutenait tout ce que les Libanais décideront" pour mettre fin au conflit entre Israël et le parti chiite Hezbollah. "Toute décision qui ne fera pas l'unanimité au Liban compliquera les choses et augmentera les troubles", a-t-il affirmé. Le président Assad a ajouté que "certaines forces (au Liban) tentent de réaliser des gains politiques au profit d'Israël, qui n'a pas été à même de les réaliser par la guerre", selon les journaux. _________________________________ M. Abdelwaheb Abdallah conduit la délégation tunisienne Le Caire-TAP La Tunisie a participé à la réunion d’urgence du Conseil ministériel des Affaires étrangères de la Ligue des Etats arabes qui s’est tenue hier à Beyrouth avec une délégation conduite par M. Abdewaheb Abdallah, ministre des Affaires étrangères. La délégation tunisienne a embarqué hier matin de l’aéroport du Caire à bord d’un avion militaire en vue de prendre part aux travaux de cette réunion à laquelle ont été conviés tous les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de la Ligue arabe. La réunion a examiné les développements de la situation au Liban frère.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com