Saber Rebaï à Carthage : Un accroche-cœurs…





Saber Rebaï avait avant-hier soir du mal à quitter la scène de Carthage et ses fans. Le public aussi était accroché à sa star. Et il y a de quoi... Il s’agit de la première soirée de l’été 2006 qu’on peut qualifier de réussie. Quand on s’appelle Saber Rebaï, il n’y a rien à dire de moche. Là où Monsieur se déplace, son public le suit et avec quel bonheur. Avant-hier et dès l’orée de l’après-midi, les guichets de tous les points de vente ont affiché complets. D’après quelques échos en provenance du bureau de l’organisation du festival de Carthage, sept mille cinq cents billets ont été vendus. Les retardataires ont eu tout de même un droit d’entrée grâce à ces ventes au noir. Mais pour les beaux yeux de notre Saber Rebaï, on peut se permettre les quelques petits extra-budgétaires. Surtout que ça n’arrive pas tous les jours. Il y a aussi les autres. Ce sont les amis des amis de nos amis ou les secrétaires d’un tel ou un tel accompagnées de leur tribu de quartier, ayant le privilège d’être invitées et de profiter pleinement de la gratuité. Tout ce beau monde de 12 ou 13 mille âmes ou plus a rempli très tôt notre amphithéâtre carthaginois. Aucune place de vide. Tout le monde debout. Les uns bousculent les autres et il n’y a même pas ou mettre une épingle. Virage en épingle à cheveux et voilà nos journalistes empêchés d’entrer. Ils étaient malmenés et traités comme des moins que rien. A moins un, ils avaient l’intention de laisser tomber la couverture et de rentrer. Sauf que Abderrahmane Bannani s’est déplacé en personne pour calmer les jeux et intervenir en faveur de ces journalistes en mal de respect. Une fois dedans, dans l’allée, on s’adosse contre le mur (des barreaux verts) et on tend l’oreille pour au moins écouter Saber Rebaï, le magnifique sans toutefois le voir. Du côté de la scène, un Saber Rebaï au sommet de son art. Il était à l’aise. Bien à l’aise devant ce public qu’il chérit. Un public qu’il connaît comme sa poche. Avec ses points faibles et autres forts pour lui consacrer près d’une vingtaine de ses succès. C’est avec sa chanson fétiche de Sidi Mansour que Saber Rebaï a ouvert son concert. Bibassata a suivi. Puis Ezzelhabayeb. Et c’est parti. Avec ce pot-pourri qui a fait la grandeur de Saber. Notamment avec Athadda Al âlam, chanté en arabe tunisien mais aussi en français sur un texte de Hatem Belhaj. Devant ce public (déjà acquis), Saber était aux anges et a donné le meilleur de lui-même, égrenant des chants connus mais aussi quelques autres titres nouveaux tirés de son dernier album. «Didonia Sghayara», «Alf Salam alik»... et d’enchaîner avec Tmannit, Ya Lella... encouragé par un public hors de lui. Saber Rebaï a chanté les amours et les éloignements en passant par toutes les passions... Et jusque là, aucun mot sur l’actualité au Liban. Ce Liban d’aujourd’hui qui, sous le déluge des bombes israéliennes, enterre ses morts et panse ses blessures. On attend encore de notre star une petite pensée. Mais elle tarde à venir. Lui, il était en train de dialoguer tendrement avec son public. Subitement, il marque un arrêt. Le moment est grave.Il est onze heures quinze et avant de mettre terme à la première partie de son concert, il évoque le Liban et la déchirure de ce peuple: «Vous savez tous, combien je suis attaché à ce Liban. Mon histoire avec ce peuple n’est pas d’un jour ou d’un mois mais c’est une relation de plusieurs années. J’offre cette chanson faite dans la rapidité au nom des Tunisiens à leurs frères libanais. Je vais la chanter avec seulement le luth. J’espère l’enregistrer dans le plus bref des délais», a-t-il dit. Il avait dans sa voix beaucoup d’émotion.Le public enragé s’est tu pour écouter Elli Jarah Lobnan (écrite par Hatem Guizani) avec une rare attention. A la fin, des crépitements ont jailli de partout. On tourne la page pour une pause de quinze minutes. Puis la coqueluche des mélomanes de continuer avec enthousiasme son gala. «Ma challah âlikom», dit-il de temps en temps. Saber était fier avec ses Aman Yalil, Ezzet nafs, Delloula et de terminer vers le coup de une heure du matin avec des meziana et barcha. Le public qui a débordé de tous les contours de la scène punique, a été comme pris en otage devant ce mythe. Qui nous a rappelé les belles couleurs de notre festival. C’était une soirée mémorable. Merci l’artiste. Merci le public. Zohra ABID _______________________ Indiscrétions puniques * Dans la foule, nous avons remarqué la présence de l’ambassadeur japonais, qui était accompagné de son épouse. Il était debout, dans l’allée et avec tout le monde. A un certain moment, on l’a vu prendre son appareil photo pour immortaliser un instant de Carthage 2006. Direction: le public. Il n’ a pas le choix de faire autrement. Car il lui est impossible de s’orienter vers la scène et de capter la star du soir. * Dès le début, il y a eu quelques frictions dans l’air. Quelques employés de l’organisation du festival n’étaient pas à la hauteur. Un petit accrochage a eu lieu . Même notre consœur Amani Boulaâress, de nature sage et calme est sortie d’elle-même. On l’a empêchée d’entrer pour qu’elle puisse faire son boulot et passer en direct son émission. * La sonorisation n’a pas été ce soir là au top. La voix de Saber a été un brin ébréchée. Dommage ! Dommage aussi pour plusieurs choses. Car Saber, au plus beau jour de sa vie n’a pas été pris à foison en photo. Sauf par quelques-uns, les photographes, bien sûr n’ont pas eu l’accès facile. Lors du point de presse, Saber Rebaï a exprimé son malaise et s’est excusé auprès des journalistes. * Saber Rebaï qui s’est produit il n’y a pas très longtemps à l’Opéra de Paris était égal à lui-même et il a annoncé un autre spectacle à Carthage. Ca va être le 30 août et pas dans le cadre de la 42ème édition du Festival de Carthage. * Il était minuit et quelques, nous avons vu partir Madame Salwa Ayachi-Labben. Notre ministre était peut-être contrainte de partir un peu tôt que prévu. Son fils était pris par le sommeil, mais pas la fille. Cette dernière devait être dégoûtée. * «Ca m’agace cette situation mais tout le tort revient à ces gens qui vous ont empêché d’entrer et le plus perdant dans tout ça c’est moi», a notamment dit Saber à ses amis journalistes. * Ils étaient peut-être cinq cents à assurer la sécurité. Mais nous n’avons pas vu un grand nombre de voitures de secours. Peut-être deux garées au parking pour plus de 12 mille spectateurs. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com