Tel-Aviv se rend à l’évidence : «Nous affrontons une véritable armée»





• Un officier israélien : «les missiles antichars du Hezbollah ont réussi à pénétrer le blindage de nos Merkava» • Un éditorialiste de Maariv : «Si Nasrallah continue de sévir, l’existence même d’Israël est en danger» Des combats acharnés ont fait rage hier au Liban Sud où la Résistance a infligé des pertes douloureuses, à l’armée de l’ennemi. Après un mois de guerre, la puissance militaire israélienne est défiée par un ennemi numériquement et technologiquement beaucoup plus faible mais qui a contraint plus d’un million d’Israéliens à se terrer ou à fuir. Le Quotidien-Agences Dix-huit soldats israéliens ont été tués hier lors de violents affrontements avec la Résistance libanaise. Le Hezbollah a lancé hier en fin de matinée une contre-offensive contre les forces israéliennes qui tentent d'avancer en direction du bastion de la formation chiîte à Khiam, dans le sud-est du Liban. 17 blindés israéliens ont été détruits lors de la contre-attaque du Hezbollah, de violents combats se déroulaient en début d'après-midi. Le Hezbollah a affirmé avoir détruit 14 chars jeudi. Les médias israéliens faisaient également état d'âpres combats dans le secteur de Marjayoun entre l'armée israélienne et le Hezbollah avec apparemment de "lourdes pertes" du côté israélien. Venues de Metoulla dans le nord d'Israël, les colonnes israéliennes ont progressé dans la nuit de mercredi à jeudi de sept kilomètres en territoire libanais et sont parvenues aux portes de Khiam, place forte de la formation chiîte. Les forces israéliennes, qui avaient pris jeudi matin le contrôle de Marjayoun, qui mène à Khiam, se sont retirées quelques heures plus tard de cette localité chrétienne. Les médias israéliens ont également admis qu’un lance-missiles israélien a été détruit au nord d’Israël après avoir été touché par un missile de la Résistance. En outre, les missiles antichars modernes tirés par les combattants du Hezbollah au Liban sud ont infligé, depuis un mois des pertes douloureuses à l'armée israélienne, qui en est encore à chercher la parade. Selon des sources militaires, nombre des 68 militaires tués au combat, ont été victimes de ces missiles, qui se sont avérés efficaces aussi bien contre les blindés que contre l'infanterie dès qu'elle occupe un bâtiment. Le quotidien Yediot Aharonot a rapporté hier que sur les 25 missiles téléguidés tirés contre des chars un quart ont pénétré le blindage et causé des pertes parmi les membres de l'équipage. Le Hezbollah "a soigneusement étudié les caractéristiques de nos blindés et a appris à connaître leurs points faibles", a déclaré au journal un officier qui a requis l'anonymat. Pourtant, les chars lourds israéliens Merkava, en particulier les Merkava III et IV de la dernière génération sont considérés comme les chars les plus puissants du monde, sur lesquels l'accent a été mis sur la protection et le blindage. Ils sont dotés d'équipements électroniques ultra-sophistiqués, d'un puissant moteur de 1200 chevaux et d'un blindage, spécialement étudié leur assurant à la fois une grande mobilité et une bonne protection. Ces engins se sont néanmoins avérés vulnérables aux attaques des miliciens du Hezbollah, aussi bien à cause de la qualité des missiles employés, que des conditions du terrain, vallonné, couvert de verdure, jalonné d'obstacles naturel et peu propice au déploiement de blindés, surtout dans les agglomérations. Le Hezbollah dispose aussi de nombreux Sager de nouvelle génération, une arme de conception russe, ainsi que de deux autres missiles de fabrication russe le Spigot et le Kuntrus, selon cette source. Ces missiles ont des portées de 1,5 km à 5 km et sont capables de percer des blindages de 400 mm à 1.000 mm. L’essentiel, souligne-t-il «c’est que l’armée israélienne comprenne enfin qu’il n’affronte pas une bande de terroristes mais une véritable armée». * Impuissance En outre, ni la chasse israélienne, qui a effectué plus de 8.000 sorties depuis le déclenchement des hostilités par la formation chiîte libanaise, ni l'artillerie qui a déversé plus de 100.000 obus sur le Liban, ni l'offensive terrestre en cours dans plusieurs secteurs qui mobilise près de 20.000 hommes, ne sont à ce stade parvenues à réduire les bombardements de roquettes. Et, encore moins à mettre le Hezbollah en déroute. Des villes israéliennes comme Haïfa, Tibériade, Safed, à plusieurs dizaines de km de la frontière, sont toujours à la portée des katiouchas. Leurs rues sont désertes et leur activité économique considérablement ralentie. Sans parler des missiles à plus longue portée qui peuvent toujours atteindre des villes plus éloignées de la frontière, y compris dans le secteur central de Tel Aviv. Pour la première fois depuis la guerre israélo-arabe de 1948, les autorités ont même décidé d'évacuer les arrières, en l'occurrence la ville frontalière de Kyriat Shmona, quasiment vidée depuis mercredi de ses 24.000 habitants. Selon un haut responsable militaire, "il faudra environ une semaine pour atteindre le fleuve Litani et de quatre à six semaines pour nettoyer toute la zone au sud de ce cours d'eau". Le chef d'état-major, le général Dan Haloutz, a même admis publiquement que ce nouveau conflit "est plus important que tous ceu x qui l'ont précédé, à l'exception peut-être de la guerre de 1948.’’ Cité par la presse, le général Haloutz estime que cette guerre doit restaurer la force de dissuasion de l'armée sérieusement érodée, craint-il, aux yeux d'un monde arabe qui encense son nouveau héros, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah. D'autant que l'armée semble avoir été surprise par l'audace et l'opiniâtreté des combattants du Hezbollah. En fait, l'inquiétude en Israël est réelle. "Si Nasrallah continue de sévir, cela peut déclencher un processus qui mettra en danger l'existence du pays (...)", écrit Ben Caspit, un éditorialiste du Maariv (populaire). Résultat, note encore le quotidien, Israël se bat depuis un mois, "soit plus que le temps que dura la guerre du Kippour", en octobre 1973. _________________________________ Israël demande aux habitants de la banlieue sud de Beyrouth de partir Le Quotidien-Agences Israël a demandé hier aux derniers habitants de la banlieue sud de Beyrouth, à majorité chiîte, de partir, dans des tracts largués par avion. "L'armée israélienne va étendre ses opérations dans Beyrouth. Habitants de Hay al Soloum, Bourj Barajneh et Chiyah, pour votre sécurité vous devez immédiatement évacuer ces quartiers et tous les endroits d'où les éléments du Hezbollah organisent des opérations terroristes", affirment les tracts signés de l'Etat d'Israël. _________________________________ Perquisition israélienne dans une caserne de l'armée libanaise Le Quotidien-Agences Une unité de l'armée israélienne a effectué hier une perquisition dans l'armurerie d'une caserne de l'armée libanaise à Marjayoun, au Liban sud, à la recherche de roquettes puis en est ressortie sans avoir rien trouvé, selon une source des services de sécurité. Selon cette source, une cinquantaine de fantassins sont restés durant deux heures dans la caserne. L'armée israélienne, qui a lancé une offensive terrestre contre les bastions du Hezbollah dans le secteur, a pénétré hier matin dans cette localité chrétienne avant d'en repartir.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com