Des sociétés d’investissement fictives font des dizaines de victimes





Le préjudice porte sur des centaines de milliers de dinars Ali, Fatma, Majid, Rym... et la liste est longue, sont des Tunisiens comme vous et moi. Seule différence c’est qu’ils ont été victimes d’une vaste opération d’escroquerie qui porte sur des centaines de milliers de dinars. A l’origine de cette escroquerie qui prend la forme d’un drame, quelques sociétés d’investissement fictives... Tunis — Le Quotidien Il faisait encore tôt et la journée a bien du mal à démarrer. Normal... la vague de chaleur et l’air irrespirable n’encouragent guère à quitter le lit et s’aventurer à l’extérieur... Pourtant Abdel Mejid est depuis des heures là. Il attend avec beaucoup d’impatience l’arrivée d’un responsable pour lui exposer son cas. Et comment, le malheureux vient de perdre toutes se économies, un peu plus de quarante mille dinars. Le visage ovale mais pâle, les yeux cernés par un contour noirâtre et le cœur essoufflé par tant de peines, Abdelmajid ne quitte jamais ses dossiers et des dizaines de bouts de papier. Il les protège comme un trésor. Il faut dire qu’il y a de quoi avoir peur pour quatre chemises craft. Elles contiennent, en effet, tous les documents qui pourraient lui être utiles un jour. Il est vrai que le bonhomme mène depuis quelques temps un véritable combat contre... malheureusement le néant. Abdel Mejid ne savait pas avant d’être dépossédé de toutes ses économies que des dizaines de Tunisiens ont subi le même sort. Tous ont été escroqués par des énergumènes sans foi, ni loi... mais de quelle manière... ? Les victimes, ou du moins celles qui se sont présentées à la justice, ont déclaré qu’elles sont tombées sur des petites annonces publiées dans les journaux de la place où il est question de sociétés d’investissement qui cherchent des fonds en liquides, promettant des bénéfices assez importants pour attirer les plus réticents des investisseurs. Ces sociétés promettent des gains allant jusqu’à 10, voire 20%. C’est ainsi que Majid et les autres sont tombés dans le piège. A titre d’exemple, Majid, à lui tout seul, a été mordu deux fois. Au bout du compte, ce sont quarante sept mille dinars qui se sont évaporés. Maintenant, il erre entre les tribunaux et les journaux à la recherche d’un soulagement pour ses maux. Mariem, également, est dans le même cas. Elle a perdu dix mille dinars. Ali et Fatma de même. Selon nos interlocuteurs, la liste est encore longue et les pertes sont estimées à quatre cent mille dinars. Mais, là on le bât blesse, c’est que ces sociétés ont fermé leurs portes ou peut être, elles sont déménagé sous d’autres cieux à la recherche d’autres oiseaux à plumer. Certes, des plaintes ont été déposées, mais les escrocs restent introuvables au grand dam de Majid et des autres victimes... Des victimes qui lancent aujourd’hui un appel à la vigilance à celles et ceux qui veulent fructifier leur argent. Des victimes également qui n’ont plus de refuge que les autorités pour les aider à récupérer leur biens ou du moins leur rendre justice. Habib MISSAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com