50ème anniversaire du C.S.P. Révolution au féminin





Le 13 août 1956 est une date inscrite d’une pierre blanche dans la mémoire des Tunisiens. Ce jour-là, Habib Bourguiba, alors ministre du premier gouvernement de l’Indépendance a présenté aux Tunisiens le nouveau Code du Statut Personnel qui abolit la polygamie, instaure le divorce judiciaire, entre autres innovations juridiques qui ont profondément changé la vie des Tunisiennes, devenues citoyennes à part entière grâce à ce texte dont la portée libérale et émancipatrice est encore inégalé dans le monde arabo-islamique. En 50 ans, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la Medjerda. La Tunisie a accédé à de nouveau paliers sur la voie du développement et du progrès politique, économique, social et culturel. Mais le changement le plus profond, et dont ont dépendu en partie tous les autres, est celui qui a émancipé les femmes, leur donnant des droits presque égaux à ceux des hommes, leur permettant d’accéder à l’éducation, à l’emploi et même pour certaines d’entre elles aux postes de responsabilités. En libérant les femmes des chaînes qui les ont accablées depuis des siècles, le Code du Statut Personnel a aussi libéré les énergies enfouies en elles et mis toute la société au travail. Le résultat est ce que nous observons aujourd’hui autour de nous : un peuple majeur, libre et responsable qui poursuit sa marche dans la voie du progrès, fort de ses acquis et jaloux de sa différence. Le changement, on le sait, a été lent, mais sûr. La société a dû s’adapter aux nouvelles dispositions de la loi. Elle a montré une plus grande capacité d’adaptation et d’assimilation. Tout ne s’est pas passé sans malentendus et heurts. Mais l’élan réformateur des élites tunisiennes s’est poursuivi avec notamment le Changement du 7 Novembre 1987, initié par le Président Ben Ali qui a renforcé les droits de la femme, de la famille et de l’enfant par de nouvelles dispositions visant à instaurer plus d’harmonie au sein de la société. Cette action réformatrice, qui est encore loin d’être achevée, s’inscrit dans la volonté présidentielle de poursuivre le processus de la modernisation de la société et de l’Etat inauguré en Tunisie depuis le milieu du 19ème siècle avec les réformes mises en route par Ahmed Bey, Kheïreddine Bacha, puis continuées par le Mouvement Jeunes Tunisiens sous la conduite d’Ali Bach Hamba, le Néo-Destour, les écrits pionniers de Tahar Haddad et ses nombreux disciples, jusqu’à l’avènement de l’Indépendance en 1956, puis la République en 1957. L’émancipation des femmes initiée par le Code du Statut Personnel est consolidée par le régime du Président Ben Ali est donc un jalon important dans cette dynamique historique et civilisationnelle. Sur les 10 millions d’habitants peuplant la Tunisie d’aujourd’hui, il y a ces femmes, hier totalement absentes et confinées dans les méandres de l’ombre, au revers de la mémoire, qui atteignent les 26% de la population active. On les trouve notamment dans le gouvernement avec 15% (dont 2 ministres et cinq secrétaires d’Etat). La chambre des Députés rassemble aujourd’hui ses 23% de noms de femmes. Celle des conseillers en compte 19%, le corps diplomatique, à lui tout seul 20%. Pour le Conseil économique et social, il y a 20 chaises pour mesdames. Entre les magistrats 27% et avocats 31% de nos “Robes” sont au féminin. Dans le secteur de l’Information, la Tunisie moderne s’enorgueillit avec ses 35% de femmes. Le comité central du RCD se réjouit à son tour de ses 22% de militantes. Quant aux conseils régionaux, la femme est présente à 32%. Nous trouvons 43% de femmes dans les usines et manufactures, 32% sont dans l’agriculture, 21% dans les administrations. Près de 50% de nos “blouses blanches” sont des femmes. Quant aux pharmaciennes, ces dames accaparent les 72%. Dans l’enseignement, on compte plus de 50% des institutrices et autres enseignantes. Pour le secondaire, la femme est présente avec ses 40%. Aujourd’hui, la presse nationale peut afficher sa fierté : 34% de femmes sont présentes dans les médias. Des chefs d’entreprises, les femmes aiment diriger et s’imposer. On en compte dans les 10 mille à la tête de grosses boîtes. Tous ces chiffres donnent à réfléchir. Notre Tunisienne rivalise avec l’Européenne et participe grandement à l’évolution et elle sait profiter et pleinement de sa citoyenneté juridique. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com