De Paris à Hammamet : La compétence, levier stratégique de la valeur ajoutée





L’Association des Tunisiens des grandes écoles vient de rendre publics les fruits du double débat qu’elle a initié à Paris, à la mi-juin, puis à Hammamet, fin juillet. Une réflexion en profondeur qui permet à chacun de nous de voir bien plus loin que le bout de son nez et de sortir du carcan de «l ‘ici-maintenant» pour oser des projections vers l’avenir. Tunis -Le Quotidien Qu’est-ce que la compétence? Quelles sont les portes qu’elle nous ouvre? Quels sont les partenaires qu’elle nous permettra de séduire? Des questions d’une grande actualité au moment où la notion de professionnalisme se trouve de plus en plus invariablement conjuguée aux sciences et aux technologies. Et si la Tunisie a déjà fait les choix qui la placent à la «Une» des grands observateurs internationaux, il reste que le débat devra continuer à s’entremêler à la veille économique pour que nous puissions tenir notre rang et même le faire avancer. D’ailleurs, telle est l’approche de l’Association des Tunisiens des grandes écoles dont le président , M. Hassen Zargouni, est par nature un homme de débat et d’enquête. Une empreinte que l’on retrouve nettement quand on examine les récapitulatifs des deux Journées de Paris et de Hammamet. * De nouvelles structures pour la science et la technologie Le Forum Atuge 2006, s’est déroulé le 17 juin à Paris et le 27 juillet à Hammamet. Ces deux journées ont été de véritables espaces de rencontres et de contacts de haut niveau pour les opportunités de carrières en Tunisie, en France et à l’International mais aussi d’idées, d’expériences et de réflexion sur le thème «Compétence: Levier stratégique de la valeur ajoutée». Plusieurs centaines de participants ont pris part à ce Forum (400 à Paris et 500 à Hammamet). Des dizaines d’entreprises exposantes ont noué des contacts et offert des opportunités à des compétences tunisiennes venues à leur rencontre en marge du Forum et sur les stands réservés aux entreprises et au networking (1200 emplois offerts, 200 primo-emplois offerts). Le 17 juin à Paris ont eu lieu 5 ateliers (finance, conseil et SSII, MBA, recherche en enseignement, mobilité internationale et expatriation) et une conférence plénière sur le thème: bien préparer et réussir son retour au pays. Le 27 juillet à Hammamet a été consacré au sujet central: «Les compétences, levier stratégique de la valeur ajoutée». Cette question a été traitée dans deux interventions ministérielles, deux tables rondes et un déjeuner débat. Les interventions ministérielles ont eu lieu en séance plénière d’ouverture par M. le ministre de la Recherche Scientifique, de la Technologie et du Développement des compétences, M. Taïeb Hadhri qui a énuméré chiffres à l’appui les réalisations tendant à inscrire la Tunisie dans le système international des économies fondées sur les compétences et la connaissance et a annoncé notamment l’avènement des nouvelles structures suivantes: •l’Observatoire national des sciences et de la technologie; •l’Agence de la promotion de la Recherche, de l’innovation et de la création de l’entreprise «APRICE» sur le même modèle d’organisation de l’API, ou l’APIA pour l’industrie et l’agriculture; •EPST (Etablissements Publics à Caractère Scientifique et Technique), soumis à la comptabilité commerciale. La séance plénière a été clôturé par M. le ministre de l’Emploi et de l’insertion professionnelle de la jeunesse, M. Chedli Laroussi, qui a insisté sur les idées et pistes nouvelles pour l’insertion professionnelle des diplômés du supérieur avec les 2 axes prioritaires: la création d’entreprises (innovantes) par les jeunes diplômés et le renforcement des PME PMI par les compétences pour plus de valeur ajoutée en leur sein. Les deux tables rondes ont été consacrées l’une à la «stratégie nationale en matière de développement par les compétences des secteurs à forte valeur ajoutée» et l’autre aux «enjeux de l’attraction» et le développement des compétences dans l’entreprise». Le déjeuner débat a permis de dialoguer autour du thème «la Tunisie et l’économie fondée sur la connaissance, enjeux et perspectives». * 3 constats et 1 hypothèse consensuelle Voici les 3 constats auxquels sont parvenus les séminaristes: •La Tunisie est dans la lignée des pays émergents dans son effort pour l’insertion dans l’économie fondée sur la connaissance, du fait notamment des éléments chiffrés suivants: son taux de scolarisation à 6 ans est supérieur à 90%, les TIC (technologies de l’information et de la communication) sont présentes dans 100% des lycées, 88% des collèges, 28% des écoles primaires, ce dernier taux sera de 100% en 2009. Le nombre d’étudiants est de 322 000 et montera à 500 0000 en 2009. Les taux de l’enseignement supérieur (étudiants, établissements d’enseignement supérieur, ingénieurs...) de la Tunisie sont proches de ceux de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal, et sont supérieurs aux taux de la Grèce et de la Turquie. •La Tunisie développe les TIC, les pôles technologiques, les pépinières d’entreprises, la recherche et l’innovation, la formation au sens de l’acquisition de compétences, l’infrastructure de la connaissance y compris le programme de l’ordinateur familial. Elle consacre 7,5% de son PIB à la formation 25% de la population est sur les bancs des écoles et le tiers du budget de l’état est dépensé dans la formation. •Il s’agit maintenant, pour l’ensemble des acteurs, de gérer ensemble la transition vers une économie du savoir et de l’emploi en s’appuyant en particulier, mais non exclusivement, sur les secteurs à très forte valeur ajoutée et à très fort taux d’encadrement, pour entretenir le cercle vertueux: création de richesse, valeur ajoutée, emploi. En particulier l’emploi des diplômés de l’enseignement supérieur qui représentent 13% des demandeurs d’emploi et qui pourraient constituer une réponse aux besoins de l’économie tunisienne qui nécessite la multiplication par deux du taux d’encadrement des PME-PMI (petites et moyennes entreprises, petites et moyennes industries). Quant à l’hypothèse consensuelle, elle est la suivante: •L’économie basée sur la connaissance suppose quatre piliers: un cadre institutionnel législatif et réglementaire proactif; une société du savoir, une société de l’information avec une infrastructure de communication effectivement accessible à tous et un système d’innovation efficace.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com