Marouène Khoury à Hammamet : Quand le romantique et le patriotique font bon ménage





Alors que son Liban natal était en train de vivre le calvaire et de brûler, Marouène Khoury n’a pas hésité une seconde pour changer et d’un iota de son programme estival 2006. Dimanche soir, il s’est rendu comme prévu à Hammamet où il a été passionnément attendu. Le public était très nombreux… Oui et sans aucun doute, il était attendu ce Marouène Khoury, coqueluche des jeunes et des… moins jeunes. Finalement, il a pu se déplacer jusqu’à chez nous à partir d’un Beyrouth bombardé de jour comme de nuit depuis déjà un mois. On ne sait donc pas par quel miracle Khoury et compagnie ont pu nous joindre alors que routes et ponts étaient en état de hors fonctionnement. Tout naturellement donc et c’est la moindre des choses que ce Libanais puisse faire, c’est de rendre hommage à son propre pays. Le pays du cèdre qui l’a enfanté et qui a été chanté par des monuments, comme Faïrouz et les Rahabani avec tant de succès. «Bahebbak Ya Lebnan» a été donc ressuscité et avec la passion de l’hymne national. Marouène n’a pas aussi oublié, dans la foulée, de féliciter les Tunisiens et les Tunisiennes du cinquantenaire du Code du Statut Personnel et du Mérite de toutes les femmes de ce pays qui l’accueille. «Nous somme le 13 août et je sais que cette date est chère pour à pays qui fait la fierté du monde arabe. Mes félicitations au Président Ben Ali, à la première dame du pays, Leïla Ben Ali et aux Tunisiennes», a notamment lancé l’artiste en guise de sympathie. Marouène Khoury, tout en blanc vêtu, a tenu à préciser que «Le Liban a toujours souffert et vécu des situations pareilles, mais nos artistes, comme Faïrouz, Marcel ont toujours chanté la paix… pour que la vie continue». Dans le même sillage de ses aînés, l’auteur, compositeur et chanteur a égrené ses Ezzel Habayeb, Khodni maâk, Habibet qalbi, Mouch bansek ya habibi et autres Endi chouôur ma êndi khabar, Khayef latrouhi, Yamen bidamï, Khallina naïch, Helwa el hayet… de Qasr Echchawq. Ce dernier titre est le nouveau-né de Marouène Khoury qui a longtemps collaboré avec Nawel Zoghbi et notre Saber Rebaï national. Les gradins du théâtre de poche de Hammamet étaient pleins à craquer, ça a «déversé» de tous les bords et vibré de partout. Les accrocs de Khoury ont chanté le long de la soirée avec leur adulé, répétant en chœur sans aucun complexe et sans aucune faute tous les refrains. Marouène Khoury leur a consacré deux heures de bonheur et a (peut-être) oublié, le temps d’une soirée, le mal de son pays. Que voulez-vous la vie est ainsi faite. Il faut tout de même continuer à vivre. Le Liban n’est pas à son premier désastre. Mais à chaque fois qu’il trébuche, il se relève aussitôt et ne se laisse pas abattre. Notre Liban à tous garde son moral et la tête haute et sait que la délivrance est prochaine et qu’avec des citoyens convaincus de leur combat, il n’y a pas lieu pour le deuil. «La vie continue et je vais continuer de chanter», dit l’artiste de temps en temps. Surprise: Latifa a été invitée sur scène. A son tour, elle a chanté quelques notes de Bahebbek ya Lebnan. Puis elle a passé le micro à Marouène qui a prolongé le soirée jusqu’à un peu plus de minuit avec du romantique, du patriotique et de plus séduisant. Sur une note très positive, la soirée avec Khoury s’est achevée. On avait un pressentiment qu’un rayon de soleil allait traverser la grisaille au Liban. Nous autres, journalistes, aurions bien aimé parler de la situation au Liban avec Marouène Khoury. Tout au début, on nous a accordé ce point de presse afin qu’on ait des témoignages vivants de la situation au Liban. C’était donc confirmé. Peu de temps après sur cette rituelle rencontre il y a eu un désistement. D’où vient-il? On n’en sait rien. Pourquoi? Nous n’avons aussi pas de réponse là-dessus. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com