La Troupe «Ami Sacko» à Hammamet : «Au cœur des mélodies mandingues»





La Troupe «Ami Sacko» de Bamako a animé samedi dernier au Théâtre de plein air du Centre Culturel International de Hammamet, un concert de musique «mandingue». Les musiciens maliens ont embarqué l’assistance jusqu’au cœur des rythmes chaloupés et nostalgiques du pays de Soundjâta Keïta. Sept musiciens — dont deux femmes choristes — et des morceaux joués à base d’instruments traditionnels exclusivement ont fait de cette soirée un spectacle à part. Pour tout dire un véritable safari mélodieux au cœur des rythmes musicaux du Mali profond. Le spectacle qui était tant attendu par le public de la cité des jasmins venu très nombreux a plongé les mélomanes dans une ambiance teintée des couleurs africaines, comme dans une cérémonie de mariage traditionnel. Le spectacle a commencé à 22h00 et 10 minutes. Habillés tous en costumes traditionnelles — dont des boubous en tissu «Basin» richement brodés, «Ami Sacko» et ses compagnons — dont son mari, Sékouba Kouyaté, joueur de «Ngoni», instrument traditionnel et chef d’orchestre, ont visité les anciennes compositions du patrimoine musical mandingue. Grâce à une combinaison harmonieuse entre les rythmes des différents instruments, comme le «Ngoni», la «Calebasse», le «Tama» et le «Ntamani», les musiciens maliens ont enchaîné plusieurs compositions, tantôt rythmées, tantôt douces. Les musiciens maliens ont commencé par interpréter «Ségouyo», puis «La Ilalla», ensuite «Segoula», puis «Mali Sadio». Des compositions mythiques et mystiques relatant plusieurs facettes de l’histoire et du parcours musical traditionnel des différentes ethnies mandingues. Mais la particularité de la Troupe «Ami Sako» réside surtout dans le fait que ses musiciens savent faire du «va-et-vient» entre les mélodies traditionnelles et celles aux airs modernes, grâce aux seuls instruments traditionnels. D’ailleurs, dans le voyage musical inédit, les musiciens maliens ont fait virevolter les fans de la musique africaine, en interprétant «Dioula» et «Damamma», deux compositions du genre «slow». Et ce n’est pas tout «Ami Sacko» et sa troupe ont concocté «Takamba» et «Abinayé, la première est inspirée du genre de danse «Takamba», tandis que la seconde est un morceau populaire. Les musiciens maliens ont aussi dédié une composition aux femmes tunisiennes, mais aussi «Démission», pour attirer l’attention sur le danger auquel font face les enfants quand ils sont abandonnés par leurs parents. Bref, la soirée fût un voyage inédit au cœur des mélodies mandingues. En guise de rappel, cette troupe jouit actuellement d’une notoriété internationale. Son aura est d’autant plus rehaussée par sa fusion avec le groupe «Samandjera», dont le leader est Basse Kou Koyadé, un des plus fameux joueur de Ngoni. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com