Après 40 ans d’absence : L’armée libanaise de retour dans le sud





L'armée libanaise est revenue hier au Liban sud, une région dont elle avait perdu le contrôle depuis près de 40 ans, et dont Israël retirait progressivement ses troupes au quatrième jour de trêve avec la Résistance chiîte du Hezbollah. Le Quotidien-Agences Plusieurs colonnes militaires sont descendues vers les secteurs frontaliers, franchissant le fleuve Litani au nord de Tyr, sur la côte méditerranéenne, et au nord de Marjayoun, à l'est. C'est dans cette petite ville à 7 kilomètres de la frontière israélienne que doit s'installer le quartier général de la future force de l'Onu. Plusieurs centaines de soldats de la 10ème Brigade d'infanterie, forte de 2.500 hommes, y sont arrivés hier matin, en prévision du déploiement que l'armée souhaite effectuer en 24 heures le long de la frontière israélo-libanaise. "C'est la première fois depuis 1968" que l'armée libanaise reprend le contrôle du Liban sud, "nous sommes très heureux de ce déploiement, c'est notre pays", a lancé le commandant de la brigade, le général Charles Chikhani, à son arrivée à Marjayoun. L'armée libanaise a perdu l'essentiel de son influence depuis plusieurs décennies dans le sud du pays, une région passée en 1968 sous le contrôle de groupes palestiniens jusqu'à l'invasion israélienne de 1982, puis, à mesure du retrait israélien, sous celui de Hezbollah en lutte contre l'Etat hébreu, qui avait achevé de quitter le Liban sud en mai 2000. Le feu vert au déploiement de l'armée libanaise dans le sud a été donné mercredi par le gouvernement, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'Onu, votée le 11 août et qui a mis fin à un mois de guerre entre Israël et le Hezbollah, maître du terrain depuis six ans. Dès l'aube, les premiers éléments de l'armée libanaise avaient commencé à franchir le fleuve Litani, dont le cours est distant de 5 à 30 kilomètres selon les endroits de la frontière israélienne. Drapeaux libanais au vent, les convois de camions et transports de troupes acheminaient lance-roquettes, mortiers mais aussi toute la logistique comme des lits métalliques, tables, armoires, distributeurs de boissons. D'autres convois ont franchi le pont de Qasmiyé qui enjambe l'embouchure du Litani, à l'ouest, pour gagner la ville de Tyr et se diriger vers le sud le long du littoral. "Je suis très ému de voir mon armée défiler enfin et se diriger vers le sud", déclarait Ghassan, un fonctionnaire posté à Qasmiyé, où un pont métallique a été jeté sur le fleuve pour remplacer l'ancien ouvrage, détruit sous les bombardements israéliens. 15.000 soldats libanais doivent ainsi être déployés au Liban sud aux côtés de la Finul. Cette force, qui existe depuis 1978, et compte actuellement 2.000 hommes, va être, aux termes de la résolution 1701, remplacée par une nouvelle Finul, avec des effectifs portés à 15.000 hommes et un mandat élargi. * Retrait Parallèlement, l'armée israélienne a transféré depuis avant-hier soir la moitié des zones où elle s'était déployée, en un mois d'offensive contre le Hezbollah, à la Force intérimaire des Nations unies (Finul), dont les troupes doivent prendre possession du sud aux côtés de l'armée libanaise. Les premiers éléments de cette force sont attendus au Liban "en début de semaine prochaine", a annoncé le commandant des Casques Bleus au Liban, le général français Alain Pellegrini, alors que les pays contributeurs tentent toujours d'en définir à l'Onu le mandat exact. L'Onu souhaite qu'une avant-garde de plus de 3.000 hommes de la nouvelle Finul soit sur le terrain dans 15 jours au maximum, et la France s'est dite prête à en assurer le commandement jusqu'en février. Mais l'envoi de troupes au Liban sud ne garantit pas le désarmement du Hezbollah, lui aussi prévu par la résolution 1701. Le gouvernement libanais a évité de se prononcer sur cette question, et le chef de la Résistance chiîte, Hassan Nasrallah, l'a refusé dans l'immédiat. Cette incertitude sur le désarmement du Hezbollah fait hésiter les pays sollicités pour contribuer à la Finul renforcée, qui attendent que soient définies ses règles d'engagement. Israël exige, plus que le désarmement, le démantèlement complet du Hezbollah, que la puissance militaire israélienne n'est pas parvenue à vaincre en un mois d'offensive aérienne et terrestre. * Retour des réfugiés Sans attendre la consolidation de la trêve, des flots de civils s'étaient engouffrés dès lundi sur les routes détruites en direction du Liban sud, et au moins un demi-million d'entre eux avaient déjà pris mercredi le chemin du retour, selon le Haut commissariat aux réfugiés de l'Onu (HCR). Près d'un million de personnes ont été déplacées par le conflit, depuis le 12 juillet, à l'intérieur du Liban et hors de ses frontières.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com