Nabil Khemir : Le Jazz tunisien, parlons-en !





Entre «Orient et Occident», Nabil Khemir déverse des notes de musique généreuses et insouciantes. Le jazzman tunisien a la côte ces derniers temps puisqu’il est programmé dans trois de nos grands festivals : Hammamet, Tabarka et Nabeul. Nous avons eu avec lui un petit entretien. * L’année dernière vous avez été programmé également dans plusieurs manifestations. Comment expliquer toute cette demande sur votre art ? C’est le sérieux de mon travail qui en est l’explication. Je suis un artiste qui respecte son art. Celui-ci ne manque pas de me renvoyer la récompense. L’art coule dans mes veines. Je suis né dans un environnement familial qui donne à l’art la place qui lui échoit. Aujourd’hui je le pratique même s'il ne me rapporte pas grand-chose, matériellement s’entend. Je dépense de mon propre argent pour financer mes albums. Et pourtant je tiens à l’art. C’est ma raison d’être. * L’instrument «Le Ray-Jam» que vous avez inventé a-t-il été apprécié du public des connaisseurs ? Tout à fait. Il a été apprécié car il me permet de jouer une musique qui concilie entre les airs du ûd et de la guitare : une musique métissée aimée par un public averti. Je reçois quotidiennement des lettres sur mon site web des quatre coins du monde. On me dit que le jazz «tunisien» a beaucoup d’avenir. * Vous dites «jazz tunisien», est-ce que le concept existe déjà dans le lexique musical ? On a en Tunisie beaucoup d’artistes de jazz qui se respectent. Notre présence à l’étranger permet de faire connaître notre art qui ne peut jamais être identique à celui des autres. C’est la raison pour laquelle je parle d’un «jazz tunisien». Mon rêve est de programmer des tournées à l’étranger et non seulement en Tunisie. * Vos compagnons de route travaillent aussi sur le mélange entre musique orientale et occidentale, qu’est-ce qui vous distinguer alors des autres ? J’ai composé jusqu’ici deux albums seulement. Je ne suis pas du genre d’artistes prolifiques. Je prends mon temps pour composer une musique qui me plaît. Avant d’écrire mes notes je m’abstiens d’écouter de la musique pendant quasiment trois jours. Ensuite je laisse libre cours à mon inspiration pour jouer de la musique qui prend aux tripes car elle vient de ce qu’il y a de plus profond en moi. Quant à la question de la musique jazz qui met en exergue la beauté des airs orientaux et occidentaux j’ai mon propre avis. Il faut continuer à travailler sur ce registre car, à mon sens l’Orient seul est hémiplégique, l’Occident seul est hémiplégique. L’art, la culture permettent de les réconcilier. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com