L’Italie championne du monde : Regina del mondo





Comme on s’y attendait, la finale du Mondial 2006 a été palpitante et indécise jusqu’au bout. L’Italie, malchanceuse en 1994, a été cette fois-ci plus heureuse aux tirs au but qui ont ruiné les espoirs des Français. On a tout vu au cours de cette finale qui a sonné le glas pour Zineddine Zidane, impressionnant dans le jeu et dans les coups de... tête. Son acte incroyable envers Materazzi lui a valu un carton rouge qui a, d’une certaine manière, influé sur le cours du match, puisque survenu au moment où la France dominait face à une Squadra Azzurra à bout qui a complètement fléchi durant les prolongations. Alors qu’on s’attendait à voir Zizou quitter la scène footballistique par la grande porte, après un Mondial magique, un geste irresponsable a tout inversé et le meneur de jeu français a fini par craquer et partir tristement sur la pointe des pieds. Les Italiens, au vu de ce qu’ils ont montré durant toute la compétition, n’ont point volé ce sacre, mais les Tricolores étaient également tout près d’une consécration qu’ils auraient méritée. Une bataille équilibrée L’expulsion de Zidane, gratuite et surprenante, continuera à animer les débats beaucoup plus que les tirs au but qui pouvaient faire le bonheur d’un camp, comme de l’autre. Paradoxalement, c’est David Trezeguet, le bourreau des Italiens à l’Euro 2000, qui a offert le plus beau des trophées aux hommes de Lippi après avoir flirté avec la transversale. On ne peut trop lui en vouloir dans un exercice qui a tant de fois tourné le dos aux meilleurs. Pour revenir au match, c’est surtout sa première demi-heure qui a été la plus animée avec le but de Zidane sur penalty et l’égalisation de Materazzi de la tête, comme il l’a fait contre les Tchèques. La suite fut moins intéressante avec deux défenses intraitables où Cannavaro d’un côté et Thuram de l’autre ont été sur un nuage. Le capitaine italien, au sommet de son art, y est pour beaucoup dans la consécration des siens grâce à son engagement, son courage et son intelligence. Dimanche, il a encore montré qu’il est actuellement l’un des meilleurs défenseurs du monde et il a fortement mérité de brandir la jolie Coupe en or. Tactiquement, la disposition des joueurs sur le terrain était presque identique avec un seul attaquant de pointe et beaucoup d’activités sur les côtés. Au milieu de cette bataille où le pressing très haut réduisait le danger des uns et des autres, ce sont les hommes de l’entrejeu qui se sont montrés les plus actifs. Il y a eu certainement quelques défaillances individuelles, notamment Totti côté italien et Malouda côté français, mais on peut dire que la sortie de Viera, victime d’un claquage, a fait beaucoup de mal aux Bleus et a constitué l’un des tournants du match. D’ailleurs, Domenech a dû effectuer un remplacement forcé et il n’a pu adopter la même tactique, à savoir l’entrée de Govou à la place de Malouda qui a terminé son match avec beaucoup de peine. Quant à Lippi, il était resté fidèle aux mêmes choix et ses changements étaient prévisibles à part la rentrée de De Rossi qui venait de purger une suspension de quatre matches et a perdu sa place de titulaire. * Un triomphe collectif A l’issue du match, les deux entraîneurs ont très peu parlé de tactique. Il est vrai que les forces en présence étaient parfaitement équilibrées et qu’aucune équipe n’a pris trop de risques. C’était plutôt une question d’hommes et de cœur, et à ce niveau, la motivation n’a point manqué et les joueurs sont allés au-delà de leurs limites. Lippi considère, d’ailleurs, que la force mentale de ses joueurs était le principal atout du groupe même s’il aime parler du rendement exceptionnel de quelques éléments dont Cannavaro, Buffon, Pirlo, Gattuso ou Zambrotta : «Je n’aime pas m’attarder sur les détails. Il s’agit d’un triomphe collectif qui a fait honneur au football italien et a confirmé la valeur de cette équipe. Nous y avons cru dès le départ et la suite est venue nous donner raison. Le geste de Zidane a-t-il aidé l’Italie ? C’et un détail regrettable pour ce grand joueur, mais il n’a pas beaucoup influé sur le match, étant survenu vers la fin». Le coach italien a mille raisons de le dire et de le répéter : ses joueurs n’ont rien volé. Au cours de ce Mondial 2006, il était quasiment impossible de battre la Squadra Azzurra. Tout y était presque parfait à part le manque de réussite des attaquants, compensé par l’opportunisme des hommes de la défense et de l’entrejeu. Dans le camp français, la déception était évidente car, au cours du match et surtout lors des prolongations, les Bleus ont paru plus frais. Le titre mondial était même plus près d’eux, mais la tenacité de l’adversaire et des aléas imprévus ont eu raison du hargne des Français. Raymond Domenech n’arrive pas à digérer cette défaite amère : «Il est vrai que des choses inattendues ont fait mal à mon équipe, mais je ne retiens qu’une seule chose : nous avons raté l’opportunité de remporter la Coupe du monde qui était, pourtant, un objectif à notre portée. Je suis très déçu car mes joueurs ont tout donné pour y parvenir. Je ne veux pas me trouver des excuses, mais je dois avouer que la blessure de Viera et le carton rouge de Zidane ont freiné l’élan de l’équipe. On est venu me parler d’une probable fête aux Champs Elysées malgré la défaite, et de mon point de vue, ça m’est égal car je considère qu’une défaite ne doit pas être fêtée». Ces propos résument l’amertume de ce technicien qui n’a cessé de parler de consécration, même lorsque les Tricolores peinaient au premier tour. En somme, les Italiens ont mérité leur sacre alors que dans l’autre camp, on ne doit nullement rougir de cette douloureuse défaite. Kamel ZAIEM -------------------------------------------------------------------------------------- * Fiche technique : Stade: Olympiastadion de Berlin Spectateurs: 69.000 Arbitre: Elizondo (Arg) Italie - France 1-1 a.p (TAB 5-3) * Buts Italie: Materazzi (19’) France: Zidane (7 pen) * Tirs au but réussis Italie: Pirlo, Materazzi, De Rossi, Del Piero, Grosso France: Wiltord, Abidal, Sagnol * Tir au but manqué France: Trezeguet * Cartons jaunes Italie: Zambrotta France: Sagnol, Diarra, Malouda * Carton rouge France: Zidane * Formations Italie: Buffon, Zambrotta, Cannavaro, Materazzi, Grosso, Gattuso, Pirlo, Camoranesi (Del Piero 86’), Totti (De Rossi 61’), Perrotta (Iaquinta 61’), Toni. France : Barthez, Sagnol, Thuram, Gallas, Abidal, Vieira (Diarra 56’), Makelele, Ribéry (Trezeguet 100’), Zidane, Malouda, Henry (Wiltord 107’).


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com