Bilan : Une 18ème édition entre maîtrise tactique et défense de fer





La 18ème Coupe du monde qui s’est achevée avant-hier avec la victoire de l’Italie, aura consacré une approche du jeu tactique, avec des équipes d'abord bâties pour ne pas encaisser de but, au détriment de formations portées sur le jeu et vite éliminées comme le Brésil. L'Italie et la France, mais également l'Allemagne et le Portugal ont bâti leur succès sur la maîtrise et la rigueur. Pour les deux finalistes, cela s'est en plus traduit par des défenses imperméables: 2 buts encaissé par l'Italie, 3 pour la France. Les défenses sont-elles mieux armées, ou les grands attaquants disparaissent-ils ? Toujours est-il qu'en 64 matches disputés, 147 buts ont été inscrits, soit une moyenne de 2,30 buts par match. L'édition 2006 ne restera pas dans l'histoire: il faut remonter au Mondial-90 pour trouver pire (2,21). La rigueur était manifestement toute européenne, puisque pour la première fois depuis 1982 (et pour la 4ème dans l'histoire), il n'y a pas eu de sélection sud-américaine en demi-finales. Et les autres? A la trappe: l'Afrique, qui organisera pourtant le Mondial en 2010, n'a eu qu'un représentant en 8ème (le Ghana), tandis que les équipes asiatiques n'ont pas franchi le 1er tour quatre ans après la demi-finale de la Corée du Sud. La tradition, bousculée en 2002 (Sénégal, Etats-Unis et Corée du Sud en quarts), a prévalu. Le Brésil, champion du monde en titre - et quintuple vainqueur -, ainsi que son grand rival, l'Argentine, ont été les principales victimes de ce aMondial. La Seleçao, venue en Allemagne avec le statut de "mais-qui-pourra-battre-le-Brésil?", a explosé dès lors qu'elle a dû se frotter à une équipe bien mieux organisée qu'elle, la France (0-1), sa bête noire dans l'épreuve (3 défaites en 1986, 1998 et 2006). Le "carré magique" - Kaka, Ronaldinho, Ronaldo, Adriano - qui devait tout casser a été asphyxié. * Retour de bâton Trop sûr de lui, le Brésil a cru pouvoir se reposer sur ses phénoménales individualités, ne procédant pratiquement jamais, par exemple, à des réglages tactiques à l'entraînement. Mais cela s'est fait au détriment du collectif et le retour de bâton a été sévère. Une notion de collectif que l'on retrouve chevillée au corps des Français - "Notre mot à nous, c'est: on doit tous mourir ensemble", a expliqué le capitaine Zidane après la demi-finale - et plus encore chez les Italiens qui ont puisé dans les sombres affaires du Calcio un surcroît de motivation. Signe complémentaire de solidarité pour la Squadra Azzurra: ils ont marqué 12 buts grâce à 10 buteurs différents, et cinq fois grâce à des remplaçants. L'Argentine avait, elle aussi, des airs de "dream team" avec Riquelme, Saviola, Tevez, Messi, Crespo ou Aimar. Mais après un 1er tour brillant, elle s'est heurtée à l'Allemagne (1-1, 2 t.a.b. à 4), victime, aussi, du coaching défaillant de son sélectionneur José Pekerman: alors que son équipe menait 1 à 0 contre les Allemands. Ses changements ont désorganisé sa formation. "Depuis le début de la Coupe du monde on voit que toutes les équipes qui jouent au ballon ont été éliminées: l'Argentine, l'Espagne, le Brésil... Sur des compétitions comme ça, l'organisation défensive est primordiale", analysait justement Willy Sagnol après France-Brésil. "Rien ne sert de courir, il faut partir à point", aurait pu ajouter le défenseur français: franchement peu inspirés au 1er tour (0-0 face à la Suisse, 1-1 contre la Corée du Sud), les Bleus ont retrouvé leur football à partir des 8èmes de finale (3-1 contre l'Espagne). La condition physique a également joué un rôle majeur. La leçon du Mondial 2002, où nombre de joueurs étaient apparus au bout du rouleau, a été retenue. L'Allemagne et, plus encore, la France ont été en pointe en ce domaine. Les trentenaires Zidane, Makelele, Thuram et Vieira, dont l'état de forme laissait songeur en mai, pris en main par un préparateur physique, sont montés en puissance au fil de la compétition et ont été les moteurs de la réussite française. Idem pour le capitaine et défenseur italien Cannavaro. Tout comme il n'y a pas eu de surprises au fil des tours - les huit têtes de série en 8èmes, six anciens champions du monde en quarts en plus de l'Ukraine et du Portugal -, aucun talent n'a ainsi éclaté comme Pelé ou Beckenbauer naguère. Si le Français Ribéry a séduit par sa vitesse, tout comme l'Allemand Odonkor ou le Portugais Cristiano Ronaldo, si les attaques espagnole (Torres, Villa), argentine (Messi, Tevez) et néerlandaise (Robben, Van Persie) ont de l'avenir, ce sont des valeurs sûres qui ont tiré leur épingle du jeu. Et si l'Allemand Klose (5 buts) a terminé meilleur buteur, c'est pourtant Ronaldo qui a inscrit son nom dans l'histoire. Gros ou pas - les critiques n'ont jamais cessé à son égard -, l'attaquant brésilien a marqué 3 buts et battu un record mythique: avec 15 buts en quatre participations (mais il n'a pas joué une seule minute en 1994), il est devenu le meilleur buteur de l'histoire devant l'Allemand Gerd Mùller. Une petite consolation pour le Brésil. ------------------------------------------------------------------------------ * Faits et chiffres : - Le Portugais Ricardo est le premier gardien à arrêter trois tirs au but en Coupe du monde. - En marquant contre la Serbie-Monténégro (6-0), l’Argentin Lionel Messi est devenu à 18 ans et 357 jours le cinquième buteur le plus jeune de l’histoire de la Coupe du monde. - L’Iranien Yahya Golohammadi est devenu, à 36 ans et 84 jours, le 5ème buteur le plus âgé de l’histoire en marquant contre le Mexique le 11 juin. - Le gardien de but tunisien Ali Boumnijel est devenu, à 40 ans et 71 jours, le 5ème joueur le plus âgé à disputer un match de phase finale, le 23 juin contre l’Ukraine. - L’Allemand Otto Pfister, sélectionneur du Togo est devenu, à 68 ans et 211 jours, le deuxième sélectionneur le plus âgé de l’histoire de la Coupe du monde. - Le gardien français Fabien Barthez détient conjointement avec l’Anglais Peter Shilton le record de matches (10) de Coupe du monde sans encaisser un seul but. - En remportant quatre matches en Allemagne, le Brésil a établi, une série de 11 matches consécutifs sans défaite. - L’Argentin Horacio Elizondo est le premier arbitre en 18 éditions de la Coupe du monde à diriger le match d’ouverture et la finale. Son collègue mexicain, Benito Archundia, est devenu le premier à officier durant cinq rencontres dans une même phase finale. - Le 8ème de finale entre le Portugal et les Pays-Bas le 25 juin est devenu le match le plus «cartonné» de l’histoire de la Coupe du monde avec 16 cartons jaunes et quatre cartons rouges. ------------------------------------------------------------------------------ * Buts : 2,30 par match Total des buts : 147 en 64 matches, soit une moyenne de 2,30 par match, contre 161 en 2002 (2,52). Premier tour : 117 buts (130 en 2002) 8èmes de finale : 15 buts (17 en 2002) Quarts de finale : 6 buts (5 en 2002) Demi-finales : 3 buts (2 en 2002) 3ème place : 4 (5 en 2002) Finale : 2 (2 en 2002) ------------------------------------------------------------------------------ * Public : 52609 en moyenne L’affluence totale a été de l’ordre de 3,367 000 millions avec une moyenne de 52.609 spectateurs qui est la deuxième plus importante de l’histoire de la Coupe du monde : seul le Mondial américain en 1994, avec des stades plus grands, a réalisé une moyenne supérieure (68.604).


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com