Des dizaines de morts dans des violences confessionnelles en Irak : Le gouvernement dans le collimateur





Le Parlement irakien a convoqué les ministres de la Défense et de l'Intérieur pour s'expliquer sur les violences confessionnelles sans précédent à Bagdad, qui se sont encore traduites hier par l'exécution de 36 Irakiens dont dix chiîtes accompagnant la dépouille d'un proche. Le Quotidien-Agences "Les deux ministres ont été invités à venir discuter jeudi (demain NDLR) de la situation de la sécurité à Bagdad", a dit à l'Assemblée un des ses deux vice-présidents, le chiîte Khaled al-Attiya. Alors que Bagdad connaît depuis trois jours des violences confessionnelles ayant coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes, le député kurde Mahmoud Osmane a déclaré qu'"il fallait trouver une solution car la situation était devenue incontrôlable et le plan de sécurité mis en application n'avait pas réussi" dans la capitale. "Pourquoi les leaders politiques ne se sont pas rencontrés et pourquoi se contentent-ils de publier des communiqués ?", s'est-t-il interrogé. Mais le député chiîte Hadi al-Amiri, président de la Commission de la sécurité au Parlement, a estimé que les violences étaient "une attaque frontale des terroristes contre le plan de réconciliation" nationale du Premier ministre Nouri al-Maliki. * Attaque-riposte Au moins 36 personnes ont péri hier dans une nouvelle vague de violences en Irak, dont dix chiîtes exécutés à la sortie de Bagdad et dix soldats irakiens tués lors d'un raid dans le nord, selon des sources sécuritaires. Depuis dimanche, Bagdad est le théâtre de violences confessionnelles qui ont fait plus de 120 morts et qui ravivent les craintes d'une guerre civile dans le pays. Les dix chiîtes, qui accompagnaient dans un bus la dépouille d'un de leurs proches vers la ville sainte chiîte de Najaf, ont été exécutés le matin par des inconnus sur la voie rapide à la sortie sud de Bagdad, selon une source au ministère de la Défense. Les assaillants ont fait sortir les occupants du bus et les ont exécutés dans la région de Doura, un quartier extrêmement violent à majorité sunnite. Les chiîtes enterrent généralement leurs morts dans la nécropole de Najaf, à 160 km au sud de Bagdad. Ils doivent pour cela traverser des zones sunnites dangereuses, dont Doura et le "triangle de la mort" formée de trois localités. A 260 km au nord-ouest de Bagdad, dix soldats irakiens, qui voulaient mener une opération dans le village de Salmane près de Shorqat, ont été tués et trois blessés lors d'affrontements avec les habitants, a indiqué une source de sécurité. Selon cette source, les accrochages ont éclaté à l'entrée des soldats avant l'aube dans le village, dans la province à majorité sunnite de Salahedinne. L'armée américaine a été appelée à la rescousse et le village a été encerclé. A Bagdad, trois restaurants ont été visés par des attaques. Dans le centre de la capitale, cinq personnes ont été tuées et dix blessées dans un double attentat contre deux restaurants proches de la Zone verte, secteur ultra-protégé où se trouve notamment l'ambassade des Etats-Unis. Une première voiture a explosé près du restaurant Serwan et au même moment un kamikaze à pied a fait détonner sa bombe devant le restaurant Simsim, loin de quelques dizaines de mètres, a indiqué la police. Un troisième restaurant a été la cible d'une voiture piégée dans l'arrondissement de Karadah à Bagdad faisant deux tués et 10 blessés, a-t-on indiqué de source hospitalière. A 250 km au sud de Bagdad, dans la ville pétrolière et multiethnique de Kirkouk, un ingénieur de la Compagnie pétrolière du nord (NOC) a été tué ainsi qu'un autre passager par des inconnus qui ont tiré sur son pick-up. Dans la région de Baaqouba, à 60 km au nord de Bagdad, sept personnes ont été assassinées, dont un épicier qui officiait également comme moukhtar (chef de quartier) abattu par balle dans son échoppe, un commerçant tué dans le marché de la ville, et deux civils tués à bord de leur voiture.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com