Fabio Cannavaro : Le centenaire champion du monde





Souverain lors du Mondial-2006, le capitaine italien Fabio Cannavaro a pris sa revanche en soulevant le trophée de la Coupe du monde, dimanche, un geste fort et inoubliable pour celui qui pestait jusqu'ici contre une carrière internationale "rageante". Pour l'histoire, le jour de sa 100e sélection, Cannavaro, 32 ans, a ainsi soulevé le plus fabuleux des trophées au Stade Olympique de Berlin. "Nous voulions le trophée et nous nous sommes battus de toutes nos forces. Je suis vraiment très heureux car personne n'y croyait au début du Mondial. Mais nous l'avons mérité", s'est-il félicité peu après le match. "Au début du tournoi, on a vu que Fabio avait 93 sélections. 93+7, cela faisait 100. On y est", expliquait quelques jours avant la finale le sélectionneur Marcello Lippi, qui a une confiance presque aveugle en un joueur qu'il a eu sous ses ordres en 1993 à Naples lorsque les deux n'étaient encore que des seconds couteaux. "Cela fait du bien d'atteindre une marque importante mais je suis loin du record de Paolo (Maldini, 126 sélections)", répliquait Cannavaro. Au Mondial, le joueur de la Juventus (la meilleure défense du Calcio), a dirigé la meilleure défense du Mondial avec deux buts encaissés : un but contre son camp au 1er tour et le penalty de Zidane en finale. Véritable patron et guide, il n'a pas hésité à crier sur ses coéquipiers et notamment à recadrer son associé Marco Materazzi, remplaçant de Nesta et aux performances en dents de scie. Mais il aussi fait jouer sa complicité avec le gardien Gianluigi Buffon et le latéral droit Gianluca Zambrotta, ses deux coéquipiers de la Juve. Contre l'Allemagne en demi-finale (2-0 a.p.) puis en finale contre la France (1-1, 5 t.a.b. à 3), Cannavaro a effectué plusieurs interventions décisives, subtilisant le ballon en reprenant plusieurs mètres à des attaquants ou en s'interposant de justesse devant des adversaires. "Il fait un super Mondial. Son rendement en fait le numéro 1. C'est le meilleur défenseur du monde actuellement", déclarait Lippi après la demi-finale. * Pas un enfant de chœur La motivation pour être sacré champion du monde et succéder au légendaire Dino Zoff sacré en 1982, Cannavaro l'a cherchée dans... la défaite. "On a accumulé pas mal de rage avec deux déceptions majeures! En 2002, on a perdu contre le pays hôte (Corée du Sud) dans des conditions douteuses (arbitrage très controversé). Et au Portugal, on a échoué...", assurait amèrement le N.5 au camp de base de l'Italie à Duisbourg. A l'Euro-2004, l'Italie avait été éliminée dès le 1er tour au profit du Danemark et de la Suède (qui avaient fait match nul lors du dernier match de poule). "On utilise cette rage dans le bon sens sur le terrain", ajoutait, vengeur, Cannavaro, qui se souvenait aussi d'avoir vécu la défaite aux tirs au but au Stade de France, face à la France, en quart de finale du Mondial-1998. "La défaite à Paris fait encore mal. J'étais jeune mais c'est encore douloureux", ajoute Cannavaro, qui n'a pas non plus le passé vierge d'un enfant de chœur. Contrôlé avec un hématocrite trop élevé en 1998, filmé en train de jouer avec une seringue de créatine en 1999, interrogé dans le cadre de transferts douteux, proche de Luciano Moggi, un des acteurs principaux du scandale du Calcio - qu'il n'a pas hésité à défendre juste avant le Mondial, provoquant la fureur de la Fédération -, Cannavaro a toujours réussi à passer entre les gouttes sans que sa popularité s'en trouve entachée.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com