Rumsfeld à Bagdad : Soutenir un gouvernement à la dérive





Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a entamé hier une visite surprise en Irak pour parler sécurité, après des violences confessionnelles sanglantes sans précédent à Bagdad, alors que le Premier ministre irakien a promis de vaincre la violence à Bagdad où, selon lui, la guérilla tente de prendre le contrôle de la partie ouest, à majorité sunnite, et de diviser la ville en deux. Le Quotidien-Agences Rumsfeld, arrivé sur une base aérienne à Balad, au nord de Bagdad, en provenance d'Afghanistan, a estimé que le gouvernement irakien devait trouver une réponse politique à la question des milices chiites et traiter ensuite les groupes récalcitrants au processus de réconciliation nationale. Il a précisé que la sécurité a été au centre de ses entretiens avec Maliki, ajoutant que les commandants militaires n'étaient pas au stade de faire des recommandations sur une réduction des troupes américaines en Irak. Rumsfeld a insisté en outre sur le fait que les soldats américains responsables de bavures en Irak devraient être poursuivis par la justice américaine. Il a ainsi rejeté implicitement un appel de Maliki à la levée de leur immunité après le viol d'une Irakienne par des GI's et son meurtre ainsi que trois de ses proches. Le chef du Pentagone a, par ailleurs, rencontré les commandants militaires pour évaluer la situation sécuritaire à Bagdad où, selon lui, les forces américaines sont passées de 40.000 à 50.000 hommes et où d'autres renforts peuvent être déployés pour faire face aux violences confessionnelles croissantes. Il a estimé que la maîtrise de la violence sera avant tout politique, ajoutant que le gouvernement devait "se réconcilier avec les sunnites et trouver une solution au problème des groupes chiites armés". "Et il devra ensuite utiliser les forces irakiennes et celles de la coalition contre les récalcitrants", a-t-il dit. * Promesse S'adressant au Parlement, Maliki s'est dit déterminé à maîtriser la situation de la sécurité, surtout à Bagdad. "Notre détermination est grande pour maîtriser rapidement cette situation", a déclaré Maliki, affirmant que toute tentative par les rebelles pour "prendre le contrôle d'une partie de Bagdad serait vouée à l'échec". "Nous avons la ferme intention d'encercler vite ces criminels", a martelé Maliki, en disant que les ministres de l'Intérieur Jawad Poulani et de la Défense Abdel Kader Mohammed Jassem viendraient expliquer jeudi aux députés les détails de leur plan sécuritaire. Il a déploré les "meurtres à l'aveuglette, les attaques contre les civils innocents et les enlèvements", au moment où Bagdad connaît des violences confessionnelles sans précédent. Maliki a reconnu que la lutte contre la violence demandait de meilleurs renseignements et appelé les hommes politiques à mieux soutenir l'action du gouvernement en ce qui concerne la lutte contre ce fléau.Il a affirmé que son gouvernement s'employait à "préserver les forces de sécurité des influences partisanes et de celles des milices", ajoutant avoir l'intention d'"interdire toute activité politique au sein de ces forces". Le chef du plus grand bloc parlementaire sunnite, Adnane al-Doulaïmi, a vivement contesté la thèse du Premier ministre, tout en lui apportant son soutien pour le plan de sécurité et le projet de réconciliation nationale. "Je me demande qui veut occuper Karkh (sur la rive ouest du Tigre à Bagdad)? Les gens de Karkh vivent pacifiquement dans leur maison et ils sont attaqués partout, dans leurs mosquées, maisons et magasins. Leurs moquées et maisons ont été brûlées", a-t-il lancé. Bagdad, où près de 100 personnes ont péri dans des violences entre chiites et sunnites en trois jours, a connu de nouvelles attaques qui ont fait plus de 34 morts, tandis que 60 à 80 chiites ont été enlevés par des hommes armés au nord de Bagdad, selon le député chiite Jalel Eddine al-Saghir.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com