Réunion à Paris sur le nucléaire iranien : Téhéran défie les grands en désaccord





Les six grandes puissances engagées dans la recherche d'une issue à la crise du nucléaire iranien se sont réunies hier à Paris pour tenter de trouver une réponse au refus de Téhéran d'arrêter ses activités d'enrichissement de l'uranium. Le Quotidien-Agences La chef de la diplomatie américaine Condoleezza Rice, arrivée en fin de matinée à Paris, a jugé "décevante et incomplète" la réponse apportée mardi par le principal négociateur iranien Ali Larijani lors d'une rencontre à Bruxelles avec le haut représentant diplomatique de l'Union européenne, Javier Solana. Solana a lui-même fait savoir que ses entretiens avec l'émissaire iranien sur les propositions des grandes puissances avaient été "décevants". La réponse des Six sera vraisemblablement de relancer le Conseil de Sécurité de l'ONU, mais l'Iran peut revenir à la table des négociations, à condition de suspendre l'enrichissement, selon Rice. "La négociation reste encore la meilleure voie" pour régler ce problème, a-t-elle estimé. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a, quant à lui, souhaité de Moscou que les négociations entre Téhéran et les six grandes puissances commencent "le plus tôt possible". Les six pays (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne) ont présenté le 6 juin une offre de coopération technologique et commerciale, subordonnée à la suspension par Téhéran de tout enrichissement d'uranium. Outre Rice et Lavrov, sont également présent dans la capitale française les chefs de la diplomatie britannique et de la diplomatie allemande, Margaret Beckett et Frank-Walter Steinmeier, un vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zhang Yesui, ainsi que Solana. Une précédente réunion entre les ministres des Affaires étrangères des Six s'était déroulée le 1er juin à Vienne, pour aboutir à un accord sur le paquet de propositions à présenter à Téhéran. Américains et Européens en particulier exigent une réponse rapide à cette offre et à ses conditions, sous peine de relancer les démarches au Conseil de sécurité des Nations unies en vue de possibles sanctions contre Téhéran. Russes et Chinois de leur côté se sont montrés jusqu'à présent très réservés face à d'éventuelles sanctions contre la République islamique, les jugeant contre-productives. Ce dossier devrait être une nouvelle fois examiné lors du sommet des chefs d'Etat ou de gouvernement du G8 qui a lieu du 15 au 17 juillet en Russie, à Saint-Pétersbourg. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a pour ,sa part, déclaré hier que l’Iran ne négociera pas ses «droits indéniables» à un programme nucléaire. Son négociateur Ali Larijani a assuré à Bruxelles que les Iraniens jugeaient globalement "acceptable" le "noyau de l'offre" de coopération des grandes puissances, tout en confirmant implicitement qu'ils refusaient la suspension de l'enrichissement comme condition préalable.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com