Ben Ali à l’occasion de la Journée du Savoir : «Nous avons misé sur l’investissement dans l’intelligence et la société de la connaissance afin de promouvoir l’esprit d’initiative et de créativité»





Le Président Zine El Abidine Ben Ali a présidé, hier matin, une cérémonie, à l’occasion de la célébration de la Journée nationale du savoir, au cours de laquelle il a honoré la famille éducative et universitaire, ainsi que les élèves et les étudiants, lauréats des examens de fin d’année scolaire et universitaire. Carthage-TAP Le Chef de l’Etat a prononcé, à cette occasion, un discours dont voici le texte : «Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux Mesdames, Messieurs, Je vous retrouve de nouveau, en cette occasion privilégiée que nous avons pris coutume de célébrer chaque année, pour honorer le savoir et témoigner de notre considération envers la famille élargie de l'éducation, qu'il s'agisse du corps enseignant, des chercheurs, du personnel administratif ou de l'ensemble des employés des établissements d'enseignement, de formation et de recherche. Tout en leur exprimant, à tous, mes remerciements, mes témoignages d'appréciation et d'estime pour les efforts louables qu'ils déploient dans l'accomplissement de leur noble mission, et pour leur attachement constant à remplir leur noble devoir de formation de nos jeunes générations, je tiens à saluer l'ensemble de nos élèves et étudiants et à les encourager à fournir toujours plus d'effort, en félicitant ceux qui, parmi eux, ont réussi et que nous allons récompenser dans quelques instants, par l'attribution de prix et la distribution du premier lot d'ordinateurs portables que nous avions décidé d'octroyer, tous les ans, aux plus méritants des élèves et étudiants. Je voudrais également féliciter tous ceux qui, parmi les éducateurs, les institutions éducatives et les comités de maintenance, vont recevoir tout à l'heure des décorations et des prix. Il me plaît également d'exprimer, à cette occasion, mes plus vifs remerciements au Professeur Jaime Gil Aluja, président de l'Académie espagnole des sciences économiques et financières, ainsi qu'aux membres de la délégation qui l'accompagne, pour m'avoir décerné la Médaille de cette Académie, en saluant cette initiative, ainsi que l'esprit qui anime les membres de cette Académie pour renforcer la communication et la complémentarité avec les centres des sciences, de la connaissance et de la culture des pays de la rive Sud de la Méditerranée. Je voudrais également remercier le Pr. Jaime Gil Aluja, pour les nobles sentiments qu'il a exprimés à l'endroit de la Tunisie, de son peuple et de sa direction. Mesdames, Messieurs, Nous avons, depuis le début du Changement, accordé au secteur de l'éducation une sollicitude continue, en veillant à son évaluation, à sa promotion et au suivi de son évolution dans le cadre d'une approche prospective cohérente qui tient compte du développement que connaît notre pays dans les différents domaines, et qui accompagne les innovations scientifiques et technologiques qui se produisent dans le monde. Nous sommes fiers des acquis remarquables que nous avons réalisés dans ce domaine, et déterminés à aller de l'avant dans la promotion de notre système éducatif, pour le porter aux meilleurs niveaux. Dans le but de consolider les efforts que nous avons accomplis pour la mise à niveau de l'école tunisienne, tous cycles et domaines de spécialisation confondus, et l'élévation du niveau des connaissances et des compétences professionnelles de ceux qui y travaillent, nous annonçons notre décision de créer des écoles des métiers de l'éducation et de la formation, répondant aux exigences du bond qualitatif souhaité, et garantissant une formation conforme aux normes internationales et adaptée aux mutations que connaît l'université. Nous appelons, en outre, à accorder plus d'attention à la recherche éducative et pédagogique, compte tenu de son rôle dans l'enrichissement de l'action éducative et dans la prospection des voies et moyens de sa promotion, et ce, en dotant le Centre national de l'innovation pédagogique et des recherches éducatives, des instruments et moyens dont dispose le secteur de la recherche scientifique, afin qu'il puisse créer des laboratoires et des unités de recherche conformes aux normes appliquées en la matière. Etant convaincus que l'école primaire est la base première du système éducatif, et que c'est elle qui détermine l'orientation ultérieure des études de l'élève, nous réaffirmons notre volonté de continuer à améliorer sa situation ainsi que les conditions de travail en son sein. Dans ce cadre, nous ordonnons d'en réviser les méthodes de gestion, afin d'en consolider l'autonomie et d'introduire une flexibilité dans la gestion administrative de ses affaires. Nos efforts se poursuivent, également, pour la promotion accrue de l'ensemble de nos institutions éducatives, et la réalisation des objectifs que nous leur avons fixés pour l'étape à venir. Nous apprécions, à cet égard, l'action assidue qui est menée par les responsables de ces structures, et nous nous employons à leur assurer les meilleures conditions possibles pour qu'ils puissent accomplir au mieux leur noble mission. Eu égard aux efforts importants que les responsables de nos institutions éducatives fournissent en matière d'encadrement, nous ordonnons d'adapter l'indemnité de fonction servie aux directeurs de lycées et collèges, à la taille de l'établissement dont ils ont la charge, et à l'importance du travail administratif, éducatif et d'encadrement requis. Dans le prolongement de la décision que nous avions prise l'année dernière, relative à l'octroi aux régions de compétences plus étendues et au renforcement de la décentralisation dans la gestion de leurs affaires dans le domaine éducatif, nous ordonnons d'amender les textes de lois régissant les directions régionales de l'éducation et de la formation, afin de les adapter à ce bond qualitatif auquel nous aspirons. Nous tenons à réaffirmer, à cette occasion, notre attachement à conférer à ce secteur ses dimensions nationales intégrales, aux plans de l'éducation, de l'enseignement, de la technologie, de la culture et du sport, dans ses différents cycles et filières de spécialisation, et à faire en sorte que les programmes scolaires, en général, contribuent à enraciner l'identité de l'élève, à développer en lui l'esprit de citoyenneté et à consacrer son appartenance à la Tunisie et sa fidélité à sa seule bannière. Nous invitons, également, à octroyer une plus grande attention à l'activité culturelle et sportive en milieu scolaire, eu égard à son rôle déterminant dans la réalisation de l'équilibre de l'élève, l'approfondissement de sa formation, le développement de ses talents et vocations et son initiation à la vie collective, qui est faite d'apport, de créativité et d'agrément. En vue de stimuler davantage cette activité et de la diversifier, nous ordonnons de créer des espaces culturels scolaires qui seront par la suite généralisés progressivement dans toutes les régions, et serviront d'élément du processus éducatif au sein des établissements scolaires. Mesdames, Messieurs, Nous avons accordé au secteur de la formation professionnelle une place privilégiée au sein du système éducatif, et lui avons apporté des réformes fondamentales, tout en prenant en sa faveur un ensemble de mesures et initiatives, afin qu'il soit en interaction avec notre environnement économique, en complémentarité avec les systèmes d'éducation et d'enseignement supérieur, et qu'il puisse satisfaire aux critères de la qualité et à ses normes internationales, tant il est vrai que remporter le pari de la compétitivité reste tributaire de notre aptitude à former des ressources humaines de haut niveau, aptes aux meilleures performances, et capables d'accompagner les progrès de la science et de la technologie et de contribuer à l'enrichissement du développement national intégral. C'est pourquoi nous appelons, dans le cadre de la réalisation de notre Programme pour la Tunisie de demain, et des objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés, de rationaliser davantage cette stratégie et de continuer à mettre à niveau ce secteur, de manière à lui garantir un bond qualitatif qui en fasse une filière de réussite préparant les jeunes pour les métiers de demain et les nouvelles formes de travail. Mesdames, Messieurs, Les indicateurs de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique universitaire dans notre pays sont en constante évolution, grâce aux réformes fondamentales que nous avions ordonné d'apporter, au niveau de la structuration des programmes de la formation et de ses objectifs. C'est dans ce cadre que se situe notre décision de changer le système de diplômes nationaux universitaires en système LMD dans lequel l'étudiant passe de la Licence au Mastère, puis au Doctorat, afin que notre système d'enseignement supérieur soit adapté aux normes de formation et de qualité appliquées dans les pays développés. Cette réforme vise à améliorer davantage le taux de réussite dans l'enseignement supérieur, qui est aujourd'hui de 70%. Nous nous sommes employés à faire en sorte que l'adoption du système LMD constitue une occasion propice à la réalisation des objectifs stratégiques de l'enseignement supérieur, et avons préconisé le développement des offres de formation, à travers la révision des programmes, la diversification des filières, le renforcement des côtés pratiques et l'amélioration de leur qualité. Le dialogue fécond qui a été organisé au cours de ces derniers mois, entre les diverses composantes de la famille de l'enseignement supérieur, professeurs, superviseurs et étudiants, au sujet du système LMD, n'est que le témoignage concret de l'unanimité qui s'est faite sur ce projet de réforme, qui est conforme aux normes internationales et développe le partenariat entre les établissements d'enseignement supérieur et leur environnement socio-économique. Nous commencerons à appliquer cette orientation dès la prochaine année universitaire, par l'entrée de 60 établissements universitaires dans le nouveau système universitaire, et l'institution de 142 diplômes de licence, dont 110 licences appliquées sur un total de 148 sections nouvellement créées. Dans le cadre des objectifs énoncés dans notre Programme pour la Tunisie de demain et relatifs à la création dans les gouvernorats de l'intérieur du pays, d'institutions universitaires pouvant accueillir 150.000 étudiants, nous poursuivrons, au cours de la prochaine année universitaire, ces nouvelles créations dans le sens de la répartition régionale graduelle des institutions d'enseignement supérieur et de recherche, de telle sorte que le nombre de ces institutions atteigne 193, ce qui correspond à la création de 15 nouvelles universités. Il ne fait pas de doute que les impératifs de la compétitivité internationale, dans les domaines de l'enseignement supérieur et de la recherche, nous commandent de redoubler d'efforts pour améliorer les indicateurs de qualité, aux plans de l'encadrement, de l'enseignement et de la recherche, afin de hisser nos institutions d'enseignement et de recherche au niveau des universités et centres de recherches les plus renommés au niveau mondial. C'est pourquoi nous préconisons de mettre en place les formules pratiques pour la généralisation de l'auto-évaluation dans l'ensemble des établissements universitaires, et l'instauration d'un plan quinquennal pour la généralisation de l'évaluation externe. Dans le souci d'associer l'enseignement privé, au renforcement de notre système universitaire et la diversification de ses institutions, nous avions eu à ordonner d'élaborer le cadre législatif de cet enseignement, et avions institué des encouragements et des incitations pour stimuler l'investissement privé dans l'enseignement supérieur et le logement universitaire. Nous avons adopté, dans l'encouragement de ce secteur, les principes du partenariat et des liaisons étroites avec les universités publiques, dans le cadre de la complémentarité des fonctions entre les institutions gouvernementales et les institutions privées. Nous exhortons les promoteurs à déployer davantage d'efforts pour développer l'investissement dans l'enseignement supérieur, pour en garantir la qualité et renforcer ses aptitudes à l'évolution et sa compétitivité. Mesdames, Messieurs, La résistance de notre économie nationale face aux crises successives que connaît le monde et à la hausse vertigineuse des prix des carburants, est due essentiellement à notre détermination à compter sur nos capacités et moyens propres, et tout particulièrement sur nos ressources humaines, et leur capacité à s'adapter aux mutations mondiales, ainsi qu'à la création et l'innovation. Le secteur de la recherche scientifique et technologique constitue, à cet égard, l'une des bases fondamentales de l'économie moderne, à travers le renforcement de la compétitivité de nos entreprises et la création d'une nouvelle génération de projets et d'activités à haute valeur ajoutée. Autant nous comptons sur nos compétences nationales travaillant en Tunisie, autant nous comptons sur les compétences tunisiennes établies à l'étranger, pour qu'elles apportent leur participation à l'effort national de développement. Nous appelons à rationaliser davantage l'utilisation des ressources que l'Etat consacre à la formation de nos étudiants au niveau du troisième cycle et au-delà, dans certaines spécialisations avancées à l'étranger, dans l'objectif de limiter les effets négatifs résultant de l'accroissement de la fuite des cerveaux sur l'économie nationale, et pour que tout bénéficiaire d'une bourse de l'Etat honore ses engagements et soit digne des sacrifices que la communauté nationale consent au profit de ses jeunes. Tout en enregistrant la réussite de la coopération avec les chercheurs tunisiens résidant à l'étranger, et qui a permis, depuis son démarrage en 2004, d'établir des relations avec 72 chercheurs-visiteurs, nous annonçons notre décision de généraliser ce programme de telle sorte qu'il englobe tous les experts tunisiens établis à l'étranger qui se sont distingués par leurs connaissances et leurs compétences afin de les associer à des projets de recherche et de développement, au sein des structures de recherche ou des entreprises économiques nationales, en plus de leurs contributions à l'élaboration d'études relatives aux grands projets de développement. Les décisions et mesures que nous avons prises depuis le Changement nous ont permis de mettre en place un système évolué et cohérent de recherche scientifique et d'innovation technologique, participant efficacement à la modernisation des divers domaines de la science et de la technologie, et à la réduction du fossé numérique et technologique qui nous sépare des pays développés. Le nombre des structures de recherche de base financées par l'Etat a atteint 139 laboratoires et 624 unités de recherche opérant au sein de 31 centres publics de recherches et dans les diverses institutions universitaires. Afin d'introduire davantage de souplesse dans la gestion financière et administrative des structures de recherche, conformément à la nature de leurs activités, la loi d'orientation que nous avons ordonné d'amender porte création d'une agence de promotion de la recherche, de l'innovation et de la création d'entreprises, qui prendra la forme d'une entreprise publique servant de trait d'union entre les secteurs de la recherche et de la production, et aura pour tâche d'identifier les projets technologiques, de valoriser les résultats des travaux de recherche et de faciliter la gestion des ressources financières et des équipements spécialisés. La promotion de l'innovation technologique requiert l'instauration d'une complémentarité adéquate entre les structures de recherche, les unités de production et les institutions de formation, les pôles technologiques constituant à cet égard l'espace idoine pour mettre en œuvre le désir de coopération de l'ensemble de ces composantes. Nous avons dernièrement promulgué un texte de loi instaurant un cadre flexible pour la gestion des pôles technologiques, ce qui ouvre ainsi la voie devant le secteur privé pour contribuer à la gestion de ces pôles, et permet d'accélérer le rythme de leur réalisation et de renforcer le partenariat entre le secteur de la production, le système de recherche scientifique et les institutions d'enseignement supérieur. L'effort national accompli au profit de la recherche et de l'innovation technologique ne saurait se limiter aux seules dépenses publiques, et doit nécessairement s'appuyer également sur l'investissement privé. J'appelle les entreprises économiques du secteur privé à s'engager pleinement dans le processus de modernisation et à adhérer au choix de la mise en place de l'économie du savoir, et ce, en augmentant leur contribution aux activités d'innovation et de développement au sein de leurs propres structures, de manière à assurer l'amélioration de leur compétitivité, la préservation de leurs marchés traditionnels et la conquête de nouveaux marchés. Mesdames, Messieurs, Nos ressources humaines constituent notre richesse la plus importante, en même temps que notre capital le plus durable pour faire face aux défis de l'étape présente et remporter ses enjeux. C'est notre voie la plus sûre pour accéder au progrès et assurer l'invulnérabilité. Nous avons misé, en Tunisie, sur l'investissement dans l'intelligence et la construction de la société de la connaissance. Nous n'avons ménagé aucun effort pour consolider notre système éducatif et promouvoir les secteurs de l'enseignement, de la formation et de la recherche, afin d'assurer l'encadrement de nos fils et de nos filles, élèves et étudiants, et de les élever dans la culture de l'esprit d'initiative et de créativité, pour construire leur avenir et celui de leur patrie. Je suis persuadé que tous les membres de la famille éducative sont conscients de l'ampleur de cet enjeu, et résolus à accomplir leur noble mission avec des compétences sans cesse plus fortes et un sens élevé de la responsabilité, pour assurer le progrès de notre patrie et le bien-être de notre peuple». Ont pris part à la cérémonie de célébration de la Journée nationale du Savoir, le premier vice-président du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), le Premier ministre, le président de la Chambre des députés, le président de la Chambre des conseillers, les membres du Bureau politique du Rassemblement, le mufti de la République et les membres du gouvernement. Ont été également conviés à la cérémonie, les secrétaires généraux des partis politiques, les présidents des organisations nationales, des corps constitués et des conseils consultatifs, ainsi qu’un grand nombre de cadres éducatifs et d’hommes de la culture et des mass média.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com