Plages de mon pays : Tazarka : Petit coin de paradis sous le soleil du Cap-Bon





Avec ses 7000 habitants, Tazarka a su garder son charme et sa spécificité. Elle constitue une région côtière très prisée par de nombreux vacanciers qui y trouvent le soleil, le sable, le calme et la quiétude. Tunis-Le Quotidien Située à quelque 79 bornes de Tunis, Tazarka constitue l’une des plus belles stations balnéaires de Tunisie. Avec une population avoisinant les 7000 habitants, la région a pu garder ses côtes intactes où le sable fin épargné par la pollution humaine crépite encore sous les foulées des vacanciers. Rares sont ceux qui choisissent de passer leurs vacances dans la région car la ville ne dispose pas de l’infrastructure nécessaire pour l’accueil des touristes. Pas d'hôtels, pas de centre de loisirs, pas de marché, pas de centre de publinet. Les habitants de cette coquette ville balnéaire sont parfois obligés de faire leurs emplettes à la ville limitrophe de Korba, située à 3 km de Tazarka. C’est peut-être aussi ce qui a permis à cette belle région de Tunisie de préserver son cachet propre et son originalité. L’activité principale de Tazarka s’appuie sur une agriculture riche et variée, basée notamment comme toute la région du Cap-Bon sur les oranges et les fraises. De vastes champs de culture s’étendent en face de la côte offrant une vue imprenable. La région est réputée depuis l’époque coloniale par sa fertilité. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si certains colons ont choisi de s’y établir. * «Mercanti» A une centaine de mètres du bord de la route de la localité de Mazraâ (située à 1 km du centre de Tazarka), se dressent somptueusement les restes de la demeure abandonnée du «mercanti» selon le terme utilisé par M. Abdessalem, l’un des plus vieux habitants de la région. Le colon était désigné sous le nom de «mercanti», ou riche. M. Abdessalem, 75 ans, se rappelle: «J’ai beaucoup travaillé avec M. Zéni, propriétaire de la ferme qui s’étendait sur toute la région. Il avait même pu s’offrir 2 km à l’intérieur de la mer où il pouvait s’adonner à la pêche à sa guise». On raconte cependant que la maison a été bombardée durant la Seconde Guerre mondiale par les Alliés car elle aurait abrité le dictateur Mussollini. Un grand cratère est encore visible dans le patio de l’entrée principale de la demeure qui, malgré le poids des années et les dommages subis, a gardé tout son charme: de vastes escaliers ornent l’entrée principale qui s’ouvre sur un grand patio. La porte principale donne sur un très grand salon supposé accueillir les invités. Le carrelage, encore intact dans certaines parties de la demeure révèle un goût raffiné de l’architecte. La grande cave, qui s’étend presque sous toute l’habitation, était, nous dit-on, remplie de bouteilles et de barils de vin, fabriqués dans une distillerie vinicole toute proche. Cette cave comme toute la demeure est aujourd’hui abandonnée à son sort, livrée aux pillards qui ont tout ôté, la boiserie, les canalisations, les tuiles… La conjointe de notre interlocuteur, une dame d’un certain âge qui habite aujourd’hui à une dizaine de mètres de la demeure, n’est pas restée insensible à la dégradation de ces lieux. «Ca me fait mal au cœur de voir la demeure du «mercanti» subir un tel sort. J’essaie à chaque fois de dissuader les pilleurs qui, jusqu’à nos jours, se relayent sur les lieux et trouvent toujours quelque chose à emporter». Un fait est cependant frappant dans cette région de Tunisie: beaucoup de terrains agricoles sont exposés à la vente. Il n’est pas difficile de constater que les acquéreurs ont préféré commencer par bâtir des demeures cossues à usage d’habitation. Le béton avance à pas de géant dans cette région et risque de défigurer à jamais cette belle localité de Tunisie. Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com