Irak : La tension reste vive





La tension demeurait vive en Irak, après une poussée des violences contre laquelle le président du Parlement, Mahmoud al-Machhadani a préconisé un front uni des forces politiques du pays. Le Quotidien-Agences L'interdiction pendant quatre heures de toute circulation automobile a été appliquée à nouveau hier dans Bagdad pour prévenir d'éventuelles attaques contre les fidèles pendant la prière hebdomadaire. La capitale saisie de rumeurs sur la préparation d'attaques contre des quartiers sunnites dans la partie ouest de la ville n'a toutefois pas connu de violences majeures hier. Vingt-quatre corps de chiites au total ont été trouvés mercredi à une centaine de km au nord de Baaqouba après l'enlèvement de dizaines de personnes par des hommes armés dans une gare routière. Jeudi dans la soirée, une voiture piégée a explosé à Mossoul, ville sunnite du nord-ouest de l'Irak, tuant trois civils et deux policiers. Quatre personnes, dont un policier, ont été aussi blessées dans l'attaque visant une patrouille de la police, selon une source locale de sécurité. Quelques jours auparavant, Bagdad a connu les pires violences confessionnelles avec des dizaines de morts, notamment des sunnites tués par des hommes en armes dans le quartier Jihad. "Il faut arriver à une entente sur cette question", a déclaré Machhadani, en estimant que c'était là la responsabilités des blocs chiite, sunnite et du courant du chef radical chiîte Moqtada Sadr. Le député kurde Mahmoud Osmane a résumé les interventions des deux ministres en indiquant qu'ils avaient parlé de la difficulté de contrôler la situation en raison de l'"implication des terroristes et des milices" armées. Le manque de mobilité des forces de sécurité et leurs équipements insuffisants ont été également évoqués, selon lui, ainsi que la difficulté de se coordonner avec les éléments de la Force multinationale. Sur le terrain 13 soldats irakiens ont été tués hier lors d'une attaque contre un point de contrôle à Kirkouk. «Des hommes armés à bord de trois véhicules se sont présentés au point de contrôle et ont ouvert le feu sur les 13 soldats dont un officier», a déclaré un colonel de l’armée. Par ailleurs, un civil a péri et neuf ont été blessés dans les explosions de trois bombes à Zafaraniya, dans le sud de la capitale. * Réfugiés Craignant pour leur sécurité, une quarantaine de familles du quartier Jihad de Bagdad, à forte majorité sunnite, ont quitté leur maison avec quelques effets personnels pour se réfugier sous des tentes installées dans un jardin, sur la route de l'aéroport de la capitale. "La situation à Jihad est devenue intenable à cause des milices. Des habitants sont tués, d'autres sont volés et nos maisons sont incendiées", affirme l'un des habitants. Dimanche, des hommes habillés en civil et cagoulés, sont entrés dans le quartier, ont établi des barrages, pénétré dans des maisons et abattu 42 personnes sur la base de leur carte d'identité. Cheikh Abdelsamad al-Obeidi, imam de la mosquée sunnite Fakhri Chanchal, avait accusé l'armée du Mehdi, la milice du chef chiîte Moqtada Sadr, et blâmé le "gouvernement qui reste les bras croisés". Selon l'Organisation internationale des Migrations (OIM), il y a plus de 110.000 déplacés, en majorité chiîtes, en Irak, depuis l'attentat contre un mausolée chiîte dans la ville sunnite de Samarra, le 22 février et les violences confessionnelles qui s'en sont suivies. ____________________________ Le coût de la guerre en hausse Le Quotidien-Agences Le coût de la guerre en Irak, qui s'établit déjà à 290 milliards de dollars, pourrait s'alourdir de 202 à 406 milliards de dollars supplémentaires d'ici à 2016, selon un rapport du Congrès. En tablant sur un reflux des effectifs militaires actuellement déployés, "d'environ 190.000 hommes actuellement à 140.000 en 2007, avec la poursuite d'un déclin rapide jusqu'au retrait de toutes les troupes du théâtre d'opérations irakien d'ici à la fin 2009", le congrès arrive au chiffre de 202 milliards de dollars. Dans un second scénario, le congrès ne fixe pas de terme à l'engagement militaire en Irak, tablant sur des effectifs de 170.000 hommes en 2007, et le maintien de 40.000 hommes entre la fin 2010 et 2016. Un tel scénario exigerait des crédits militaires s'élevant à 368 milliards de dollars et porterait le coût à supporter pour les Anciens combattants à 8 milliards de dollars, les autres coûts restant inchangés.Cette estimation est sensiblement équivalente à celle d'un autre organisme dépendant du Congrès, le Congressional Research Service (438 milliards de dollars).


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com