Festival Saïd Abou Bakr de Moknine : Petit budget, programmation conséquente





Quelque onze rendez-vous ponctueront du 21 juillet au 9 août le festival de Moknine. La manifestation est déjà frappée, à seulement 25 ans, par des signes de vieillesse et d’essoufflement. Hélas ! Quand on a reçu par fax la fiche d’informations de ce festival, nous n’avons pas cru nos yeux qu’on a écarquillés pour mieux voir. Nous avons lu et relu le contenu. Mais il n’y a rien à lire (ou pas grand-chose). Aucune tête d’affiche ne figure dans la programmation. Pas de soirée phare qui nous a accrochés. Sauf quelques noms encore timides dans le paysage artistique ou peu connus. C’est juste remplir une période avec du ... n’importe quoi et dire qu’on existe. A comparer avec les précédentes sessions, le festival est en train de rétrécir au fil des saisons. Comme peau de chagrin. A voir pour l’ouverture (une soirée en famille) avec la troupe Almanar locale et les Ekbal Jomni et Habib Sayadi et la clôture avec “Hay Al Akaber” (La Cité des Bourgeois) de Nasreddine Ben Mokhtar, nous avons déjà une idée (petite idée) sur le reste. Qui ne vole que tout bas. De l'animation pour enfants, un peu de folklore, quelques autres pièces de théâtre populaire et le tour est joué. Et voilà, on vous a gratifié d’une 25ème bougie d’un festival qui porte le nom d’un grand poète à savoir, le militant Saïd Abou Bakr, qui fait notre fierté nationale. Quand on regarde les moyens mis à la disposition du festival, on comprend pourquoi on est arrivé là. Moknine, une grande ville peuplée de près de 70 mille habitants (y compris le tout autour) ne dispose pour cette année que de 35 millions de millimes alors que dans la fin des années 1990, le budget a même atteint les 90 millions et plus et les Mokninois et Mokninoises d’avoir droit à un vrai festival, de haute facture et qui du moins se respecte et à l’image de leur ville. Pour cette année, le comité du festival n’a pu ramasser que dix millions des sponsors (enfants du pays) ajoutés à dix autres de la municipalité, deux mille cinq du commissariat régional pour la culture (ici Monastir) et deux virgule cinq viennent du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine. Les autres petites poussières sont piochées par-ci et par-là par des volontaires et des mécènes. La direction se démène comme elle peut avec cette somme. Surtout que les recettes sont infimes. Ici on vend les billets entre 2 et 10 dinars. Pour cette dernière somme, on a droit à une soirée avec la Star de l’académie tunisienne Ahmed Cherif. Quant aux abonnements, ils sont fixés entre vingt et trente dinars. A ce prix-là, le public ne va certainement pas bouder son festival. Car ça ne lui coûte que trois fois rien (après tout il s’agit d’une sortie). Mais ce n’est vraiment pas le top de la créativité et du divertissement. Il est de son droit de rouspeter et d’exiger le minimum pour se faire respecter. Sinon avec cette qualité il vaut mieux sauter cette session et dire non à la pauvreté. En attendant des jours meilleurs. Z. Abid


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com