Les jeunes et la prévoyance : Tirs amis contre les actes irréfléchis





A priori, les jeunes sont censés être amateurs de risque. Ce qui les préoccupe le plus, c’est plutôt comment vivre l’instant-présent. Leur souci majeur semble être celui d’avoir les plus fortes sensations. Ce constat est-il vrai? Les jeunes vivent-ils au jour le jour sans se soucier du lendemain ou sont-ils au contraire prévoyants et prévenants? Tunis-Le Quotidien Lorsqu’on est jeune et qu’on déborde de vitalité, on est censé vouloir croquer la vie à pleines dents. Les jeunes ne prennent dès lors aucune mesure de précaution spéciale. Leur jeune âge et leur bonne santé leur donnent du punch et développent chez eux le sens du défi et du challenge. Ceci dit, d’autres jeunes sont plutôt prudents. Avant d’agir, ils prennent les dispositions nécessaires pour faire face à toutes les situations. Perspicaces et prévenants, ils mesurent à juste tire les conséquences de leurs actes avant de faire le moindre pas. L’instant présent, même s’il compte, ne prime pas pour eux. Ils ont plutôt besoin d’assurance et de sécurité pour continuer à vivre à l’abri. Selon cette catégorie de personnes, un choix mal fait ou un faux pas peut s’avérer fatal et le prix à payer leur être trop cher pour prendre des risques. Slim Laâmiri, 19 ans élève en terminale, semble avoir les pieds bien sur terre. «J’ai toujours pensé à l’avenir. J’envisage tout le temps à l’avance ce qui va se passer demain. Raison pour laquelle, je ne me souviens pas avoir eu des écarts de conduite notoires. Concernant mes études, j’ai toujours essayé de m’appliquer. Le plus important pour moi, ce n’est pas de réussir un devoir ou un examen, mais c’est plutôt, ce que je vais garder en tête pour moi et pour tout mon avenir. Pour mes relations, je me suis toujours montré prudent et je ne me lance dans une relation qu’après m’être assuré que la personne en question est la bonne. Je suis aussi bien organisé concernant l’argent. Certes, je ne vais pas jusqu’à économiser parce que l’argent que j’ai en main me permet tut juste de vivre, mais je ne fais pas de dépenses démesurées pour ne pas rester à sec. Quant à ma conduite générale je fais en sorte de ne pas commettre de graves erreurs. Parfois entre un petit écart de conduite et la vraie déviance, il suffit d’un pas d’un seul et l’on est complètement piégé», dit-il. Zayd Jridi, 18 ans, semble aussi prévenant et méfiant. Le jeune homme ne prend jamais de décisions hâtives et il a toujours pris en considération ce qui se passera le lendemain. «Je n’ai jamais été partant pour un programme juste par ce que je vais faire la fête et c’est tout. Avant d’opter pour quelque chose, je pèse le pour et le contre et je calcule bien si cela va m’être d’un apport positif ou pas, ensuite je décide. Je n’ai jamais pensé seulement au plaisir immédiat. Parce que parfois il suffit d’un seul faux pas, d’une seule petite faute pour se retrouver dans le pétrin. Je garde donc bien la tête sur les épaules et je me montre vraiment responsable de mes actes. Je ne me jette pas dans la gueule du loup, parce qu’après il n’y aura personne à blâmer à part moi-même», dit-il. Jihed Kassem, 21 ans étudiant, est aussi vigilant et prévenant. «Avant de faire le moindre pas, je réfléchis mûrement pour ne pas regretter après les répercussions de mes actes mal calculés. Je fais attention à ce que je fais et à ce que je dis et je pense toujours au lendemain. Imaginons par exemple que je triche à l’examen. Certes, je peux réussir brillamment, mais je peux aussi être pris la main dans le sac et là, je risque de payer très cher les conséquences de mon acte. Imaginons aussi que je dépense tout mon argent le même jour, alors qu’il est censé me suffire pendant une semaine entière. Je serai obligé donc de supporter des jours entiers sans un seul sou pour avoir passé un tout petit moment de plaisir. Pour toutes ces considérations, je préfère donc bien étudier chacun de mes pas avant d’agir», dit-il. Moëz Chabbou, 17 ans, agit de la même manière. Plus que prévenant, le jeune homme semble même sacrifier l’instant présent pour pouvoir vivre mieux demain. «L’idée que les jeunes ne pensent qu’à l’instant présent est fausse. Du moins, elle ne peut pas se conformer à tous les jeunes gens. J’ai toujours pris en grande considération ce qui se passera demain. Il est vrai que certaines choses viennent tout à fait par hasard. Trop de réflexion peut gâcher complètement le goût du plaisir instantané. Du coup, je me dis que je dois en profiter, surtout si je ne fais de mal à personne. Mais je ne me mets à l’action que si je suis sûr qu’il n’y a pas de grands risques à courir», dit-il. Ahmed Nefzi, 18 ans élève, est le seul qui ne pense jamais à demain. Le jeune homme trouve que celui qui ne tente rien, n’a rien. «Que l’on pense à demain d’accord, mais de là à être maladivement soucieux des conséquences, pas question! La vie est courte et parfois on est obligé de gérer une chose tellement tentante qui s’offre à nous. Ne pas la saisir par simple crainte est à mon sens de la lâcheté. Moi, je vis au jour le jour et je fais en sorte que je profite de chaque instant. Qui sait je peux mourir demain. Ce même demain auquel j’ai accordé tant d’importance. Je serai donc mort sans avoir vécu ma vie et sans avoir vécu de bons moments. Je vis ma vie sans trop me soucier de ce qui va advenir demain. Toutefois, je tâche de ne faire aucun mal aux autres pour ne pas le regretter plus tard et vivre avec les remords», dit-il. Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com