Saint-Pétersbourg : Le G8 et l’ONU préparent l’envoi d’une force internationale au Liban-sud





Les préparatifs pour l'envoi par l'ONU d'une force internationale au Liban-sud ont dominé hier la dernière journée du G8 de Saint-Pétersbourg, une éventualité qu'Israël a rejeté. Le Quotidien-Agences Alors que le conflit entre Israël et le Hezbollah ne donne aucun signe d'apaisement, le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan les a appelés à conclure une trêve pour permettre la mise en place d'une force internationale à la frontière israélo-libanaise. "Les combats pourraient se poursuivre un temps (mais) nous devons obtenir des parties concernées qu'elles se mettent d'accord, aussi vite que possible, sur une cessation des hostilités pour nous donner le temps de travailler" à l'envoi de ces soldats, a dit Annan, arrivé à Saint-Pétersbourg pour la dernière journée du sommet. Il a ajouté que la force qu'il envisageait serait "une force de stabilisation". "La seule manière de voir une fin de la violence est d'avoir une force internationale déployée dans la zone", a dit hier le Premier ministre britannique Tony Blair. L'idée de cette mission avait été avancée la veille par les chefs d'Etat et de gouvernement du G8, parvenus difficilement à surmonter leurs divisions pour publier une déclaration commune sur le Proche-Orient. Le texte précise les conditions pour mettre fin à l'escalade de la violence au Liban, en demandant qu'Israël et le Hezbollah mettent fin à leurs bombardements. Il reste toutefois très divisée sur le fond. * Division "Nous ne pouvons rien faire à la place de ceux qui vivent dans la région", reconnaissait un rien désabusé, dimanche, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso en marge du sommet. Malgré ces division Bush reste optimiste. Il a dit à ce propos hier que la déclaration du G8 sur le Proche-Orient aiderait à ramener le calme dans la région en s'attaquant aux causes de la violence. "Pour la première fois, nous avons véritablement commencé à nous attaquer clairement aux racines du conflit", a-t-il dit à la presse. Bush a de nouveau mis en cause les extrémistes du Hezbollah et leurs soutiens à Téhéran et Damas, bien que la déclaration adoptée dimanche par le G8 ne mentionne pas spécifiquement l'Iran et la Syrie. "Le Hezbollah, qui est abrité et encouragé par la Syrie, financé par l'Iran, est l'auteur de ces actions pour stopper les progrès de la paix. Nous espérons qu'en nous attaquant aux causes de cette violence nous pourrons aboutir à une situation où prévaut le calme", a dit Bush à l'occasion d'une rencontre avec le Premier ministre indien Manmohan Singh. Ceci étant Israël a refusé cette offre du G8. Un officiel israélien a en effet qualifié hier de "prématurée" toute discussion sur la création d'une nouvelle force de paix internationale pour être déployée au Liban-sud. "A ce stade, il est encore trop tôt pour discuter d'un telle possibilité", a déclaré un haut responsable des affaires étrangères, Yigal Palmor. "Avant tout, il s'agit d'appliquer les résolutions de l'ONU et les décisions du G8" a t-il souligné. * Succès russe Quel que soit le résultat de ces préparatifs, la Russie, hôte du sommet, peut d'ores et déjà se réjouir d'un succès relatif qui consacre son retour dans la cour des grands. Le tournant décisif a été le consensus réalisé sur le Proche-Orient dimanche - grâce, semble-t-il, a une séance de travail à deux entre Vladimir Poutine et le Premier ministre britannique Tony Blair - sur l'effort demandé tant à Israël qu'au Hezbollah pour enrayer l'escalade de violence au Liban. Le texte, qui se veut équilibré, demande la libération des soldats israéliens enlevés, l'arrêt des bombardements du territoire israélien et de l'offensive israélienne au Liban et à Gaza et la libération des ministres et parlementaires palestiniens arrêtés par Israël. Et Poutine a eu la satisfaction, qu'il a rendue publique - d'éviter que la Syrie, alliée de la Russie, soit nommément désignée parmi les soutiens des "extrémistes" du Proche-Orient. Bémol de taille toutefois pour les Russes au sommet: leur adhésion à l'OMC a été refusée par les Américains dans l'immédiat. _____________________________ Le G8 appelle l'Iran à répondre positivement à l'offre des Six Le Quotidien-Agences Les leaders du G8 ont appelé l'Iran à accepter la proposition des six grandes puissances de suspendre l'enrichissement d'uranium, dans une déclaration commune publiée hier. "Nous, les leaders du G8, soutenons entièrement la décision et le message clair envoyé à l'Iran sur le choix qu'il doit faire", souligne le document. "Nous soutenons l'appel de Paris à l'Iran à répondre positivement aux propositions substantielles faites le 6 juin", poursuit le texte. Le G8 soutient également la décision de renvoyer le dossier iranien au Conseil de sécurité de l'Onu. "Nous soutenons entièrement la déclaration des ministres des Affaires étrangères (des six) du 12 juillet" qui renvoie le dossier du nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité de l'Onu, stipule le texte. _____________________________ Sauver les négociations de Doha Le Quotidien-Agences Le G8 s'est réuni dans la journée pour un ultime effort visant à sauver les négociations de Doha à l'OMC sur la libéralisation du commerce mondial, aujourd'hui bloquées. Les dirigeants des grandes puissances ont tenu une réunion avec leurs homologues brésilien, chinois, indien, mexicain et sud-africain. Le chef d'Etat brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, dont le pays joue un rôle-clé à l'OMC, s'est dit prêt à faire preuve de "flexibilité", à condition que les autres pays bougent aussi. La veille, les Huit avaient tenté de relancer les tractations commerciales en fixant à la mi-août une date-butoir pour les négociateurs afin qu'ils brossent les grandes lignes d'un accord. Le cycle de Doha doit en principe bénéficier en priorité aux pays pauvres, en leur ouvrant les marchés européens et américain. _____________________________ «La merde» de Bush Le Quotidien-Agences Le président George W. Bush a été surpris micro ouvert hier au sommet du G8 à déclarer qu'une des clés de la crise au Proche-Orient était que le Hezbollah "cesse de semer la merde". Le président américain était filmé par la télévision mais ignorait apparemment que ses propos étaient aussi diffusés par des micros au moment où il ne mâchait pas ses mots à table. "Ce qu'ils doivent faire, c'est amener la Syrie à faire en sorte que le Hezbollah cesse de semer la merde, et ce sera fini", a-t-il dit en s'adressant au Premier ministre britannique Tony Blair lors d'un déjeuner. Bush n'a pas précisé qui il visait par "ils". Bush laisse aussi entendre que sa secrétaire d'Etat Condoleezza Rice pourrait jouer un plus grand rôle dans la recherche d'une solution et laissé percer sa frustration sur l'action du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan. "Je crois que Condi va y aller assez rapidement", a-t-il dit sans préciser de destination. Rice avait déclaré dimanche envisager de se rendre au Proche-Orient après le retour prévu cette semaine d'une mission d'évaluation de l'ONU. Evoquant Annan, le dirigeant américain ajoute: "j'ai eu envie de dire à Kofi d'appeler (le président syrien Bachar) al-Assad au téléphone, pour qu'il se passe quelque chose". L'enregistrement a été réalisé au moment où le président Bush devait prononcer quelques mots en présence des autres dirigeants réunis à Saint-Pétersbourg, qu'il trouve visiblement bavards. "Je ne vais pas parler trop long comme les autres. Certains de ces types parlent trop longtemps", dit-il.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com