Tabarka Jazz Festival : Une clôture en apothéose





Clôturé en beauté, le Tabarka Jazz Festival a vu défiler, samedi dernier, sur la scène de la basilique deux légendes vivantes de l’univers jazz : Abdou Sélim et Ahmed Jamel. Une belle leçon sur l’histoire de l’art et en particulier du jazz. La basilique, pleine à craquer de passionnés du jazz, a accueilli, généreusement, deux artistes de référence qui ont fait bouger la basilique. Abdou Sélim et Ahmed Jamel ne sont pas les seules vedettes à l’affiche de cette édition de Tabarka Jazz Festival. Stanely Clark, George Duke, Karim Ziad, Randy Weaton, Mem Shannon, Papa Cyubby et d’autres artistes de renom à l’échelle internationale ont défilé depuis le 8 de ce mois sur la scène de la basilique sous les yeux de ces amoureux des ambiances jazzy mais aussi des visiteurs du royaume de corail. Pour la soirée du samedi, c’est à «Sunshine» qu’est revenu l’honneur d’ouvrir le bal annonçant les couleurs de cette dernière soirée. Une soirée dans la pure tradition jazzy américaine, avec deux groupes qui sont venus des USA. Cette première partie de la soirée a offert aux présents un impressionnant voyage de bonheur et de gaieté avec le ténor du saxo Abdou Sélim qui a plongé le nombreux public dans une ambiance croisant les couleurs de l’Afrique à celles de l’Amérique. Un mélange complexe des rythmes et des sonorités, riche et bien épicé qui a permis à l’assistance de savourer une musique vibrante... Une musique magique par sa simplicité qui touche directement le cœur et l’âme. Batterie, saxo, contrebasse, piano... ont été au rendez-vous dans cette rencontre tuniso-texane qu’a présidé Abdou Sélim, saxophoniste américain installé, actuellement, à Séville. Mariant les traversées profondes et cuivrées du saxophone à la gestualité, à de légères danses, Abdou Sélim a fasciné le public par une musique qui porte toutes les musiques du monde... De belles notes de la musique arabe ont émergé du saxo comme par enchantement confirmant le talent hors pair de cet étonant artiste. Une belle première partie qui pourrait se prolonger jusqu’à l’aube sans ennui surtout en présence de cette dynamique pianiste Judy Blair. Très applaudi, par le public, Abdou Sélim et ses musiciens ont cédé la scène à une figure incontournable de l’histoire du jazz. Ahmed Jamel en l’occurrence dont on considère le trio comme le plus beau groupe de jazz actuellement. Agé de plus de soixante-dix ans, Ahmed Jamel ne donne pas son âge... Dynamique, souriant et surtout mystérieux, il passe avec souplesse des touches noires et blanches de son clavier à celles de son piano exploitant toutes les idées, les émois et les possibilités. Ni linéaire ni simple, la musique que présente Ahmed Jamel est une musique où le technique est au service de l’émotionnel. Il faut le voir sur la scène de la basilique et surtout focaliser sur son expression corporelle pour pouvoir l’accompagner dans cette délicieuse balade. Ahmed Jamel n’a pas été seul dans cette rencontre à la tunisienne. Il était accompagné par deux musiciens qui ne manquent ni de talent ni de passion. Mohamed, le batteur, et James à la contrebasse ont pu attirer l’attention du public par ces improvisations et ces attaques percussives qui jaillissent de temps à autre proposant un nouveau rythme. Rien n’est étrange pour Ahmed Jamel à qui on doit la révolution et l’évolution du piano-jazz. En écoutant sa musique, on a l’impression d’être face à une grande formation vu la richesse et la diversité des idées et des sonorités développées. Son concert à la basilique de Tabarka a été comme toutes les représentations données dans le monde entier : un concert émouvant et bouleversant. Sur la scène de la basilique, Ahmed Jamel a démontré que la musique n’a pas d’âge. Le jeune éternel Ahmed Jamel a joué avec la même fougue et enthousiasme d’un jeune virtuose pianiste... C’est l’essence de la musique et c’est aussi toute l’histoire d’une légende qui a enchanté des générations. Un vrai modèle à suivre pour les jeunes pianistes!, faut-il souligner. Imen ABDERRAHMANI _______________________ Mon histoire avec l’Islam Né à Pittshurgh, en Pennsylvanie le 2 juillet 1930, Ahmed Jamel a commencé à jouer au piano à l’âge de trois ans. «C’est en 1951 que j’ai déclaré mon Islam à la mosquée Al-Azhar. Je crois qu’on naît musulman et c’est après qu’on change de religion», a expliqué Ahmed Jamel, lors d’un point de presse organisé après le concert. Et d’ajouter : «Mes seules références sont la Sûnna et le Saint Coran».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com